Autechre :: sign

Evoquer un retour à une certaine forme de classicisme peut sembler cocasse, s'agissant du duo de Manchester, qui a, admettons-le, depuis fort longtemps, largué tout ce qui peut ressembler à de possibles amarres. 
Pourtant, force est de le constater, ce quatorzième album d'Autechre est bien loin de leurs précédentes digressions, inclus l'extrême enclave hermétique de "Untitled". Ainsi et pour autant, s'interroger sur un renoncement à l'abstraction, même provisoire, est tout autant fallacieux. Autechre avance sans rendre de comptes à qui que ce soit. Singularité d'un ADN en constante mutation, Rob Brown et Sean Booth ont toutefois renoncé à une chose, le compromis séducteur parfois exigé (et érigé) par une tribu IDM qui fait le choix de briller dans les cocktails et les vernissages de centre-ville. 
Que dire sans autopsier au scalpel ce Sign, sinon la joie de nombreux instants et notablement ce si00 semblant momentanément revenu d'un passé (choisissez) ou le si cérémonieux esc desc, la liste n'est pas exhaustive.

Disque d'un possible apprentissage (metaz form8) pour de nouveaux adeptes, Sign mérite aussi notre attention pour cette même raison qu'un jour nous ayons, moi et vous, je l'espère, posé nos oreilles sur kalpol introl en étant certain qu'il y ait eu un avant et un après cet instant.


Evoking a return to a certain form of classicism may seem comical, when it comes to the duo from Manchester, which has, let's admit, for a very long time, cast off anything that may look like possible moorings.
Yet, it is clear, this fourteenth album of Autechre is nevertheless very far from their previous digressions. So, to question oneself about renouncing to abstraction, even temporary, is just as fallacious. 
Autechre advances without being accountable to anyone. Singularity of a constantly DNA changing, Rob Brown and Sean Booth have however given up one thing, the seductive compromise sometimes required (and erected) by an IDM tribe that chooses to shine in cocktails and openings in the city center.
What to say, without a scalpel autopsy, about this Sign, if not the joy of many moments and notably this si00 momentarily seeming to return from a past or the so ceremonious esc desc, the list is not exhaustive.

Record of a possible learning (metaz form8) for new incomers, Sign also deserves our attention for the same reason that one day we, me and you, I hope, put our ears on kalpol introl, being certain that there was a before and an after this moment.

thierry massard / 17 octobre 2020 - 02:00


post scriptum - merci TDR

music for abandoned cold war places


Sommes-nous donc en panne de références sonores ?
Sommes-nous donc au regret d'annoncer que l'histoire en cours d'écriture ne doive se satisfaire que de l'élan d'un visionnaire sonore (certes) , du siècle passé, palindrome ONE,  pas même crédité de l'origine du genre qu'il subjugue depuis toujours voir longtemps, puisque le qualificatif en revient à la divine Judy Nylon. Une Perspective conjuguée au très sous-estimé génie d'un écrivain dont la vision acérée du réel se précise jour après jour, heure après heure, avec acuité (je parle très concrètement de la déliquescente régression sociétale occidentale) IGH un jour ...

Premier état des lieux, les images convoquées de l'hyper talentueux photographe David de Rueda sont sans équivoque, aucune restriction admise, le choc visuel (et périphérique) est intense, le froid guerrier hivernal de cette (apparente) confrontation aux images atteint un paroxysme assez rare, tant le propos est cinglant, sans équivoque, sans restriction. 

Sommes-nous donc en panne de mémoire ? en obligation géopolitique d'oubli ? en panne ? en panne ? 
en panne, à ce point de ne pas entrevoir le génie incarné et évidement controversé de ces oublis d'une histoire récente - Nos amis de l'ultra exigeant label ZeroK s'en amusent (who knows) et convoquent la réponse que chacun d'entre-nous attendions depuis les si peu discreet et fameuses "music for ..."et les désormais avérées "anticipations" de JGB.

music for abandoned cold war places ...
Inaugurons une nouvelle forme historique ou une possible dimension "touristique" aventureuse.

Qui avant la parution de cet ouvrage, pouvait conjuguer la qualité annonciatrice d'un tel projet, la justesse et la plus que merveilleuse pertinence de l'ouverture de Grey Frequency et son fabuleux "building x 6" ?

Dimensions conjuguées, les réponses de Joel Gilardini, HLER et Phalioo y sont précises et parfaitement intentionnées - Balistiques aux atours cinétiques successifs, le "hidden listening station" de Kloob donne le possible point d'orgue architectural de l'ensemble. Arrivé au point d'un cheminement et découvrant un itinéraire, avec ou sans GPS, quel bonheur d'y croiser les 30 mètres de Super8musik, intelligence absolue d'un grandiose propos. SÍLENÍ, Psionic Asylum et VÄäristima poursuivent pertinemment le spectre, acteurs conscients et dimensionnels d'un enjeu dystopique. Un enjeu ? Jeton Hoxha s'en empare tout au long du cheminement et de l'écho tourmenté de "pripyat".

ok ! la réponse ... la réponse à three miles island serait donc un piano, un accord sanctuaire, métronomique, perfection sonore en 5 minutes et 38 secondes, un refuge.
Délicat exercice, qui consiste en la mise hors service ... Chronodepth en a compris le temps, son abondante et indicible distance. 
Mais abandonnons cette litanie hypothétique, l'abandon et son consistant témoignage.
Doit-il être délibéré ? Ou devenir aussi peu apparent, à moins que ... nous soyons en panne.

thierry massard / 10 octobre 2020 - 01:28

ZeroK

Jónsi :: shiver

Bien décidé à appréhender ce shiver sans l'once d'un compromis à l'indigente et inhérente "émotion" livrée en pâture à l'appréciation générale, médiocre surenchère des dominantes vox faiseuses d'effets.

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Bien loin (également) de l'itinéraire islandais référent, bien qu'ayant notablement apprécié la réelle différenciation qualitative de l'ensemble musical, il faut donc produire une opinion / pré-requis attendu pour quiconque prétend émettre et formuler ce fameux avis, que vous n'oublierez pas de citer (s'il vous plait) durant vos prochaines et merveilleuses rencontres.

Bien,  le préambule n'a que trop duré, il est temps.
Temps d'un constat assez fugace ... cosmétique (bâillement) 

Triste et sincère regret, Jónsi ... On s'ennuit 
Amusante situation d'une intention, allons ce n'est pas (trop) grave ...

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( bâillement ) 

thierry massard / 4 octobre 2020 - 00h55

shiver
Jónsi


COMPLΣX MATHΣMATICS :: contemporaneous (extended)

Décomplexé ... Et assurément pas avare ! 
Avec pas moins de 21 parutions en 21 mois, COMPLΣX MATHΣMATICS (CM) démontre une généreuse motivation et ce récent contemporaneous est aucunement en reste, jugez plutôt ! 
Version enrichie de 4 bonus tracks, et seconde collaboration avec le collectif Virtual Soundsystem Records, CM partage, avec ceux-ci, cette même bonne santé, confirmée, ici-même, il y a peu de temps avec l'hyper plunderphonique ABeNRML. Les saines vapeurs climatiques mexicaines semblent éminemment inventives et bienfaisantes. Elles n'attendent que vous pour glisser sur la vague et très probablement évoluer sur la suivante. Habillée d'une complΣxité effectivement contemporaine, l'image idyllique d'un été (summer'86) est toutefois parfois concomitante de quelques désordres sensoriels (Too Cold 上辺) , éclairs fugaces et rétablissement instantané de la séquence se répétant à l'infini, effluves aromatiques d'ambre solaire, indice 50, parfum entêtant. Mais rassurez-vous, une fois que nous aurons traversé l'immense hall,  esquissé quelques pas de danse sur les beats de Florian, il se peut que nous soyons envahis d'une mélancholie (promise comme douce). Elle est la conséquence mathématique d'une magie opérante, celle du très remarquable talent d'assemblage de ces multiples et succulentes saveurs. Répondez-vous à l'appel de Mexico ? Nous oui !

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Uncomplicated ... but certainly not stingy! With no less than 21 publications in 21 months, COMPLΣX MATHΣMATICS (CM) shows a generous motivation and this recent contemporaneous is certainly not to be outdone, judge rather! Enhanced version with 4 bonus tracks, second collaboration with the Virtual Soundsystem Records collective, CM shares, with them, that same good health, confirmed there a short time ago with the hyper plunderphonic ABeNRML. The healthy climatic mexican vapors seem eminently inventive and bountiful. They are just waiting for you to slide on the wave and most likely move on to the next one. Dressed in an effectively contemporary complΣxity, the idyllic image of a summer (summer'86) is however sometimes concomitant to a few sensory disorders (Too Cold 上 辺), fleeting flashes and instantaneous re-establishment of the sequence repeating itself endlessly, aromatic scents of solar amber, index 50, heady scent. But feel reassured, once we have crossed the immense hall, sketched a few dance steps on the Florianbeats, we may be invaded by a melancholy (promised as sweet). It is the mathematical consequence of a working magic, that of the very remarkable talent for assembling these multiple and succulent flavors. Are you responding to Mexico's call? We do!

thierry massard / 27 sept. 2020 - 12:40

Virtual Soundsystem
‣ COMPLΣX MATHΣMATICS

夢の世界 t r a v e l l e r :: 排水トンネル

Un ... mois ! Un autre ! et puis un autre encore ! Quelques mois pour bousculer les ... codes ! 
Bienséance formelle qui voudrait que notre oreille ne puisse conserver un souvenir malmenant un autre souvenir, faisant mentir les antédiluviennes techniques du marketing culturel (autrement intitulé le music business) - Non ! Entendons-nous, mais enfin voyons Monsieur OT9 vous ne devez surtout pas faire cela ! "ils" (le public) vous et moi, ne pourrons interragir dans une relative osmose avec vous, faute d'un temps de latence, permettant l'organisation d'un nouveau plan d'attaque du marché - il est bon d'attendre d'avoir (bien) digérer le plat précédent avant d'apprécier le suivant ...
夢の世界 t r a v e l l e r , se contrefiche apparement des cadences normatives et fast fashion, il poursuit actuellement un cycle de publication mensuel depuis le mois de juin 2020, sans pour autant une seule nanoseconde décevoir les aficionados - Dotés d'un solide appétit, nous désirons continuer à être "bousculés" en toute irresponsabilité marketing, nous aimons cela et l'avions, peut-être, oublié en ces temps où l'étrange "principe de précaution d'usage" est devenu la règle d'or!

Désir exploratoire de nouveaux territoires ? déterritorialisation partie sans laisser d'adresse et surtout sans ... objectif final ? OT9 entreprend un nouveau départ, qui creuse un authentique "tunnel de drainage" parfaitement novateur et dont la source et la nature intrinsèque sont d'avantage à rechercher dans le balayage entrelacé des moniteurs TV saturés du glitch art vaporwave que dans les statégies obliques de Brian Peter George St. John le Baptiste de la Salle Eno - Poursuivre l'idée de l'avénement d'un "new ambient" n'est donc pas loin de contenir une lueur d'espoir et surtout une absolue véracité - Le renouveau d'un genre inextricablement empêtré dans ses propres excroissances sans limites, victime consentante et vraisemblablement candidate à sa digressive perdition sine die. 

排水トンネル, ce sont 4 pièces à la topographie sonore volontairement variable. une géographie des strates optimisée, des soundscapes parfaitement domestiqués, conjonction certes harmonieuse, mais dont la chimie a été intentionnellement falsifiée. Nouvelle procédure ? Celle d'une ionisation intégrale, la neutralité électrique a désormais totalement disparue, emportant avec elle le sentimentalisme béat des contemplatifs. 排水トンネル est nourri d'organismes génétiquement mutants - Bienvenue dans le monde d'après.


A month ! Another ! and then still another ! A few months to shake up the ... codes!
Formal propriety which would like our ears not to be able to keep a memory abusing another memory, making lie the antediluvian techniques of cultural marketing (otherwise called music business) - No! Let's get along, but finally let's see Monsieur OT9, you absolutely must not do this ! "they" (the public) you and I, will not be able to interact in a relative osmosis with you, for lack of a latency time, allowing the organization a new attack plan for the market - it is good to wait until you have (well) digest the previous dish before enjoying the next ...
夢 の 世界 traveler, apparently doesn't care about normative and fast fashion cadences, he is currently pursuing a monthly publication cycle since June 2020, without however a single nanosecond disappointing the aficionados - With a solid appetite, we want to continue to be "jostled" in all marketing irresponsibility, we love that and had, perhaps, forgotten in these times when the strange "principle of precaution of use" has become the golden rule!

Exploratory desire for new territories? deterritorialization started without leaving an address and above all without ... final objective? OT9 sets out on a new start, which digs an authentic and perfectly innovative "tunnel de drainage" whose source and intrinsic nature are more to be found in the interwoven sweep of TV monitors saturated with vaporwave glitch art than in the oblique strategies of Brian Peter George St. John the Baptist de la Salle Eno - Pursuing the idea of ​​the advent of a "new ambient" is therefore not far from containing a glimmer of hope and above all an absolute veracity - The renewal of a genre inextricably entangled in its own limitless growths, a willing victim and probably a candidate for its digressive perdition sine die.

排水 ト ン ネ ル, these are 4 pieces with voluntarily variable sound topography. an optimized geography of strata, perfectly domesticated soundscapes, a harmonious conjunction, but the chemistry of which has been intentionally falsified. New procedure? That of full ionization, electric neutrality has now completely disappeared, taking with it the blissful sentimentalism of contemplatives.
排水 ト ン ネ ル is fed on genetically mutant organisms - Welcome to the world after.

ティエリーマサードは書いています / 23 sept. 2020 - 20:20

Richard Spaven & Sandunes :: spaven x sandunes

Ne pas connaitre la raison, et n'en avoir finalement pas grand chose à faire, que voici donc une attitude si peu professionnelle pour celles et ceux qui, pratiquent peu le hors-piste. Cette piste ci, est comme de nombreuses consoeurs, bordée de deux cotés. Vous n'allez donc pas être amplement surpris d'apprendre que l'un de ces cotés est occupé par Sandunes, alors que l'autre, marche au rythme et à la baguette enchantée de Richard Spaven. Le bel ordonnancement que voici, équidistante harmonie s'élançant dans l'azur avec brio (readiness) avant de s'effondrer, et bientôt disparaitre, dans le fatras convenu et virtuose d'une jam session qui s'éternise, aussi plaisante pour les protagonistes, que soporifique pour les auditeurs oubliés du projet que nous sommes. 

thierry massard / 21 sept. 2020 - 18:57

Joel Gilardini :: the age of space


Interroger la fascination universelle pour ce sujet, peut se révéler très rapidemment un exercice délicat. 
S'il fallait un abri nécessaire, ici, sur terre, Joel Gilardini l'a trouvé avec ZeroK, un sublabel et un pas de tir authentiquement dévolu à l'exploration scientifique et sonore multi-azimutée. 
Répondant à l'appel du vide, (vs. plein) Gilardini nous invite à la relecture subjective d'un age of space brillamment écarté des sentiers balisés de la "fascination universelle pour ce sujet". 
La présente aventure astrale n'est apparement pas celle des imposteurs mainstream dont nous tairons, obligeamment le nom. Ici, pas d'artifices superflus, le paysage sonore environnant est tout d'abord saisi par la crudité d'un éclairage panchromatique, prise de distance émotionnelle et formalisme audio de rigueur.
Un écho élégant, quelques loops sans ostentation et une guitare d'orfèvre, suffisent à l'interprétation évocatrice de séquences historiquement référentes, telles Apollo11 ou Sputnik. Gravité du propos parfois même convoquée (Abandoned launches stations) ou magnifiquement sanctuarisée (Lost Cosmonauts), les différentes séquences de the age of space permettent enfin un possible redimensionnement, un nouvel étalonnage des instruments d'optique autant que sonores.

thierry massard / 21 septembre 2020 - 11:24

ZeroK

Romeo Rucha :: we're good

... et ce Monsieur _v35m1'R_ est absolument formel et cela est évidement sans appel " This album is nothing short of genius." ... Nous ne devons, ou presque, insipide précaution, absolument pas en douter (moreover). Promesse est donc faite, en la circonstance, nous suivrons, pas à pas, ces précieuses recommendations pour une vie éminemment, meilleure - absolument - Promesse faite, gestion totale, la perfection est en vue et Romeo Rucha en est consciemment l'artisan - 
absolu et définitif. no doubt ...
Postulat d'un "personal branding" ? Réponse en contrepoint à l'Orwellisation galopante de nos corps, de nos esprits, de nos faillites ? La réponse est une évidence ... Please continue, this is Chris, you're talking to me now ... mais, allons, soyons rassurés, "children will drink oil"- dictat matriciel en suspend - a scanner darkly devenu l'incontestable preuve, sans expédient - We're good est possiblement un nouveau chef d'oeuvre de conscience et de ... conscience, il convient désormais que vous en décidiez à moins que vous n'ayez, évidement, les arguments contraire, absolument.

///

... and this Monsieur _v35m1'R_ is absolutely formal and it is obviously without appeal "This album is nothing short of genius." ... We must not, or almost, insipid precaution, absolutely not doubt about (plus encore).

Promise is therefore made, in the circumstances, we will follow, step by step, these precious recommendations for an eminently, better life - absolutely - Promise made, total management, perfection is in sight and Romeo Rucha is consciously the craftsman - absolute and final. aucun doute ...

Postulate of a "personal branding"? Response in counterpoint to the galloping Orwellization of our bodies our minds, our failures ? The answer is obvious ... Please continue, this is Chris, you're talking to me now ... but, come on, let's be reassured, "children will drink oil" - matrix dictate in suspension - a scanner darkly become the indisputable proof, without expedient -
We're good is possibly a new masterpiece of conscience and ... conscience, it is now appropriate that you decide on it unless you have, obviously, the contrary arguments - absolutely.

thierry massard / 19 septembre 2020 - 00:00

2814 :: voyage / embrace


Un rêve ... un rêve punk, horizon parfois chimérique, une fantasmagorie d'abord proche, et heureusement (pour nous) loin de s'achever.
Un rêve de pluie, un mouvement rythmique initialement illusoire, urbain peut-être.
Seule certitude, aujourd'hui, derrière ces brumes cycliques, l'utopie souvent si réaliste de Messieurs Luke Laurila aka  t e l e p a t h  et David Russo (HKE) est soudainement devenue distante et la preuve est là, devant nous. Cet éloignement soudain de 2814, à travers ce voyage / embrace est très probablement la tranquille réponse à un discret appel intérieur, beaucoup moins fictionnel - un aveu, une confidence que l'on ne peut partager, sans quelques précautions. Une belle réussite.

thierry massard / 18 septembre 2020 - 12:22

夢の世界 t r a v e l l e r :: ブルーイマージョン

Ce bel été 2020 aura largement profité à notre hôte, 夢の世界 t r a v e l l e r (OT9), puisque ce ne sont pas moins de 3 publications qui sont soudainement apparues, un EP, un mini album et notre sujet du jour, assez magistralement intitulé ::  ブルーイマージョン soit "immersion bleue" si l'on s'en tient aux services de traduction interprétative de l'entreprise google. 

Activement attaché aux préceptes vaporwave et nano-dissidences, OT9 s'est préalablement arrogé le track "milky way", enfoui dans le trou noir d'une très relaxante compilation pour peignoirs de bain blancs de l'artiste Essential Calm, dont l'oeuvre aptonyme ne passera pas les portes hermétiquement closes de l'ascenseur.

Champ chromatique intense, vertige des profondeurs, infinitude, il est à craindre qu'une simple apnée émotionnelle limite cruellement les prémisses d'une plongée irrémédiablement abyssale. À présent distant de la phosphorescente surface, le recours à l'azote devient absolument nécessaire, tant votre rythme cardiaque, doit désormais s'infléchir et se soumettre à la lente sinuosité des molécules. 
Vortex mutant, désormais autonome, ブルーイマージョン est destiné à emplir un espace, 
un espace sonore indicible, autant qu'un espace  m e n t a l  définitivement, insaisissable.

thierry massard / 17 septembre 2020 - 15:10

Mrs. Watanabe :: mixtape A


Le décor est planté ... l'hommage iconographique de la jaquette ne souffre d'aucune interprétation, cette mixtape A de Mrs Watanabe a le coeur noir. Est-il bon de le préciser ?

Coeur ténébreux nourrit d'une folle espérance adolescente, l'espoir étincelant de cette sinistre suie recouvrant une mémoire abandonnée par la fièvre, assurément pas celle du samedi soir.
Parcours initiatique, au précipité chimique témoignant de quelques décennies parfois incandescentes (pas toutes) , cet accélérateur de particules fonctionne désormais à plein régime. 
Les oreilles averties (sourire narquois) y croisent parfois quelques réminiscences fantomatiques d'une industrie qu'on ne qualifiait pas encore de old school, mais le pouls du patient s'accélère encore, pulsation punkoïde endocarde, éphémère transe déverrouillant les rythmes puissants d'une drum and bass, invitée au banquet, avant d'être balayée par le souffle d'un explosif retentissant, incontrôlable - l'addiction est désormais totale, cables électriques saturés et convulsifs, onde mécanique soudainement détachée et saccageuse, écho lointain, dialogue désincarné : "... i will leave the country" - Trop tard !
Objet (ufo) sonore errant, sceptique et ricanant devant la prudente et sage classification, chaperon sans saveur, désormais régulatrice du bon et même du mauvais goût, cette mixtape "A" dévoile ses 2 sides de plastique sombre, prenant la précaution d'un marquage volontaire , afin probablement, de ne pas trop perturber nos sens qui ne résisteront plus longtemps - Reste à vérifier que ce "A" est seulement la première lettre d'un alphabet dévastateur, à souhait !

thierry massard / 12 sept. 2020 - 12:13

 ‣ mahorka

Barely Legal :: wax brain

Une écoute ! Une simple et unique écoute de ces trois tracks, que déjà, vous voici, enthousiaste au point de l'écrire (c'est en cours) ou presque d'entrer dans une ... absolue illégalité où les "supports" y sont assez remarquables et nombreux. Barely Legal, c'est d'abord et avantageusement la rencontre d'Antoine Trauma et Arnaud Chatelard aka Apocalypse Sounds, tous deux acteurs et promoteurs d'une certaine éthique industrielle, sorte de démonstration factuelle de ce que le très regretté G.P.Orridge appelait "l'ingénierie culturelle". L'un (Chatelard) est de ceux qui poursuivent l'affligeant réel environnant pour mieux le pourfendre, pendant que l'autre (Trauma) profite des bienfaits d'une éducation effectuée dans les meilleures écoles, celles de l'expressionnisme allemand, celle du 10 martello str. Hackney ou bien encore celle du 1 Spiegelgasse de Zürich au printemps 1916.
Wax Brain, d'entrée de jeu, un constat, la mise en lumière de la très remarquable qualité de ceux qui se substituent à leur sujet. Ce wax brain est effectivement bicéphale, il est surtout amplement distant d'égos réducteurs, savante émulsion, un déstabilisant cocktail syncopé délicatement (ou moins) posé sur un soundscape métallique, semi-conducteur.
Matière vocale autant que matière verbale mutante, false flag explore mécaniquement les désordres, éructation d'une phraséologie cut-up, une prudente distance d'observation est requise. De cette excroissance de langage difforme, apparaitra bientôt, les lentes circonvolutions d'harmonieux accords distendus.
Influence turgescente probablement assumée, néanmoins générative, et donc nouvelle, time is honey et ses 23 minutes, s'aventure dans la suffocation progressive d'un enfermement, reclusion volontaire ou hikikomori revisité, à vous de subir, car bientôt disparaitront les murs de briques au profit de puissantes barrières neuronales, un asile ami, ou l'on résout "d'odorer la cire et la fade eau ..."*

thierry massard / 10 septembre 2020 - 11:30

* merci Robert Desnos

hamfuggi records

Anastasia Vronski :: in the dark

Comment ça ? Bien sur que nous sommes ... effrayés ! 
Anastasia Vronski ne fait pas dans la dentelle. 
Pas d'avertissement au jeune public. 
Pas de mise en garde aux âmes sensibles ! 

Un couperet sec, sommeil instantané, crépitements oppressants, martèlements sourds, aucune issue. Vertigineuse chute noisy, celle d'une pierre qui atteindra le tréfonds - Ce fond glacé des terreurs qui nous appartiennent. La onzième minute de nightmare accorde t'elle un possible réconfort ? Je crains que la réponse ne vous déçoive, et vous n'êtes pas au bout de ces luxueux tourments. 

Second chapitre de cette pénombre opaque, secret suit initialement un parcours similaire, avant que ne sonne un glas, résonance ô combien évocatrice, contrepoint d'un frémissement ample et tournoyant, drone en fatale perdition, sinistre beffroi, brume ondulante et soudainement prise d'accélération, flagellation de l'air. 

Mademoiselle Vronski ne fait pas dans la dentelle.

What do you mean ? Of course we are ... scared!
Anastasia Vronski is not in the lace.

No warning to young audience. 
No warning to the faint of heart! 
A dry cleaver, instant sleep, oppressive crackling, dull hammering, no way out. Vertiginous noisy fall, that of a stone which will reach for the depths - This frozen bottom of terrors which belong to us. Does the eleventh minute of nightmare give any possible comfort? I fear the answer will disappoint you, and you are not at the end of this luxurious torment.

Second chapter of this opaque shadow, secret initially follows a similar course, before a death knell sounds, oh so evocative resonance, counterpoint of an ample and whirling tremor, drone in fatal perdition, sinister belfry, undulating mist and suddenly taken by acceleration, flogging of the air. 
Mademoiselle Vronski is not in the lace.

thierry massard / 5 septembre 2020 - 14:45

kalamine records

facebook 

Kratzwerk :: p r o g r a mm


Si ce mois de septembre 2020 septembra, ce ne fut assurément pas sans Kratzwerk ...
Passée l'ouverture d'antenne, ô combien pré-matinale, c'est promis ! le bulletin météo présenté par Guido Richter aura le sourire attendu ! Vous aimerez  A n t e n n e  autant que nous l'aimons déjà. Devons-nous commenter les 16 lignes d'un programme sans faille, indolore, autant annonciateur d'une preview de 1993 que d'un magnifique  w e l t 2 - Digressives et chaloupées tourmentes post-cathodiques, nous vous adorons, presqu'autant que nous-mêmes, dans la galerie des glaces.

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If this September 2020 septembed, it was certainly not without Kratzwerk ...
After the antenna opening, oh how early in the morning, it is promised! the weather report presented by Guido Richter will have the expected smile! You will love  A n t e n n e  as much as we already love it. Should we comment on the 16 lines of a flawless, painless program, as much herald of a 1993 preview as of a magnificent  w e l t  2  - Digressives and swaying post-cathodic torment, we adore you, almost as much as we, same, in the hall of Mirrors.

thierry massard / 4 septembre 2020 - 22:37

Yello :: point

Bien que le périmètre, autour du duo, se soit très nettement resserré depuis quelques années, cette quatorzième livraison studio mérite le bon point distribué, sans passion, aux élèves réguliers.
On peut, toutefois, regretter une inspiration iconographique déclinante, nous fermerons donc les yeux en regrettant la maestria de l'imparable Touch, qui fut très probablement leur chant du cygne et un point, c'est tout.

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Although the perimeter around the duo has tightened sharply in recent years, this fourteenth studio delivery deserves the good point distributed, without passion, to regular students.
We can, however, regret a declining iconographic inspiration, so we will close our eyes by regretting the mastery of the unstoppable Touch, which was most likely their swan song, that’s the final point.

thierry massard / 31 août 2020 - 19:19

Yello Point


Vocho Y Sucia :: insight odyssey


Méandres, méandres sinueux ... Préfigurant "insight odyssey" sorti durant ce bel été 2020, millésime viral 19, nous nous étions, fugacement et précédemment arrêtés durant le non moins joyeux mois de mai, sur l'éponyme EP "vocho y sucia" derrière lequel figure le talentueux Héctor Enrique le Voche aka Vocho Y Sucia.
La récente sortie de "insight odyssey" a donc désormais confirmé tout le bien que l'on pensait de ce garçon - Précaution oratoire nécessaire avant de poursuivre ... Vous suivez ?

Vocho Y sucia, c'est avant tout, une promesse "lo-fi", une promesse initiale tenue.
Mais faites toutefois bien attention, car derrière ces désespérantes classifications d'archivistes, de comptables poussiéreux aussi peu créatifs, peuvent insidieusement se dissimuler quelques perles, méfiance donc car nous sommes précisément en face de l'une de ces perles.
Loin, très loin d'une quelconque naïveté binaire, s'enclenche un "digital system", véritable apetizer révélant une profondeur de perspective et graine d'un rhizome maîtrisé (en apparence).
Relecture formelle du perrito negro du EP de mai, cette version en devient plus intentionnellement immersive et fidèle au cheminement "perspicace" de cette odyssée.
Autre transfuge de mai, lisérgida incarne et accentue notre cheminement, signature d'une  clairvoyance vénéneuse, une fleur du mal.
Frontière poreuse, sesiones en dorado s'immisce entre soundscapes sombres et l'espiègle linéarité d'un tempo consciemment convenu.  Véritable pierre angulaire, à moins que vous ne préfériez que cette même pierre soit précieuse, everything is design balaye, de façon remarquable, tous les mystères, cette odyssée est un axiome.
vector, en digne ouverture de l'EP de mai, annonce un atterrissage en apothéose, ce qui est très précisément le cas avec always have a happy face, un "happy face" que nous avons, sans peine ... Vous suivez ?

thierry massard / 28 août 2020 - 14:02



carbon records mx
vocho y sucia ep

ABeNRML :: [不可能的全息圖]


Aucun doute, aucune équivoque, la traduction du titre, littéralement "impossible hologramme", est d'une justesse absolue. ABeNRML, auto-présenté comme noise artist oeuvrant dans l'infinitude des plunderphonics, officie dans la cristallisation effective de soundscapes, et cela devrait naturellement remplir d'allégresse les impénitents traqueurs universels de sons que nous semblons ou devons être ...

Immédiatement saisi, [不可能的全息圖] est aussi addictif, que notre quête audio est insatiable.
Le son parfait, le graal phonique consécutif pour certains, est probablement là, figé (qui sait) dans cet espace aux strates alternativement fines ou massives, et dont l'ardente densité est signifiante.

Prévenant, attentif aux effets secondaires, provoqués par notre boulimie neuronale, ABeNRML a la délicate attention de nous inviter à ses réjouissances, sous le prétexte de "listening exercices" et d'un "interlude" justifiant l'ensemble. On ne peut que l'en remercier vivement, espérant dans un silence recueilli, que ce festin ogresque aura ni limites, ni fin.

thierry massard / 25 août 2020 - 10:01



virtual soundsystem records
ABeNRML

Poros :: fio


Paulo Vicente (aka Poros) est un artiste discret, indéniable choix de qualité ?
Oui, ce musicien et photographe de talent est discret, appréciable choix du secret ?
MiMi Records et son esthétique audio rigoureuse est, parfois, tout autant, un label discret.
C'est ainsi, une évidence, une belle rencontre et parfois comme ici, de très sonnantes étincelles.
Fio ... Un fil ! Un fil, un merveilleux fil, un fil tendu, un fil dangereux, saillant, un fil, à moins que nous ne soyons en face de quatre liens à l'épatante grâce, une épure.
Quatre fils pourtant contondants, aux titres tiroirs et modulaires "fechado, esticado, puxado et ao esphelo" quatre séquences harmoniques à la basse ample et fluide, quelques phrases susurrées puis révélées, un apparent jeu à la visibilité masquée dont le clair obscur favorise le crescendo émotionnel à l'intensité aussitôt capturée par un repli discret (à nouveau). Les 10 minutes de "fio" sont autant précieuses qu'elles ne méritent et ne doivent pas trop rester ... discrètes - il ne tient qu'à nous.

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Paulo Vicente (aka Poros) is a discreet artist, an undeniable choice of quality?
Yes, this talented musician and photographer is discreet, an appreciable choice of secrecy?
MiMi Records and its rigorous audio aesthetic is, at times, just as much, a too discreet netlabel.
It is thus, obvious, a beautiful meeting and sometimes like here, some very striking sparks.
Fio ... A thread! A thread, a marvelous thread, a taut thread, a dangerous, protruding thread, a thread, unless we are in front of four links with astonishing grace, a sketch.
Four yet blunt threads, with drawer and modular titles "fechado, esticado, puxado and ao esphelo" four harmonic sequences, ample and fluid bass, whispered sentences then revealed, an apparent game with hidden visibility whose chiaroscuro favors an emotional crescendo to the intensity immediately captured by a discrete fold (again). The 10 minutes of "fio" are as precious as they deserve and should not remain too ... discreet - it's up to us.

thierry massard / 15 août 2020 - 12:30



MiMi Records
reverbnation
olhares

The Psychedelic Furs :: made of rain


Il est vrai que, depuis 29 années, ce monde (extérieur) était devenu bien silencieux.
Avons-nous attendu quelqu'un, devions-nous attendre quelque chose ?
La réponse est sans importance.
Le groupe qui porte le plus beau patronyme de l'histoire du rock'n'roll est de retour.
12 tracks faits d'un heureux métissage des belles années (3 premiers albums incandescents) et du reste, sans importance, dit-on.
Aucun doute, cette rédemption discographique est toute entièrement habitée d'une bien jolie ferveur, une belle réussite, autour de l'inoubliable voix de Richard Butler, rien ne manque. Et pourtant ...



It is true that, since 29 years, this (outside) world had become very silent.
Did we wait for someone, should we wait for something?
The answer is irrelevant.
The band with the most beautiful name in rock'n'roll history is back.
12 tracks all made from a happy mix of the good years (3 first incandescent albums) and with the rest, without importance, they say.
No doubt, this discographic redemption is entirely inhabited by a very pretty fervor, a great success, around the unforgettable voice of Richard Butler, nothing is missing. And yet ...

thierry massard / 6 août 2020 - 17:11

The Psychedelic Furs

Hiroshi Yoshimura :: Green

Initialement réalisé en 1986 et muré, depuis lors, dans la reconnaissance quasi exclusive d'afficionados d'ambient nippon, voici donc ressurgir la pièce maitresse d'un maître. 

Rehaussé de sa verte et concrète réalité, trou de verdure où chante cet ... objet sonore, il n'en est paré que de beaucoup plus d'intensité - le havre de quiétude éternelle dont rêvait Hiroshi Yoshimura.

thierry massard / 2 aout 2020 - 17:09

light in the attic  

Robert Rental :: paralysis/acc

La première phrase, notes de cette réalisation, ne trahit en rien la réalité.
Effectivement "Robert Rental is an artist as influential as he is overlooked". 
Sans vouloir s'épancher outre mesure sur son absence de reconnaissance historique, il est, en revanche un point qu'on ne puisse, en aucune façon négliger. L'influence de ce musicien est largement aussi importante que celle d'un Daniel Miller (fondateur de Mute Records et auteur du cultissime "warm leatherette") ou celle, moindre pour la postérité, de Thomas Leer avec qui, Robert Rental a conçu un chef d'oeuvre, "the bridge" dont la savante et morne amplitude, ouvre notablement les prémisses d'un Ambient plutôt sombre. Les protagonistes d'Industrial Records (Throbbing Gristle) ne s'y trompèrent évidement pas en donnant forme à cette pierre (précieuse) angulaire, en son temps.

Paralysis/ACC, présentement augmenté de 3 tracks exhumés, est originellement un single trop discrètement (déjà) apparu en 1978 au plus fort d'une déferlante, vague qui se cherchait un devenir.
Délicatement déposable au côté du "Being Boiled/Circus of death" de Human League,
également de 1978, ce single incarne à lui seul, un possible nouvel ADN alternatif, celui d'un DIY dont la trajectoire créative et sa diffusion, nous évite de devoir sortir de chez soi.
Il aura fallu attendre le si discret tsunami netaudio, des années 2000, pour que, seuls, quelques survivants aguerris, les meilleurs, dit-on, se rendent immédiatement compte de cette notable filiation.
Rental n'était malheureusement (déjà) plus là pour en récolter les insignes honneurs.

Cet immense talent ne doit plus attendre 40 années supplémentaires.

thierry massard / 2 août 2020 - 11:39

dark entries records
‣ discogs
‣ wikipedia

epitomeZero :: shortforms ep



Rapide coup d'oeil sur les mots-clés : electronic, idm, ambient, chill, chillout, downtempo, post-ambient, tribal, United Kingdom ... arrêtons-nous un instant, voulez-vous ?
Ne pas s'offusquer de notre profonde aversion pour l'archivage systémique et l'isolement inhérent, apercevoir "post-ambient" dans la liste (ne pas cliquer dessus) - sourire ...

438 ème référence du netlabel, nous ne nous attarderons pas, sur l'immense Kahvi,
laissons-donc cela aux archivistes amateurs de mots-clé.

Ondoyants, comme l'artwork, et sorte d'introduction à l'album Lightforms 2, malheureusement hivernal, ces 4 extraits estivaux donnent simplement envie d'ajouter d'innombrables mots-clés, tous vraisemblablement beaucoup moins agréables que de s'asseoir sur le sable ... un petit bonheur rigoureusement non archivable.

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Quick look at the keywords: electronic, idm, ambient, chill, chillout, downtempo, post-ambient, tribal, United Kingdom ... let's stop for a moment, will you?
Not taking offense at our deep aversion to systemic archiving and the inherent isolation, 
seeing "post-ambient" in the list (don't click on) smile ...

Let's not dwell on the immense netaudio reference that Kahvi label constitutes either, 
so let's leave it to archivists who love keywords.

waverings, like the artwork, and kind of introduction to the album Lightforms 2, unfortunately wintery, these 4 summer extracts simply make you want to add countless keywords, 
all probably much less pleasant than to sit on the sand ... a little happiness that cannot be archived.

thierry massard / 25 juillet 2020 - 11:37

kahvi collective
epitomeZero

BЯOMO :: no signal



Le désir, l'impérieux désir et ses ultimes conséquences.
Relever les yeux, porter le regard vers le lointain, le ciel.
Le désir ... Attrait fluctuant, désir de distance, désir de conquête ! Irrépressible désir.
Ne plus craindre notre misérable animalité, ne plus craindre le continuum.
Affirmer sa supériorité sur un prétendu néant, triomphalisme et arrogance péremptoire de nos bas instincts, humains. De ce bilan concis, lapidaire, Paloma Peñarubbia, avec Azael Ferrer, au travers de leur projet audiovisuel BROMO, aurait naturellement pu y apporter une réponse anodine, un standard conventionnel, une réponse éprouvée.
De toute évidence, "No Signal" est bien décidé à reconsidérer le dogme spatial,
se réapproprier les fondamentaux, bien loin des arrangements d'un "cosmic rock" qui, usé à la corde, surnage néanmoins dans le coeur d'un public asphyxié d'oxygène frelaté ou saupoudré d'insipide Equinoxe, fruits glyphosatés des champs magnétiques de MM. Jarre et consorts, une autre dimension.

Il est effectivement temps d'écrire une nouvelle histoire.

Concept puissant en filigrane, "No Signal" se révèle sans précaution nécessaire et "copuos" pourrait presque sembler indolore, synthèse générique, sinon grouillante d'aspérités et digérante les ultimes artifices d'antan. Mais, on vous l'a dit, du passé, BROMO en fait tabula rasa.
Sans prévenir, la mise à feu (helium3) arrive, explosion protonique d'un enthousiasme qui n'aura de cesse qu'à l'issue de la 33ème minute. "No Signal" révèle la juste combinaison d'un regard critique affuté, bienvenu, ouvert, et tout le talent nécessaire au possible renouveau d'un dialogue astral, jamais entrepris auparavant. Peñarubbia & Ferrer inaugurent une odyssée qui ne ressemble en rien à la précédente, à l'instar d'un "no signal" perçu comme fondateur et respecté en sa qualité.
Les vannes sont désormais ouvertes, (golden race) flot vocal à la rencontre de strates percussives et tranchantes, (no gravity) mécanique en désordre, rouages complexes, perdus, sans contrôle, étrange mélancolie. Au rendez-vous d'une abstraction naissante, "radiation" inscrit une nouvelle étape,
une amplitude et une dimension démesurées, extrêmes ?
Atterrissage forcé et ultime uppercut pour les célestes nostalgiques, "military space" prouve, sans compromis, la justesse du propos développé.

"No Signal", BROMO écrit une histoire, une nouvelle histoire.


The desire, the overwhelming desire and its ultimate consequences.
Lift your eyes, look towards, the sky.
The desire ... Fluctuating attraction, the desire of distance, the desire of conquest! Irrepressible desire.
No longer fearing our miserable animality, no longer fearing the continuum.
To assert its superiority over a pretended nothingness, triumphalism and peremptory arrogance of our basic instincts, humans.
Through this concise assessment, Paloma Peñarubbia, with Azael Ferrer, and their audiovisual project BROMO, could naturally have brought an innocuous response, a conventional and proven standard. Obviously, "No Signal" is determined to reconsider the spatial dogma, to reappropriate the fundamentals, far from the arrangements of a "cosmic rock" which, worn down, nevertheless floats, asphyxiated by adulterated Oxygen or dusted by tasteless Equinox, glyphosated fruits of MM Jarre and friends magnetic fields, another dimension.

Indeed, it is now time to write a new story.

Powerful concept behind the scenes, "No Signal" proves to be without necessary precautions and "copuos" could almost seem painless, generic synthesis, if not teeming with roughness and digesting the last artifices of yesteryear. But, as you have been told, about the past, BROMO is actually doing tabula rasa.
Without warning, the ignition (helium3) arrives, proton explosion of an enthusiasm which will not cease until the end of the 33rd minute. "No Signal" reveals the right combination of a sharp, welcome, open critical eye, and all the talent necessary for the possible renewal of an astral dialogue, never undertaken before. Peñarubbia & Ferrer inaugurate an odyssey that looks nothing like the previous one, like a "no signal" perceived as founder and respected in its own quality.
The floodgates are now open, (golden race) vocal flow meeting percussive and sharp layers, (no gravity) disorderly mechanics, complex cogs, lost, out of control, strange melancholy. At the rendezvous of a nascent abstraction, "radiation" inscribes a new stage, disproportionate, extreme amplitude and dimension?
Forced landing and ultimate uppercut for nostalgic celestials, "military space" definitively proves without compromise, the correctness of the developed subject.

"No Signal", BROMO is writing a story, a new story.

thierry massard / 20 juillet 2020 - 09:43

Oigovisiones label
BROMO
Paloma Peñarubbia
Azael Ferrer

art & design :: Elsa Paricio

Gracias Richi / Oigovisiones label

Terje Paulsen :: frivillig karantene



12 mars 2020, Kristiansand, Norvège - à l'heure de l'entrave généralisée et l'étouffement fatal, le chasseur de sons, Terje Paulsen choisit l'exil et l'enfermement, la quarantaine volontaire.
Choix existentiel de ceux qui veulent anticiper la contrainte de l'autorité ? 
Conceptuel, le décor est planté.
Les images sonores peuvent désormais défiler - vintervarm - la distante et chaleureuse barrière, nourrie d'un flux rythmique constant, le léger craquement (parfois) d'un premier plan, jalon d'un soundscape mêlant la très relative amplitude d'une réalité sur son moins tangible alter ego.
Ce parcours initial (23:58) prend toute la mesure et Terje Paulsen, fidèle à une authentique générosité, nous invite à sa table, artiste espiègle qui vous laisse choisir votre art d'accommoder les sons.
Seconde étape, alternative diagnose qui renoue avec une musicalité certaine, entrée en dématérialisation au profit d'une plus juste mesure, particules, un moment traversées d'une litanie, ces mêmes particules traçant une fuyante perspective vers les remous d'une humanité plus ressentie qu'affirmée. Ainsi, à la dixième minute de cette pièce magistrale, Paulsen, sans aucun compromis, renonce à tout espoir.

Intrigantes ces "fire års skygge", quatre années au crépitement d'une surface parcourue par une ligne d'élégantes infrabasses, avant que de ne ne vérifier les parois microphoniques, jusqu'au retour de la ligne. Terje nous a prévenu "Partly improvised - partly organized", un mix puissant et saisissant parcouru d'une menace sourde, sentiment devenu figé, à la faveur d'une lecture du réel et de la compréhension active de celui-ci.  fire års skygge demeurera intrigant mais aussi visiblement menaçant.

Clôturant en full impro un apparemment premier épisode, l'éponyme "frivillig karantene" laisse étonnamment d'avantage transparaitre la présence de son créateur, partie prenante d'une pièce sonore puissamment péremptoire. Incontestable réussite, frivillig karantene démontre véritablement l'hyper maîtrise atmosphérique sur "l'air du temps" du météorologue de Kristiansand.


March 12, 2020, Kristiansand, Norway - at a time of generalised hindrance and fatal suffocation, the sounds hunter, Terje Paulsen chooses exile and confinement, a voluntary quarantine. The existential choice of those who want to anticipate the constraint of authority?
Conceptual, the decor is set.
The sound images can now scroll - vintervarm - the distant and warm barrier, fed by a constant rhythmic flow, the slight cracking (sometimes) of a foreground, the milestone of a soundscape mixing the very relative amplitude of a reality on its less tangible alter ego. This initial journey (23:58) takes all the measure and Terje Paulsen, faithful to an authentic generosity, invites us to his table, playful artist who lets you choose your art of accommodating sounds.
Second step, alternative diagnose which revives a certain musicality, entry into dematerialization in favor of a fairer measure, particles, a moment crossed by a litany, these same particles drawing a fleeting perspective towards the eddies of a more felt humanity than asserted. Thus, at the tenth minute of this masterpiece, Paulsen, without any compromise, gives up all hope.

Intriguing these "fire års skygge", four years at the crackling of a surface traversed by a line of elegant infra-bass, before not checking the microphone walls, until the return of the line. Terje warned us "Partly improvised - partly organized", a powerful and striking mix crossed by a dull threat - feeling become frozen, thanks to a reading of reality and an active understanding of it. fire års skygge will remain intriguing but also visibly threatening.

Ending in full impro an apparently first episode, the eponymous "frivillig karantene" surprisingly lets show through the presence of its creator, stakeholder of a powerfully peremptory sound piece. Indisputable success, frivillig karantene truly demonstrates hyper atmospheric control over "l'air du temps" of the meteorologist from Kristiansand.

thierry massard / 3 juillet 2020 - 13:40

frivillig karantene / bandcamp



Terje Paulsen
theQuestionnaire / avril 2019

noCoviSion :: Terra forming with Lance Austin Olsen

Marco Ferrazza :: unim


Dans sa présentation, il est dit que nous sommes très probablement face à une "non-hierarchical and hybrid cultural exposure ..." mais ne nous attardons pas sur l'intéressante perspective d'une classification numérique aléatoire et pourtant digne d'investigation.

Dans cette même présentation, il est également fait mention de "sonorous bodies",
cette fois, plus aucun doute n'est permis.

Curiosité et espièglerie volontaire de notre part ...
Ouvrons donc notre écoute par la piste n°3, (logiquement) intitulée "unim.1" afin de palper la non abstraction de ces "corps sonores" - remarquable démonstration - Nul besoin de chercher vainement, les énièmes capacités de solidification de cet air, les 4 minutes et 22 secondes de "unim.2" forment une preuve définitive et inattaquable, ces "corps" sont, non seulement, "sonores" mais la concrète structure (unim.3) d'une architecture oscillatoire bien réelle. Paisible mutation (unim.4), linéarité fragmentée et hétérogène (unim.5) ou possible évocation d'un passéisme filaire au cryptage ionisant (unim.6), cette réalisation de Marco Ferrazza ne parvient à son terme (unim.7) que par la seule entrave manifeste de ces corpus volontaires.
Né d'un désir peut-être illusoire, cet unim. est une très tangible réussite.

thierry massard / 13 juin 2020 - 13:12

plus timbre
Marco Ferrazza

Aksak Maboul :: figures

Difficile d'interpeller les cultes (objets de) à la sauvette ! 
Allons-y le plus simplement qu'il soit. 
Véronique Vincent et Marc Hollander, en compagnie de quelques illustres invités,
ont pris la bonne décision, celle de régaler leur auditoire (nous) en 22 tranches et quelques
75 minutes d'une pop music influente, acidulée, en apparente légèreté.
Un gage de croissante addiction.
Nous n'en dirons pas plus, 
car qui ne dit mot ...

thierry massard / 8 juin 2020 - 18:36

figures

Teslaradio :: noisescapes


noCoviSion en témoigne, pour la seconde fois, cette année 2020 est un très heureux millésime pour le label de Malaga.

Frustration et impatience à seulement quelques jours de la réalisation de ces "noisescapes" de Teslaradio (Chinowski Garachana) qui, pour l'heure, ne livrent encore que quelques-unes des 12 fréquences sonores constituants un "rapport d'activités" s'étalant apparement, sur de nombreuses années.

Frustration ? Oui ! car la promesse est grande, aussi large et intense que les "fronteras" sont poreuses. Ces paysages ne souffrent d'aucune restriction possible, témoignages d'un monde - un monde d'avant, de pendant, d'après un monde que nous connaissons ... si bien.

Mais, déambulons dans Lisbonne, apprécions dans une relative innocence, les signes d'une possible humanité bienfaisante, interrompue par une quinte de toux, le discours sinueux d'une annonce radio et ces quelques bribes entendues et comprises ("christu" "sacrificiel" ...) les crépitements de la balise radio, sommes-nous au bord d'un gouffre ?
Suivons la modulation sous-porteuse, les oiseaux de Tanger ou ceux de Beyrouth, quelques voix gracieuses, Oui suivons les méandres d'une matière sonore protéiforme, fluctuante, mantras, ressac ambient et témoignages illustres ... Quelques jours encore et la chance que nous aurons d'y adjoindre la lecture des contributions de Xoán-Xil López, Los Voluble, Marcelo Expósito, Maria Andueza o J.L. Espejo et quelques autres ... l'impatience d'un voyageur immobile.

thierry massard / 20 mai 2020 - 12:26

oigovisiones label

Jimmy Watt Abarca :: picturesque ruination

terrible constat de multiples "évidences".
terrible observation of multiple "evidences".

l'onde radio perplexe dominée d'un vrombissement tournoyant
the perplexed radio wave dominated by a whirling whirring

nous observons
we observe

nous "..." observons
we "..." observe

nous écoutons ... peut-être
maybe ... we listen to

l'attente des spectateurs
the expectations of spectators


thierry massard / 30 avril 2020 - 22:18

mahorka

Record Of Tides :: black album


Tourmente des temps.

Un ... "Black album" ? La tentation était évidement omniprésente.
Devons-nous, présentement, ouvrir le prisme d'un regard "pestilentiel"
et son vieil ami "pandémique" ?
Nous haïssons logiquement ces lignes, préambules de ce printemps 2020

Allons - Si, d'aventure, vous étiez (déjà) ... judicieusement présent pour le séminal Solna,
Allons - Si, d'aventure, vous étiez d'autant plus attentif pour Endurance
Si, Si, Si ... Ok go ! Allons !

Ouvrons, sans controverse ... cette belle énigme (n'en doutons pas).
Que devons-nous faire de cette prétendue noirceur, intentionnellement affichée ou pas ?
Sven Piayda, évidement, s'amuse de nos torpeurs actuellement quotidiennes,
si productives de lockdowns mentaux, et d'éclairs (parfois) fugaces de conscience.
Sven Piayda est un artiste attentif au détail.

Si, ce terriblement "Black" album peut sembler, préalablement, sinueux, il pourrait aisément devenir une voie sans issue, un corridor sombre, il n'en est rien, car le sang de celui-ci n'est pas noir, il est ROT, rouge acronyme puissamment générateur de sa propre subsistance ... virale.

Une illusion initiale, un faux-semblant modulable, émouvant probablement,
un "trompe l'oeil" savamment construit, maquillage dissimulant d'authentiques espoirs secrets.
Record Of Times dissimule la lumière et l'ombre n'en est que plus intense.

thierry massard / 29 avril 2020 - 10:46

kreislauf
ROT

endurance

Atom™ :: < 3





" … music made by machines, with machines, for machines… "
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thierry massard / 24 avril 2020 - 13:30