Transmission :: transmissions

 

Des allures d'ovni insaisissable ? Message(s) aussi fulgurant qu'éphémère, encapsulé(s) dans cette cabine téléphonique exigue, Western Electric, Transmissions ! À l'instar de cette superficielle fugacité, réminiscences de sensations pratiquement oubliées, Transmissions établit spontanément une proximité affective, un parfum d'intimité partagé avec ses protagonistes. Ouvrage intemporel, certes, mais bel et bien inscrit dans une présente lecture. Une matérialité sonore analogique, une écriture aux illustres références, que nous irons, peut-être convoquer au parloir, un jour ou l'autre. Transmissions en assume, probablement la digne parentalité. Album choral, où commencent et finissent par se conjuguer une guestlist de talents provisoirement (ou moins) évadés d'autres complicités, Transmissions est un inventaire, l'actif et le passif d'individualités (Theresa May, Jane Austen ...) portraiturées très au-delà de leur propre ou relative conscience de représentation. Conçu avec, nous l'espérons, un prolongement scénique, dépassant quelques invitations festivalières, ces Transmissions ne doivent pas demeurer aussi temporaires que nous regretterions qu'elles puissent être.

thierry massard / 21 septembre 2022 - 11:26


The appearance of an elusive UFO? Message(s) as dazzling as they are ephemeral, encapsulated in this cramped phone box, Western Electric, Transmissions! Like this superficial transience, reminiscences of practically forgotten sensations, Transmissions spontaneously establishes an emotional closeness, a scent of intimacy shared with its protagonists. Timeless work, certainly, but well and truly inscribed in a present reading. An analog sound materiality, a writing with illustrious references, which we will perhaps summon to the visiting room, one day or another. Transmissions assumes, probably worthy parenthood. Choral album, where begin and end by combining a guestlist of talents temporarily (or less) escaped from other complicities, Transmissions is an inventory, the assets and the liabilities of individuals (Theresa May, Jane Austen ...) portrayed far beyond their own or relative awareness of representation. Conceived with, we hope, a scenic extension, going beyond a few festival invitations, these Transmissions must not remain as temporary as we would regret they might be.

Cosey Fanni Tutti :: Delia Derbyshire - The Myths And The Legendary Tapes

Simple constat d'évidence ? Concordance transgénérationnelle ? Qui, plus que tout autre, pouvait entrer en parfaite conjugaison avec la vie et l'oeuvre de Delia Derbyshire ? L'heureuse réponse est à l'initiative de la réalisatrice Caroline Catz, pour son docudrama, Delia Derbyshire - The myths and the Legendary Tapes, sorti, avec le succès que l'on sait, en mai 2021. 

Loin de l'hommage circonstanciel et opportun, dont bénéficient, le plus souvent, avec plus ou moins de bonheur, de nombreuses figures essentielles, The Myths and the Legendary Tapes nous offrent, avec délice, le fruit d'une véritable rencontre avec l'auteure du thème de Doctor Who, Caroline Catz, partie prenante de cette réalisation et, bien sur, l'objet de toutes nos attentions éclairées, depuis près de quarante années, Cosey Fanni Tutti. Parfait équilibre d'intelligence, à cent lieues de la querelle d'égo gravée dans le vinyle, humour (snuff chorus) autant que vitrine du phénoménal talent des protagonistes, TMATLT laisse entrevoir, une lueur d'espoir, celle d'un refus obstiné d'une possible falsification de l'histoire. 

Incidence attendue de cette réussite totale, il vous reste (peut-être) maintenant, à refaire le parcours légendaire de ces deux icones, avec la promesse que nous vous faisons, que celui-ci, vous réservera de magnifiques extases.

thierry massard / 16 septembre 2022 - 18:30

Simple statement of evidence? Transgenerational concordance? Who, more than any other, could fit perfectly with the life and work of Delia Derbyshire? The happy answer is at the initiative of director Caroline Catz, for her docudrama, Delia Derbyshire – The myths and the Legendary Tapes, released, with the success that we know, in May 2021.

 Far from the circumstantial and opportune homage, which benefit, most often, with more or less happiness, many essential figures, The Myths and the Legendary Tapes offer us, with delight, the fruit of a real encounter with the author of the theme of Doctor Who, Caroline Catz, a stakeholder in this realization and, of course, the object of all our enlightened attentions, for almost forty years, Cosey Fanni Tutti. Perfect balance of intelligence, a hundred leagues from the quarrel of ego engraved in the vinyl, humor (snuff chorus) as much as a showcase of the phenomenal talent of the protagonists, TMATLT lets glimpse a glimmer of hope, that of a stubborn refusal. of a possible falsification of history.

Expected impact of this total success, it remains for you (perhaps) now, to redo the legendary journey of these two icons, with the promise that we make to you, that this one will reserve you magnificent ecstasies.

Cosey Fanni Tutti

KHΛOMΛИ :: BLÉTROLE

 


Saisissant !
Sai-si-ssant !

Et si, sur les cendres chaudes et la rudesse sauvage d'une très inquiétante actualité, ce BLÉTROLE de KHΛOMΛИ était, tout simplement, un chef d'oeuvre ? Une symphonie (4 mouvements) empruntant à la fois, à l'emphase éclatante d'un Stravinsky, autant qu'à la martialité systémique de Laibach ? Imaginons, un seul instant, le même ouvrage assorti d'une conséquente estampille jaune, typographie classique, comme seule la prestigieuse Deutshe Grammophon a l'illustre secret... 
Se détacher du flux, support numérique avilissant, robinetterie sonore (bandcamp) aussi marécageuse, inconséquente, qu'indistinctement dédiée à une consommation d'urgence, banalisée, irrésistible nécessité d'une digestion fast fashion, immédiatement réplicable, à l'envi, pour son stricto senso, quart d'heure de célébrité sur des réseaux solidaires et, pourtant, si peu sociaux. 

BLÉTROLE ne joue, fort heureusement pas, dans un pareil contexte, car BLÉTROLE est probablement et préalablement destiné à une toute autre lecture, celle d'une histoire singulière qui s'écrit malheureusement au présent. Une histoire, dont nous ne pouvons être, manifestement, que des spectateurs, des badauds, que personne n'écoute ni entend - intérêts supérieurs abscons de gouvernance, méfaits d'un médiocre employé, servile, un sinistre aliéné qui se rêve une postérité.

Dès l'ouverture, notre homme du chaos ne s'y trompe pas, pointant d'un doigt tendu, le nerf irrité d'un carnage (Épi de blé épié), justesse d'un index acéré qui s'enfonce inexorablement dans la chair, une lame de fond brutale, monstrueux éveil d'un spectre qui se dessine, hideux, convulsif, le fruit logique d'une démence affutée, les vautours piaffants d'impatience, no limit requested, nous sommes en live, guetteurs attentifs, prompts à flatter les bas inctincts.

Blétrole, pièce centrale, puissante allégorie, aussi signifiante qu'un coup de massue en plein coeur, crescendo atmosphérique, dont l'issue est implacable, le choc percussif et mutant d'une collision de l'acier et du sol. La démonstration bestiale d'un triomphe, celui d'une regression, inhumaine.

Charogne devenue putride, primitivement vitale, Bombe l'eλutomique, annonce avec clairvoyance et le plus sombre fatalisme, l'avénement d'un âge de devastation. Aucune alternative, KHΛOMΛИ frappe à nouveau, avec maestria, le point névralgique. La douleur est intense, à la mesure d'une autopsie clinicienne de la noirceur, dominée de soundscapes sans issues, l'absolue désespérance fluide et ce martellement forcené, glacial.

Conjurer l'impitoyable exigence d'un socle sociétal, Esseиceиdre nous prend à la gorge, déterminé à obtenir nos aveux. Mécanique fulgurante d'un consumérisme de l'effroi, raffinage de nos certitudes, KHΛOMΛИ interroge hardimment, orchestrant en détail et brillantes digressions rythmiques, une danse de saint guy, dont nous sommes, nous le savons, les principaux ordonnateurs.

Final synthétisant un ouvrage ultime, aussi remarquable qu'un essentiel éclair de lucidité, les 24 minutes de Λtomikλmikλz résonnent d'un écho magnifique, amplitude spectaculaire d'une chambre mortifère aux dimensions abstraites et croissantes, beauté vénéneuse, cristallisant la confrontation de notre mémoire sensible de ces instants et la proximité d'un auteur visionnaire - Les 4 dernières minutes sont un paroxysme absolu.

thierry massard / 15 septembre 2022 - 17:14


Striking!
Stun-ning!

And if, on the hot ashes and the wild harshness of a very disturbing topicality, this BLÉTROLE of KHΛOMΛИ was, quite simply, a masterpiece? A symphony (4 movements) borrowing at the same time, the dazzling emphasis of Stravinsky, as much as the systemic martiality of Laibach? Let's imagine, for a single moment, the same work accompanied by a consequent yellow stamp, classic typography, as only the prestigious Deutshe Grammophon has the illustrious secret...
Breaking away from the flow, degrading digital medium, sound taps (bandcamp) as swampy, inconsequential, as indiscriminately dedicated to emergency, trivialized consumption, irresistible need for a fast fashion digestion, immediately replicable, at will, for its stricto senso, quarter of an hour of celebrity on solidarity networks and, however, so little social.

BLÉTROLE does not play, fortunately, in such a context, because BLÉTROLE is probably and previously intended for a completely different reading, that of a singular story which is unfortunately written in the present. A story, of which we can obviously only be spectators, onlookers, that no one listens to or hears - abstruse superior interests of governance, the misdeeds of a mediocre, servile employee, a sinister insane person who dreams of posterity.

Right from the opening, our man of chaos makes no mistake about it, pointing with an outstretched finger, the irritated nerve of a carnage (Epi de blé épié), precision of a sharp index finger which sinks inexorably into the flesh, a brutal ground swell, monstrous awakening of a looming specter, idious, convulsive, the logical fruit of a sharp madness, the vultures prancing with impatience, no limit requested, we are live, attentive lookouts, quick to flatter the instinctive base.

Blétrole, central piece, powerful allegory, as significant as a blow to the heart, atmospheric crescendo, whose outcome is implacable, the percussive and mutating shock of a collision of steel and ground. The bestial demonstration of a triumph, that of a regression, inhuman.

Carcass become putrid, primitively vital, Bombe l'eλutomique, announces with clairvoyance and the darkest fatalism, the advent of an age of devastation. No alternative, KHΛOMΛИ strikes again, with mastery, the neuralgic point. The pain is intense, commensurate with a clinical autopsy of darkness, dominated by soundscapes without exits, the absolute fluid despair and this frenzied, icy hammering.

Conjuring up the ruthless demand for a societal base, Esseиceиdre takes us by the throat, determined to obtain our confessions. Dazzling mechanics of a consumerism of dread, refining of our certainties, KHΛOMΛИ boldly questions, orchestrating in detail and brilliant rhythmic digressions, a dance of saint guy, of which we are, we know, the main organizers.

Final synthesizing an ultimate work, as remarkable as an essential flash of lucidity, the 24 minutes of Λtomikλmikλz resonate with a magnificent echo, spectacular amplitude of a deadly room with abstract and growing dimensions, poisonous beauty, crystallizing the confrontation of our memory sensitive to these moments and the proximity of a visionary author - The last 4 minutes are an absolute climax.

The Stranded Alien :: the celestial palace

 

"slavery is freedom ..." 

Jouer le jeu, se convaincre, entrer dans le moule, atteindre une forme de séduction sociale, egocentrée.
Adopter une posture, singularité contrainte et pathétique, les affres de la modernité.
On peut, évidemment, rester insensible, ne pas voir, ne pas entendre, ne rien dire.
Demeurer intransigeant, bloquer les frontières, cultiver ses propres limites, subjectives, se conformer à d'autres codes, d'autres dogmes, dogme, dogme. On peut, aussi, admettons-le, plus difficilement choisir de prendre toutes les directions, en même temps, pratiquer l'atomisation sensorielle, un Big Bang mental fondateur et peut-être, qui sait, essentiel.

Si, comme nous, en décembre dernier, vous avez effectué le voyage de Further et que, pour autant, vous l'ayez apprécié, vous vous êtes qualifié pour l'exploration immédiate de The Celestial Palace.

Ambitieux projet avec pas moins de 18 séquences, un projet basé sur le roman éponyme de l'écrivain musicien, Steven Lance, partie prenante de cette aventure musicale, puisqu'il a également contribué à la quasi intégralité des titres et aux vocaux de The Goodness. Subsiste toutefois, pour votre serviteur, le mystère d'un roman que nous n'avons pas encore lu. Qu'il nous soit donc permis, d'appréhender ce huitième exercice de The Standed Alien, à la seule lueur (d'espoir ?) d'une histoire, sans paroles - Nous fermons les yeux, afin de suivre les passionnantes aventures d'un groupe de musiciens cosmiques, Shushzia, pour qui, les gardiens de l'Ordre de la Non-lumière n'ont pas les meilleures intentions.

Confirmant, une écriture mélodique aussi classiquement electronique que bougrement inspirée, flirtant même, assez régulièrement avec l'excellence (Out of Phase, avec Gliese 667Cc), The Celestial Palace conjugue, sans équivoque, de multiples talents cognitifs, illustrant, sans doute, une histoire dont le titre, avouons-le, fait rêver. Images mentales sensibles (The Planet With Mirror Surface) nourries d'un imaginaire sci-fi, teinté d'une nostalgie pour l'âge dor, et les florissantes 70's, le saut dans l'espace (temps) intersidéral n'en est que plus réjouissant. Didactique, pour les plus novices, intégrant, un florilège d'effets sonores, embrasant une mémoire collective, dopée aux vaporeuses effluences d'une synthwave qui se cherche (tant mieux) un futur, The Stranded Alien avance sans remords et sans regrets. On ne peut lui réserver que le meilleur accueil au palace céleste.

thierry massard / 5 septembre 2022 - 14:40



"slavery is freedom ..."

Play the game, convince yourself, fit into the mould, achieve a form of social, egocentric seduction.
Adopting a posture, constrained and pathetic singularity, the pangs of modernity.
We can, of course, remain insensitive, not see, not hear, say no-thing.
Remaining intransigent, blocking boundaries, cultivating one's own subjective limits, conforming to other codes, other dogmas, dogma, dogma. It is also, let's admit it, more difficult to choose to take all directions, at the same time, to practice sensory atomization, a founding mental Big Bang and perhaps, who knows, essential.

If, like us, you took the trip to Further last December and enjoyed it, you have qualified for the immediate exploration of The Celestial Palace.

Ambitious project with no less than 18 sequences, a project based on the eponymous novel by the writer-musician, Steven Lance, a stakeholder in this musical adventure, since he also contributed to almost all of the titles and vocals of The Goodness . However, there remains, for yours truly, the mystery of a novel that we have not yet read. Allow us, therefore, to apprehend this eighth exercise of The Standed Alien, in the sole light (of hope?) of a story, without words - We close our eyes, in order to follow the fascinating adventures of a group of cosmic musicians, Shushzia, for whom the keepers of the Order of Non-Light don't have the best intentions.

Confirming a melodic writing as classically electronic as it is damn inspired, even flirting quite regularly with excellence (Out of Phase, with Gliese 667Cc), The Celestial Palace unequivocally combines multiple cognitive talents, illustrating, no doubt, a story whose title, let's face it, makes you dream. Sensitive mental images (The Planet With Mirror Surface) nourished by a sci-fi imagination, tinged with a nostalgia for the golden age, and the flourishing 70's, the jump in interstellar space (time) is only more joyful. Didactic, for the most novices, integrating an anthology of sound effects, igniting a collective memory, doped with the vaporous emanations of a synthwave which seeks (so much better) a future, The Stranded Alien advances without remorse and without regrets. We can only give him the warmest welcome in that celestial palace.

Enric Teruel :: el tripulante



Quel bel équipage que celui-ci. Enric Teruel, éloigné, pour ce premier opus, de ses habituels champs d'investigation audiovisuels, heureux papa, depuis peu (compliments), car l'information est d'importance ; Enric Teruel, disions-nous, sous les très bons hospices d'une personalité netaudio incontournable, Edu Comelles, Audiotalaia, Moedular ... pour lequel on ne précisera jamais assez, l'épicentre historique qu'il constitue. Il n'en fallait pas plus pour que l'impeccable label de Malaga, Oigovisiones prenne en charge les premières destinées solitaires de ce coup de maître, El Tripulante !

Elaboré autour de 4 séquences d'une rare synchronicité atmosphérique, El Tripulante s'ouvre (#1) sur  d'avantageuses et vastes perspectives, particulièrement descriptives, une somme et un postulat. La quiétude protectrice d'une proximité affective forte (#2). Une histoire mélodique et son écriture harmonique délicate, si simple en apparence, qu'elle puisse vous embarquer, sans l'ombre d'une mélancolie pour hier (#3) - Et si, l'attente se fait jour, assidûment, elle est celle, magnifique, d'un coeur qui bat (#4)

El Tripulante est une réalisation à savourer dans l'instant, une imminence que nous souhaitons, pourtant,  éternelle. Bravo ! 

thierry massard / 3 septembre 2022 - 17:00 

El Tripulante / Oigovisiones (16 septembre)

What a fine crew this is. Enric Teruel, removed, for this first opus, from his usual audiovisual fields of investigation, recently happy dad (compliments), the information is important ; Enric Teruel, as we said, under the very good auspices of an essential netaudio personality, Edu Comelles, Audiotalaia, Moedular ... for which we can never specify enough, the historical epicenter that he constitutes. It was enough for the impeccable Malaga label, Oigovisiones, to take charge of the first solitary destinies of this masterstroke, El Tripulante!

Elaborated around 4 sequences of a rare atmospheric synchronicity, El Tripulante opens (#1) with advantageous and vast perspectives, particularly descriptive, a sum and a postulate. The protective tranquility of strong emotional closeness (#2). A melodic story and its delicate harmonic writing, so simple in appearance, that it can take you on board, without a shadow of melancholy for yesterday (#3) - And if, expectation is dawning, assiduously, it is the magnificent one of a beating heart (#4).

El Tripulante is a release to savor in the moment, an imminence that we wish, however, eternal. Bien hecho !

Kaneel :: YAS Brouhaha

Faisons joli, évoquons "l'inception" de monsieur baguette, pour les plus initiés, Kaneel pour les autres, Guillaume pour les plus fortunés. Musicien, certes, défricheur, assurément, théoricien, à ses heures, coordinateur de petitesse et de joliesse, il n'y eut jamais aucun doute, nous parlons bien de ce garçon-là - Kaneel, c'est aussi l'apanage d'un royaume laissé en friches silencieuses durant plus de temps, qu'il n'en faut, pour le constater et le regretter, c'est à dire, 10 longues années, au bas mot.

Bienheureux hasard, que celui d'un abonnement fortuit (et oublié, avouons-le) à la plateforme bandcamp, que voici une alerte, qui suscite une curiosité faite de l'envie, d'en savoir plus. Si la surprise n'est pas de taille conséquente, puisqu'il ne s'agit que d'un track isolé pour une demo javascript, pour le projet Mikucom, cette demo étant toutefois disponible, en utilisant le navigateur chrome, et un lien disponible sur la page de YAS Brouhaha. Nous vous avions prévenus, Kaneel est, a toujours été et restera fuyant et insaisissable.

Fort de ces quelques informations, il n'est d'ailleurs pas certain qu'il se réjouisse, du modeste éclairage de quelques mots, tombés ici et là-bas, aussi - Prenons-donc ce risque, à la lueur éparse de ce YAS Brouhaha, qui mérite amplement l'intérêt manifeste, que nous lui portons.

Downtempo élégant, pulsions grinçantes, rejetées dans un écho mélodique élastique, vocaux cryptés, il est difficile de ne pas imaginer, d'avoir suscité, à notre tour, une même curiosité, que désormais la vôtre.

thierry massard / 1er septembre 2022 - 17:21

YAS Brouhaha
My Name Is Kaneel

Kaneel / nocoVision
Guillaume Richard / theQuestionnaire - juin 2008

Let's make it pretty, let's talk about monsieur baguette's "inception", for the most initiated, Kaneel for the others, Guillaume for the wealthy. Musician, certainly, pioneer, certainly, theoretician, at times, coordinator of "petitesse & joliesse", there was never any doubt, we are talking about this boy there - Kaneel, it is also the prerogative of a kingdom left in silent wasteland for longer than it takes to see it and regret it, that is to say, 10 long years, at the very least.

A happy coincidence, that of a fortuitous (and forgotten, let's face it) subscription to the bandcamp platform, that here is an alert, which arouses curiosity made of the desire, to know more. If the surprise is not significant, since it is only an isolated track for a javascript demo, for the Mikucom project, this demo being however available, using the chrome browser, and a link available on the YAS Brouhaha page. We warned you, Kaneel is, always has been and will remain elusive and elusive.

With these few pieces of information, it is also not certain that he is happy, with the modest lighting of a few words, fallen here and there, too - Let's take this risk, in the scattered light of this YAS Brouhaha and bustle, which amply deserves the manifest interest that we have for it.

Elegant downtempo, grating impulses, rejected in an elastic melodic echo, encrypted vocals, it is difficult not to imagine, to have aroused, in our turn, the same curiosity, as now yours.

Artificial Memory Trace + Nimbostrata :: aura colemount

 


Se laisser aller, brouiller volontairement les pistes de décollage. 
Fascinante rencontre, préalablement védique, que celle de Artificial Memory Trace, aka Slavek Kwi, avec un Vishnu endormi, rêvant de bulles et l'electronica inspirée de Nimbostrata - Un accord parfait !
Aura Colemount, 3 pièces sonores éthérées et synchrones, aux délicates tessitures combinatoires. Rythmiques évanescentes bien qu'encore provisoirement terrestres - Magie des limites qui s'évanouissent, se désagrègent.

Une éblouissante émulsion qui se confond et se contorsionne à l'infini - bien loin, très loin d'ici.

thierry massard / 29 août 2022 - 08:00


To let go, to voluntarily blur the runways.
Fascinating encounter, previously Vedic, that of Artificial Memory Trace, aka Slavek Kwi, with a sleeping Vishnu, dreaming of bubbles and the inspired electronica of Nimbostrata - A perfect match!
Aura Colemount, 3 ethereal and synchronous sound pieces, with delicate combinatorial tessitura. Evanescent rhythms although still temporarily terrestrial - Magic of the limits which vanish, disintegrate.

A dazzling emulsion that merges and contorts endlessly - far, far away from here.

A Certain Ratio :: Hope - Loco Live at Hope Mill Studios

 

Bastion mancunien historique, ACR, après de nombreux aléas, a décidé un jour, de reprendre la route sinueuse, parsemée des embûches réservées à ceux qui firent que le passé ne soit plus, seulement, qu'un souvenir. Fidèles à un adn funk, difficilement revendicable initialement sous les sombres nuages, ACR n'en a, pour autant, pas fini de réjouir et d'enrichir un possible crossover de genres, qui depuis, a permis de produire une très longue histoire qui s'écrit encore.

Enregistré lors des sessions studio préparatoires de l'album Loco, ce Live at Hop Mill Studios nous permet d'apprécier, à instant T, la parfaite cohésion d'un groupe. Ce n'est pas son seul mérite, car il y est aussi question d'un "espoir". Un espoir que nous pouvons formuler, d'entreprendre la relecture intensive des épisodes précédents, à l'instar de la synthétique ACR::Box et l'affriolant "the planet", que nous avions (peut-être) abandonnés, trop rapidement, au bord de la sinueuse route - Shake up !

thierry massard / 28 août 2022 - 15:19


Historic Mancunian bastion, ACR, after many hazards, decided one day to take the winding road, strewn with pitfalls reserved for those who made the past no longer, only, a memory. Faithful to a funk DNA, initially difficult to claim under the dark clouds, ACR has not finished delighting and enriching a possible crossover of genres, which since then has made it possible to produce a very long story that write again. 

Recorded during the preparatory studio sessions of the Loco album, this Live at Hop Mill Studios allows us to appreciate, at instant T, the perfect cohesion of the band. This is not its only merit, it is also a question of "hope". A hope that we can formulate, to undertake the intensive rereading of the previous episodes, like the synthetic ACR::Box and the alluring "the planet, that we had (perhaps) abandoned, too quickly, at the edge of the winding road - Shake up!

Post Doom Romance + Brent Gutzeit :: buried vestiges

 

Épicentre propice à l'observation attentive de phénomènes répertoriés, ou moins, l'état de l'Illinois est jalonné de routes sinueuses, qui se croisent. Constat pour le moins stupide, s'il n'offrait la bienheureuse opportunité de rencontres aussi intensément fusionnelles que celle de Post Doom Romance (Seah + Mykel Boyd) avec Brent Gutzeit, pour ces Buried Vestiges, 90ème référence de l'enrichissant label de Gutzeit, JMY.

Sombre dessein, en surface, l'engloutissement immédiat est de mise, qui vous laisse aux prises avec un ensorcelement sonore aussi addictif, qu'il en est puissant (Lichway). Soundscapes maléfiques assez peu recommandables aux plus fragiles, la plénitude d'une brume invasive et opaque, prémice au frimas d'une désolation des âmes souffrantes. Construit au travers de deux séquences dronatiques, affectant parfois et à distance conséquente, un rappel à une illusoire réalité, "Lichway" inventorie notre capacité autosuggestive, nos traces fantomatiques d'humanité.

Désormais sous influence et/ou contrôle, "Erasing purity in one form" officie en toute obscure plénitude. Amplitude phonique souveraine, continuum expansif à la polychromie aussi ténébreuse que mouvante, ce track ne vous laisse aucune hypothèse de répit. Dorénavant, plus aucun doute, ces buried vestiges sont à manipuler avec prudence, certes, mais sans l'abjecte modération.

thierry massard / 25 août 2022 - 12:43

buried vestiges
Post Doom Romance
Brent Gutzeit

Epicenter conducive to the careful observation of listed phenomena, or less, the state of Illinois is dotted with winding roads, which intersect. Stupid observation to say the least, if it didn't offer the happy opportunity of meetings as intensely fusional as that of Post Doom Romance (Seah + Mykel Boyd) with Brent Gutzeit, for these Buried Vestiges, 90th reference of the enriching label of Gutzeit, JMY.

Dark purpose, on the surface, immediate engulfment is in order, which leaves you struggling with a sonic bewitchment as addictive as it is powerful (Lichway). Malevolent soundscapes rather unsavory for the most fragile, the fullness of an invasive and opaque mist, the beginning of the frost of a desolation of suffering souls. Constructed through two dronatic sequences, sometimes affecting and at a substantial distance, reminder of an illusory reality, "Lichway" inventories our autosuggestive capacity, our ghostly traces of humanity.

Now under influence and/or control, "Erasing purity in one form" officiates in all obscure plenitude. Sovereign phonic amplitude, expansive continuum with polychromy as dark as moving, this track leaves you with no respite. From now on, there is no longer any doubt that these buried vestiges must be handled with caution, of course, but without that abject moderation.

el TiGeR CoMiCS GRoUP :: after


Personnalité ô combien singulière, Nicolas Germain aka TCGR est le fruit d'un biberonnage et d'une pratique intensive d'un temps où la riante Normandie (région française) , la ville de Caen en particulier, pouvaient se targuer de nourrir la plus vibrante quintessence des musiques obscures, à l'aune d'une référence universelle absolue, Déficit Des Années Antérieures, et les productions exemplaires de son label iconoclaste, Illusion Production
Un temps perfidement oublié du plus grand nombre, mais assurément pas par les plus éminents historiens de l'ombre.

Talentueusement efficient pour le compte de multiples collaborations récentes et (toujours) épatantes ( PEST MODERN, Emmanuel ou Joël Hubaut, 3W Electron Tube, pour ne citer qu'eux) TGCR a, toutefois, toujours maintenu (conjugué au passé ou au présent de l'infinitif) le cap d'une production délicieusement sérieuse et foutraque à souhait (JuJu-art show). 
Dire, après cela, que les feux de la rampe s'impatientent, à briller de mille diodes, c'est évidemment mal connaître un artiste, qui cultive, avec certitude et intelligence, l'art savant d'une discrétion, réservée uniquement au cercle restreint des happy few. 
Fidèle à ce souhait discrétionnaire, nous n'évoquerons donc pas l'année 2020, et la production modulaire de 4 albums (Here, Now, There, Out) axiomes d'une fragile linéarité granulaire et polymorphe.

Contrepoint d'une synthèse, parfaitement maitrisée, AFTER libère et instille la préalable gravité (sunny 1) nécessaire à toute rupture monotonique. Staccato convulsif, "Again" déclare ouvert l'hostile batifolage séquentiel d'un éveil capricieux, mécanique. Confusion des sens, "Escape", tient sa promesse titulaire mais, le temps d'une décision sans retour en est très certainement le corollaire. 
Figure centrale d'un édifice sonore sans aucune complaisance, "Inside", entreprend une sombre (pélagique) plongée en eaux très obscures et ce ne sera pas le tintement graduel de "Near" qui puisse redonner un quelconque espoir de délivrance - Un gouffre béant - "On" n'a d'autre occurence qu'une privation vitale, l'ankylose ultime et définitive de tout auditeur. 
Fort heureusement, et ouvrant une nouvelle séquence, Run redonne un fugace espoir, celui d'une ondulation répétitive, un gazouillis prometteur, une accélération sous contrôle méthodique et contrainte. 
Classicisme apparent, "Sunny 2" rappelle soudainement quelques images ensevelies, parfum et rêves de tangerine d'antan, en parfaite ascèse, minimalisme d'opportune rigueur. 
Cloturant momentanément un AFTER, préambule d'incertitudes, Waiting adopte une chronophagie mélodique perturbée, oscillation vagabonde, émiettement vacillant, résumé abstrait, filigrane d'un resserrement de toute sentimentalité. Défiant, el TiGeR CoMiCS GRoUp ne laisse rien au hasard, nous en sommes désormais quasi avertis.

thierry massard / 22 août 2022 - 18:54

after

An oh so singular personality, Nicolas Germain aka TCGR is the fruit of a booze feeding and an intensive practice at a time when the pleasant Normandy (French region) , the city of Caen in particular, could pride themselves on nourishing the most vibrant quintessence obscure music, in the light of an absolute universal reference, Déficit Des Années Antérieures, and the exemplary productions from its iconoclastic label, Illusion Production. A time treacherously forgotten by most people, but certainly not by the most eminent shadow historians.

Talentedly efficient on behalf of multiple recent and (always) amazing collaborations (PEST MODERN, Emmanuel or Joël Hubaut, 3W Electron Tube, to name but a few) TGCR has, however, always maintained (conjugated in the past or present of the infinitive) the cap of a deliciously serious and crazy production (JuJu-art shows). To say, after that, that the limelight grows impatient, to shine with a thousand diodes, is obviously to misunderstand an artist, who cultivates, with certainty and intelligence, the scholarly art of a discretion reserved solely for the inner circle of happy few. Faithful to this discretionary wish, we will therefore not evoke the year 2020, and the modular production of 4 more than significant albums (Here, Now, There, Out) axioms of a fragile granular and polymorphic linearity.

Counterpoint to a synthesis, perfectly mastered, AFTER releases and instills the preliminary gravity (Sunny 1) necessary for any monotonic break. Convulsive staccato, "Again" declares open the hostile sequential frolic of a capricious, mechanical awakening. Confusion of the senses, "Escape", keeps its titular promise but, the time of a decision without return is most certainly the corollary.
Central figure of a sound edifice without any complacency, "Inside", undertakes a dark (pelagic) plunge into very dark waters and it will not be the gradual tinkling of Near that can restore any hope of deliverance - A yawning chasm - "On" has no other occurrence than a vital deprivation, the ultimate and definitive ankylosis of any listener. 
Fortunately, and opening a new sequence, "Run" restores a fleeting hope, that of a repetitive undulation, a promising chirping, an acceleration under methodical and constrained control.
Apparent classicism, "Sunny 2" suddenly recalls a few buried images, perfume and dreams of tangerines of yesteryear, in perfect asceticism, minimalism of opportune rigour.
Momentarily closing an AFTER, preamble of uncertainties, "Waiting" adopts a disturbed melodic chronophagy, wandering oscillation, wavering crumbling, abstract summary, watermark of a tightening of all sentimentality. Defiant, el TiGeR CoMiCS GRoUp leaves nothing to chance, we are almost now warned.

Lisa Pung :: BB's in the box + [rmx CHRISTO]

Si l'histoire commence par un rendez-vous manqué, en des lieux dévastés, avec l'éponyme et incandescent [lisa pung], sorti en covid-2.0, et vivement recommandé, il fallait la torride torpeur estivale, pour rebondir avec l'urgence, avec laquelle on bascule, sans retenue, dans les bras de cette BB emboxée. Lyrics novörock et aiguisés de Guillaume Mazel, samplings et rythmique thermonucléaire (post-hivernaux) de Chöd et vocaux pré-frontaux (cortex) assaillants de Sandie Trash, un trio infernal pour une formulation laborantine imparable. L'épopée et les exactions possibles de BB's in the box sont désormais en rotation satellitaire, à l'instar d'un remix de synthèse et tentaculaire de Christo. Une astringence vitale pour sombres dancefloors et une boite de Pandore à ouvrir de toute urgence !

thierry massard / 19 août 2022 - 15:50

BB's in the box
BB's in the box / rmx Christo

Lisa Pung

If the story begins with a missed rendez-vous, in devastated places, with the eponymous and incandescent [lisa pung], released in covid-2.0, and highly recommended, it took the torrid summer torpor, to bounce back with the urgency, with which we switch, without restraint, into the arms of this boxed BB. novörock and sharp lyrics by Guillaume Mazel, samplings and post-winter thermonuclear rhythms by Chöd and attacking pre-frontal (cortex) vocals by Sandie Trash, an infernal trio for an unstoppable laboratory formulation. The epic and possible exactions of BB's in the box are are now in satellite rotation, as this synthetic and sprawling remix of Christo. A vital astringency for dark dancefloors and a BB's Pandora's box to open urgently!

Radio Interference From Unknown Orgasm

 


Aussi inconnu qu'il soit, c'en est un, et non des moindres !

À l'instar de l'exigent label, Somnimage, de Bradley (Illinois) qui vient d'avoir la riche idée estivale de cette réédition numérique et réhaussée, Radio Interference From Unknown Orgasm, sorti initialement en janvier 2007, donne à entrapercevoir les talents composites de 6 figures marquantes, acteurs incontournables d'une expérimentation sonore (et pas que) couvrant quelques décennies, dont nous tairons le nombre, par pure mesure de galanterie. Prémices de réjouissantes turgescences, RIFUO possèdent des clés, que les plus novices de nos lecteurs (vous?), ne tarderons pas à utiliser, avec la promesse qui leur est faite, qu'ils puissent découvrir de nouveaux territoires d'investigation et, en outre, quelques somptueuses et précieuses excavations.

S'il est délicat de singulariser, en seulement quelques lignes, chacune des contributions exceptionnelles de cette compilation interférente, nous ne pouvons, évidement, faire l'impasse pour le travail épatant de Val Denham, auteur.e des illustrations du fascicule (et de quatre mémorables titres), jalon historique et iconographique prestigieux.

Mykel Boyd, instigateur et éminent participant, peut et doit se réjouir de nous offrir une pareille aubaine, ouvrage introductif pour certains, autant qu'une véritable cure de rejuvance pour les autres, et votre serviteur.

thierry massard / 17 août 2022 - 09:38

Somnimage / bandcamp
Somnimage / website

As unknown as it is, it is one, and not the least!

Following the example of the demanding label, Somnimage, of Bradley (Illinois) which has just had the rich summer idea of ​​this digital and enhanced reissue, Radio Interference From Unknown Orgasm, initially released in January 2007, gives a glimpse of the talents composites of 6 outstanding figures, essential actors of sound experimentation (and not only) covering a few decades, of which we will not mention the number, for pure measure of gallantry. Beginnings of delightful turgidities, RIFUO possesses keys that the most novice of our readers (you?) will soon use, with the promise made to them, that they can discover new areas of investigation and, in besides, some sumptuous et precious excavations.

If it is difficult to single out, in just a few lines, each of the exceptional contributions of this interfering compilation, we obviously cannot ignore the amazing work of Val Denham, author of the illustrations of the booklet (and of four memorable titles), a prestigious historical and iconographic milestone.

Mykel Boyd, instigator and eminent participant, can and should be delighted to offer us such a godsend, an introductory work for some, as much as a real rejuvenation cure for others, and yours truly.

Mykel Boyd / discogs
Val Denham / theQuestionnaire / nocoVision - feb 2020
Black Sun Productions / discogs
Merzbow / discogs
Wyrm / discogs

 

チェスマスター :: TOKYO AUDIO 4000


Quelle charmante échope, se fut, lors de son ouverture. Couleurs chatoyantes et sucrées, sourire accueillant du patron, David Russo, excellent système audio, distillant avec souplesse, la bande son d'un monde, certes imparfait, mais avec toute la grâce nécessaire. Nous nous y sommes délectés, toujours avec élégance (of the damned), des bienfaits d'un juste équilibre, accord parfait entre nos fastidieuses tâches quotidiennes, nos conversations, nos rires et parfois, même, la faveur de quelques pièces maitresses, millésimées (2814) exotisme débonnaire. Un catalogue de rêves, en HD, pour une entreprise promise au firmament du genre, sinon à son leadership immédiat.

Routine, cadences industrielles, lassitude, Toyotisme musical, les jours et les mois se succédant, et bien que toujours polis, les sourires devinrent moins lumineux, les oreilles agacées, la crispation fit son apparition. Tragique désillusion, que cette course éffrénée vers la lumière, quand on sait, qu'un jour ou l'autre, il faut changer les ampoules, ou profiter, à nouveau, de la magie de l'obscurité.

thierry massard / 16 août 2022 - 09:32

TOKYO AUDIO 4000
Dream Catalogue / nocoVision

What a charming shop, it was, when it opened. Shimmering and sweet colors, welcoming smile from the owner, David Russo, excellent audio system, distilling with flexibility, the soundtrack of a world, certainly imperfect, but with all the necessary grace. We reveled in it, always with elegance (of the damned), the benefits of a fair balance, a perfect harmony between our tedious daily tasks, our conversations, laughter and sometimes, even, the favor of a few master pieces, vintage ( 2814) debonair exoticism. A catalog of dreams, in HD, for a company destined to the firmament of the genre, if not to its immediate leadership.

Routine, industrial rhythms, weariness, musical Toyotism, the days and the months following one another, and although always polite, the smiles became less bright, the ears annoyed, the tension made its appearance. Tragic disillusion, this frantic race towards the light, when we know that one day or another, we must change the light bulbs, or take advantage, again, of the magic of darkness.

Gintas K :: mountains, runlets, caves & cascades

Le silence qui précéda l'impatiente écoute et (ardente) découverte des mountains, runlets, caves & cascades de Gintas Kraptavičius, était évidement nécessaire - Nous en étions conscients, de cette même attention, de ceux qui savent que chaque pas est peut-être l'ultime. Un silence rompu comme un sombre rideau que l'on lève sur une étrange aventure. Parfum inquiétant pour celles et ceux qui auront préalablement lu les citations, de l'homme de Providence, qui étayent l'ouvrage. Solitude abscons, densité sonore anxieuse, aucun repère apparent sinon sa propre lucidité (#2) et l'écho peu rassurant de celle-ci. 

Parcourir ces evanescents monstres de pierres, tortueux torrents mentaux, anfractuosités saillantes, n'est évidement pas de tout repos. Triomphant de toute autosuggestion, Gintas K fait mouche. Expressionniste mutant embrasant les esprits, se jouant avec recul et dextérité de nos frontières cérébrales, malmenant un imaginaire immédiatement mis en déroute, le lithuanien maintient, toutefois, une distance plus que raisonnable, avec son auditeur - Langage mutique. Abstraction confondante et pourtant matériellement concrète, les mountains... se fichent du "désordre des sens" que tant d'autres, aiment à vénérer. Ici, tout est bien solide, charnel, définitivement réel et les "eastern bells" qui cloturent ce magnifique ouvrage, sont bien là pour, fort savamment, en témoigner - Remarquable !

thierry massard / 15 août 2022 - 17:45

◉ mountains, runlets, caves & cascades
Gintas K / nocoVision - Gintas Kraptavičius / theQuestionnaire

Gintas K

The silence that preceded the impatient listening and (ardent) discovery of the mountains, runlets, caves & cascades of Gintas Kraptavičius, was obviously necessary - We were aware of it, even of this consciousness of those who know that each step is perhaps the ultimate . A broken silence like a dark curtain that is raised on a strange adventure. Disturbing scent for those who have previously read the quotations, from the man of Providence, which support the release. Abstruse loneliness, anxious sound density, no apparent landmark except our own lucidity (#2) and the not very reassuring echo of it.

Running through these evanescent stone monsters, tortuous mental torrents, salient crevices, is obviously not easy. Triumphing over any autosuggestion, Gintas K hits the mark. Mutant expressionist igniting the spirits, playing with hindsight and dexterity of our cerebral borders, manhandling an imagination immediately put to rout, the Lithuanian maintains, however, a more than reasonable distance with his listener - Mute language. A confusing and yet materially concrete abstraction, the mountains... don't care about the "disorder of the senses" that so many others love to venerate. Here, everything is very solid, carnal, definitively real and the "eastern bells" which close this magnificent work, are there to, very cleverly, testify of it - Remarkable!


artwork by Indra Kraptavičiūtė

Brother Omniscient :: brother omniscient

 

Aube radieuse en Eurasia ? Vacuité des choses ... Dire pourquoi est probablement est un exercice difficile. Un simple et magnifique constat d'évidence. Interroger les raisons a ceci de remarquable, qu'il ne fait aucun doute que ce ne soit sans aucun intérêt. Nul besoin de textes (hum) superfétatoires, parfaites digressions insipides ou avisées. Cet album éponyme s'impose, sans qu'il ne nécessite ni soutien critique trituré, ni plus d'explication. Brother Omniscient est tout simplement une réalisation touchée par la grâce, quant à savoir pourquoi ... 

Si cette voix lézardeuse semble avoir plus d'un tour dans sa besace, à l'instar d'une précédente et brillante réalisation ( The Seth Foundation ) il est possible d'envisager le futur avec la tranquilité (omnisciente) d'un cheminement sans embûches. Nous vous avions averti en préambule, et logiquement, vous savez désormais ce qu'il vous reste à faire. Nous en sommes heureux pour vous et assurément pour nous aussi.

thierry massard / 10 août 2022 - 10:13

Brother Omniscient

Radiant dawn in Eurasia ? Emptiness of things... Saying why is probably a difficult exercise. A simple and magnificent statement of evidence. Questioning the reasons is remarkable in that there is no doubt that it is without any interest. No need for (ahem) superfluous texts, perfect insipid or wise digressions. This eponymous album imposes itself, without it requiring neither crushed critical support, nor more explanation. Brother Omniscient is simply a grace-touched realization as to why...

If this lizardous voice seems to have more than one trick up its sleeve, like a previous and brilliant release (The Seth Foundation), it is possible to now envisage the future with the (omniscient) tranquility of a journey without pitfalls. We warned you in the preamble, and logically, you know what you have to do. We are happy for you and certainly for us too.

Niteffect :: fool's god EP


Sortie physique pressentie sur un label russe, ce nouvel EP du hongrois devait l'être, un dément et sa vision d'un pseudo empire en a décidé autrement, puisque les responsables du label se sont évaporés dans la nature. Nature que nous espérons plus accueillante pour eux que le kremlin-torium. 

Demeure ce fruit de l'été 2022, que nous savourons à pleine dent, à l'instar du brillant "half empty half full", en remerciant chaleureusement,  Niteffect, pour la qualité, jamais démentie, d'une production exemplaire et ô combien essentielle.

thierry massard / 4 aout 2022 - 18:45

◉ Niteffect / nocoVision

Physical release anticipated on a Russian label, this new EP from the Hungarian had to be, a lunatic and his vision of a pseudo empire decided otherwise, since those responsible for the label have evaporated into the nature. A nature that we hope is more welcoming for them than the kremlin-torium. 

Remain this fruit of the summer of 2022, which we savor to the full, like the brilliant "half empty half full", warmly thanking, Niteffect, for the quality, never denied, of an exemplary production and oh so essential.

Phoenelai :: the station

Aussi discret et silencieux, qu'il soit, Pizo Meyer (aka Phoenelai) demeure un artiste complet. Investi dans de très nombreuses galaxies visuelles, émule de Hans Ruedi Giger, Meyer est désormais un plasticien et illustrateur de premier plan, qui franchit régulièrement le rubicon en trampoline. S'il faut, pour les moins aguerris, d'entre-nous, évoquer quelques références définitives, il est très probable que son Tribute à THX 1138, du Georgie-boy, datant de 2004, en constitue l'une des preuves irréfutables.

Reste que l'homme de Houston, est autant parcimonieux que talentueux. L'attente fut longue (une dizaine d'années ...) , mais le réveil notable et récent, à l'orée d'une première collaboration avec son fils, Myles Meyer, laissait entrevoir la jubilatoire actualité qui nous réunit présentement - Convenons que nous avons été patients, la récompense est d'autant meilleure et amplement méritée.

Exercice, ô combien délicat que celui d'un retour en grâce, c'est donc très prudemment que nous franchissons le seuil de cette Station, incarnation immédiate d'un no man's land, traversé par des tourments inconnus et le tumultueux echo de voyageurs fantomatiques. Espace résonnant aux sombres contours indéfinis et parfois (très) inquiétants, cette station invite à la prévoyance, illusoire précaution face au danger d'un vantablack, que seules quelques notes d'un piano suspendu, traversent. Le voyage sera aussi mouvementé que prometteur de sensations ultimes. Nous approchons le bord d'un quai mystérieux, nourris du secret espoir que l'expédition ne s'arrête pas à cette seule et unique Station. Le silence fut notre pire cauchemar.

thierry massard / 1er août 2022 - 12:35

the station

◉ Phoenelai / in nocoVision
Tribute to THX1138

As discreet and silent as he is, Pizo Meyer (aka Phoenelai) remains a complete artist. Invested in many visual galaxies, emulator of Hans Ruedi Giger, Meyer is now a leading visual artist and illustrator, who regularly crosses the Rubicon on a trampoline. If it is necessary, for the less seasoned among us, to evoke a few definitive references, it is very likely that his Tribute to THX 1138, of the Georgie-boy, dating from 2004, constitutes one of the irrefutable proofs.

Still, the man from Houston is as parsimonious as he is talented. The wait was long (about ten years...), but the noticeable and recent awakening, at the start of a first collaboration with his son, Myles Meyer, gave a glimpse of the jubilant news that brings us together - Let's agree that we have been patient, the reward is all the better and amply deserved.

Exercise, oh so delicate as that of a return to grace, it is therefore very cautious that we cross the threshold of that Station, the immediate incarnation of a no man's land, crossed by unknown torments and the tumultuous echo of ghostly travelers . A resonant space with dark, indefinite and sometimes (very) disturbing contours, this station calls for foresight, an illusory precaution in the face of the danger of a vantablack, which only a few notes from a suspended piano can cross. The journey will be as eventful as it promises ultimate sensations. We now approach the edge of a mysterious quay, nurtured by the secret hope that the expedition does not stop at this one and unique Station. Silence was our worst nightmare.

Nirvana :: nevermind - 30th Anniversary



Souffler les bougies ... ou pas.

Nul besoin de disserter longuement sur un disque pour lequel tout a été dit, écrit, vu, archi-entendu, scanné par la justice, Nevermind et, au delà, son géniteur, le groupe Nirvana, sont et demeurent l'attraction "rock" numéro un, de celles et ceux, qui ont grandis dans les années 90, amateurs novices de musique, dont la vision prospective, s'arrêtera toujours aux seules, têtes de gondole - Les autres, plus aguerris, n'ayant pas à rougir, d'avoir apprécié un produit de la machine à paillettes, parfaitement conforme et certifié comme tel.

Ni meilleur, ou pire qu'un autre, Nevermind n'est, somme toute, qu'un simple disque de punk rock, produit par une Major, aux visées avant tout, logiquement commerciales, comme il en existe tant, l'histoire est bien là, pour en attester.

Reste une énigme, et la cohorte d'un triste constat, celui que l'on peut faire en regardant les performances de cette édition célébrant le trentième anniversaire, en cet été 2022. Immédiatement Numéro un des ventes, dans de très nombreux pays ... Si, d'aventure, l'on pousse l'investigation, on apprend que la deuxième marche du podium de la planche à billets, est tenue par un "Best of" frelaté de ... Queen.

C'est, peut-être, ici que commence une autre histoire. Celle du naufrage d'une époque grise, confinée de conformisme, pétrifiée, aveugle et répulsive à tout instinct ou esprit de nouveauté. Être musicien, de surcroit expérimentateur, en 2022, est bel et bien devenu un oxymore et une sinécure. Nul besoin de re-disserter longuement, le choix est devenu également très simple, assister incrédule à l'enterrement d'une passion dévorante en célébrant un énième anniversaire, ou s'armer du délicieux frisson de courage, réservé uniquement à celles et ceux qui poussent de nouvelles portes - Nous avons choisi.

thierry massard / 27 juillet 2022 - 12:06

blow out the candles ... or not !

No need to dwell at length on an album for which everything has been said, written, seen, overheard, scanned by justice, Nevermind and, beyond that, its parents, the band Nirvana, are and remain the number one "rock" attraction for those who grew up in the 90s, novice music lovers, whose forward-looking vision will always stop at the only ones, supermarket gondola heads - The others, more seasoned, need not be ashamed, to have appreciated a product from the sequin machine, perfectly compliant and certified as such.

Neither better nor worse than another, Nevermind is, after all, just a simple punk rock record, produced by a Major, with aims, above all and, logically commercial, as there are so many, the history is there to prove it.

There remains an enigma, and the cohort of a sad observation, the one that can be made by watching the performances of this edition celebrating the thirtieth anniversary, in this summer of 2022. Immediately Number One sales, in many countries ... If, by chance, we push the investigation, we learn that the second step of the money printing podium, is held by an adulterated "Best of" ... Queen .

This is, perhaps, where another story begins. That of the shipwreck of a gray era, confined to conformism, petrified, blind and repulsive to any instinct or spirit of novelty. Being a musician, moreover an experimenter, in 2022 has indeed become an oxymoron and a sinecure. No need to re-discuss at length, the choice has also become very simple, to attend in disbelief the burial of a devouring passion while celebrating yet another anniversary, or arm yourself with the delicious thrill of courage, reserved only for those who push new doors - We have chosen.

Kode9 :: escapology

 


Tout est dans le titre, le reste est de votre unique ressort et assentiment, ou pas.

thierry massard / 16 juillet 2°22

Everything is in the title, the rest is your sole responsibility and consent, or not.

escapology


Jawhinge :: s/t

 

Coup de maître pour Jawhinge, aka Georgi Durankiev, et ce tout premier opus réalisé conjointement par Mahorka & AEON tapes. Un premier rendez-vous bulgare où sont convoqués, dans le même shaker, quelques-unes des chapelles, parmi les plus significativement représentatives de la musique électronique.

Sans distingo particulier, ni faux-semblants, sinon l'intention louable de correspondre aux impérieuses nécessités d'une existence prétendument ordinaire. Voici une Emulsion singulièrement fascinante. Jawhinge, emprunte, triture et malaxe, les contraintes et les vicissitudes de genres musicaux dominants ou désormais désuets, aux seules fins d'un storytelling personnel et aussi enthousiasmant, que peuvent être ces instants de liberté totale où nous souhaitons, simultanément, vivre les choses en complète et parfaite exhaustivité - Un paradigme sonore pour iconoclastes, et pour les bâtisseurs en quête d'un autre après-demain.

thierry massard / 9 juillet 2022 - 12:59

Jawhinge s/t - mahorka

Jawhinge music / linktree

Masterstroke for Jawhinge, aka Georgi Durankiev, and this very first opus produced jointly by Mahorka & AEON tapes. A first Bulgarian meeting where some of the most significant representatives of electronic music are brought together in the same shaker.

Without particular distinction, nor pretense, if not the laudable intention to correspond to the imperious necessities of a supposedly ordinary existence, here is a singularly fascinating Emulsion. Jawhinge, borrows, grinds and kneads the constraints and vicissitudes of dominant or now obsolete musical genres, for the sole purpose of a personal storytelling and as exciting as these moments of total freedom can be when we wish, simultaneously, to experience things in complete and perfect completeness - A sound paradigm for iconoclasts, and for builders in search of another day after tomorrow.