Gintas K :: mountains, runlets, caves & cascades

Le silence qui précéda l'impatiente écoute et (ardente) découverte des mountains, runlets, caves & cascades de Gintas Kraptavičius, était évidement nécessaire - Nous en étions conscients, de cette même attention, de ceux qui savent que chaque pas est peut-être l'ultime. Un silence rompu comme un sombre rideau que l'on lève sur une étrange aventure. Parfum inquiétant pour celles et ceux qui auront préalablement lu les citations, de l'homme de Providence, qui étayent l'ouvrage. Solitude abscons, densité sonore anxieuse, aucun repère apparent sinon sa propre lucidité (#2) et l'écho peu rassurant de celle-ci. 

Parcourir ces evanescents monstres de pierres, tortueux torrents mentaux, anfractuosités saillantes, n'est évidement pas de tout repos. Triomphant de toute autosuggestion, Gintas K fait mouche. Expressionniste mutant embrasant les esprits, se jouant avec recul et dextérité de nos frontières cérébrales, malmenant un imaginaire immédiatement mis en déroute, le lithuanien maintient, toutefois, une distance plus que raisonnable, avec son auditeur - Langage mutique. Abstraction confondante et pourtant matériellement concrète, les mountains... se fichent du "désordre des sens" que tant d'autres, aiment à vénérer. Ici, tout est bien solide, charnel, définitivement réel et les "eastern bells" qui cloturent ce magnifique ouvrage, sont bien là pour, fort savamment, en témoigner - Remarquable !

thierry massard / 15 août 2022 - 17:45

◉ mountains, runlets, caves & cascades
Gintas K / nocoVision

Gintas K

The silence that preceded the impatient listening and (ardent) discovery of the mountains, runlets, caves & cascades of Gintas Kraptavičius, was obviously necessary - We were aware of it, even of this consciousness of those who know that each step is perhaps the ultimate . A broken silence like a dark curtain that is raised on a strange adventure. Disturbing scent for those who have previously read the quotations, from the man of Providence, which support the release. Abstruse loneliness, anxious sound density, no apparent landmark except our own lucidity (#2) and the not very reassuring echo of it.

Running through these evanescent stone monsters, tortuous mental torrents, salient crevices, is obviously not easy. Triumphing over any autosuggestion, Gintas K hits the mark. Mutant expressionist igniting the spirits, playing with hindsight and dexterity of our cerebral borders, manhandling an imagination immediately put to rout, the Lithuanian maintains, however, a more than reasonable distance with his listener - Mute language. A confusing and yet materially concrete abstraction, the mountains... don't care about the "disorder of the senses" that so many others love to venerate. Here, everything is very solid, carnal, definitively real and the "eastern bells" which close this magnificent work, are there to, very cleverly, testify of it - Remarkable!



Brother Omniscient :: brother omniscient

 

Aube radieuse en Eurasia ? Vacuité des choses ... Dire pourquoi est probablement est un exercice difficile. Un simple et magnifique constat d'évidence. Interroger les raisons a ceci de remarquable, qu'il ne fait aucun doute que ce ne soit sans aucun intérêt. Nul besoin de textes (hum) superfétatoires, parfaites digressions insipides ou avisées. Cet album éponyme s'impose, sans qu'il ne nécessite ni soutien critique trituré, ni plus d'explication. Brother Omniscient est tout simplement une réalisation touchée par la grâce, quant à savoir pourquoi ... 

Si cette voix lézardeuse semble avoir plus d'un tour dans sa besace, à l'instar d'une précédente et brillante réalisation ( The Seth Foundation ) il est possible d'envisager le futur avec la tranquilité (omnisciente) d'un cheminement sans embûches. Nous vous avions averti en préambule, et logiquement, vous savez désormais ce qu'il vous reste à faire. Nous en sommes heureux pour vous et assurément pour nous aussi.

thierry massard / 10 août 2022 - 10:13

Brother Omniscient

Radiant dawn in Eurasia ? Emptiness of things... Saying why is probably a difficult exercise. A simple and magnificent statement of evidence. Questioning the reasons is remarkable in that there is no doubt that it is without any interest. No need for (ahem) superfluous texts, perfect insipid or wise digressions. This eponymous album imposes itself, without it requiring neither crushed critical support, nor more explanation. Brother Omniscient is simply a grace-touched realization as to why...

If this lizardous voice seems to have more than one trick up its sleeve, like a previous and brilliant release (The Seth Foundation), it is possible to now envisage the future with the (omniscient) tranquility of a journey without pitfalls. We warned you in the preamble, and logically, you know what you have to do. We are happy for you and certainly for us too.

Niteffect :: fool's god EP


Sortie physique pressentie sur un label russe, ce nouvel EP du hongrois devait l'être, un dément et sa vision d'un pseudo empire en a décidé autrement, puisque les responsables du label se sont évaporés dans la nature. Nature que nous espérons plus accueillante pour eux que le kremlin-torium. 

Demeure ce fruit de l'été 2022, que nous savourons à pleine dent, à l'instar du brillant "half empty half full", en remerciant chaleureusement,  Niteffect, pour la qualité, jamais démentie, d'une production exemplaire et ô combien essentielle.

thierry massard / 4 aout 2022 - 18:45

◉ Niteffect / nocoVision

Physical release anticipated on a Russian label, this new EP from the Hungarian had to be, a lunatic and his vision of a pseudo empire decided otherwise, since those responsible for the label have evaporated into the nature. A nature that we hope is more welcoming for them than the kremlin-torium. 

Remain this fruit of the summer of 2022, which we savor to the full, like the brilliant "half empty half full", warmly thanking, Niteffect, for the quality, never denied, of an exemplary production and oh so essential.

 

Phoenelai :: the station

Aussi discret et silencieux, qu'il soit, Pizo Meyer (aka Phoenelai) demeure un artiste complet. Investi dans de très nombreuses galaxies visuelles, émule de Hans Ruedi Giger, Meyer est désormais un plasticien et illustrateur de premier plan, qui franchit régulièrement le rubicon en trampoline. S'il faut, pour les moins aguerris, d'entre-nous, évoquer quelques références définitives, il est très probable que son Tribute à THX 1138, du Georgie-boy, datant de 2004, en constitue l'une des preuves irréfutables.

Reste que l'homme de Houston, est autant parcimonieux que talentueux. L'attente fut longue (une dizaine d'années ...) , mais le réveil notable et récent, à l'orée d'une première collaboration avec son fils, Myles Meyer, laissait entrevoir la jubilatoire actualité qui nous réunit présentement - Convenons que nous avons été patients, la récompense est d'autant meilleure et amplement méritée.

Exercice, ô combien délicat que celui d'un retour en grâce, c'est donc très prudemment que nous franchissons le seuil de cette Station, incarnation immédiate d'un no man's land, traversé par des tourments inconnus et le tumultueux echo de voyageurs fantomatiques. Espace résonnant aux sombres contours indéfinis et parfois (très) inquiétants, cette station invite à la prévoyance, illusoire précaution face au danger d'un vantablack, que seules quelques notes d'un piano suspendu, traversent. Le voyage sera aussi mouvementé que prometteur de sensations ultimes. Nous approchons le bord d'un quai mystérieux, nourris du secret espoir que l'expédition ne s'arrête pas à cette seule et unique Station. Le silence fut notre pire cauchemar.

thierry massard / 1er août 2022 - 12:35

the station

◉ Phoenelai / in nocoVision
Tribute to THX1138

As discreet and silent as he is, Pizo Meyer (aka Phoenelai) remains a complete artist. Invested in many visual galaxies, emulator of Hans Ruedi Giger, Meyer is now a leading visual artist and illustrator, who regularly crosses the Rubicon on a trampoline. If it is necessary, for the less seasoned among us, to evoke a few definitive references, it is very likely that his Tribute to THX 1138, of the Georgie-boy, dating from 2004, constitutes one of the irrefutable proofs.

Still, the man from Houston is as parsimonious as he is talented. The wait was long (about ten years...), but the noticeable and recent awakening, at the start of a first collaboration with his son, Myles Meyer, gave a glimpse of the jubilant news that brings us together - Let's agree that we have been patient, the reward is all the better and amply deserved.

Exercise, oh so delicate as that of a return to grace, it is therefore very cautious that we cross the threshold of that Station, the immediate incarnation of a no man's land, crossed by unknown torments and the tumultuous echo of ghostly travelers . A resonant space with dark, indefinite and sometimes (very) disturbing contours, this station calls for foresight, an illusory precaution in the face of the danger of a vantablack, which only a few notes from a suspended piano can cross. The journey will be as eventful as it promises ultimate sensations. We now approach the edge of a mysterious quay, nurtured by the secret hope that the expedition does not stop at this one and unique Station. Silence was our worst nightmare.

Nirvana :: nevermind - 30th Anniversary



Souffler les bougies ... ou pas.

Nul besoin de disserter longuement sur un disque pour lequel tout a été dit, écrit, vu, archi-entendu, scanné par la justice, Nevermind et, au delà, son géniteur, le groupe Nirvana, sont et demeurent l'attraction "rock" numéro un, de celles et ceux, qui ont grandis dans les années 90, amateurs novices de musique, dont la vision prospective, s'arrêtera toujours aux seules, têtes de gondole - Les autres, plus aguerris, n'ayant pas à rougir, d'avoir apprécié un produit de la machine à paillettes, parfaitement conforme et certifié comme tel.

Ni meilleur, ou pire qu'un autre, Nevermind n'est, somme toute, qu'un simple disque de punk rock, produit par une Major, aux visées avant tout, logiquement commerciales, comme il en existe tant, l'histoire est bien là, pour en attester.

Reste une énigme, et la cohorte d'un triste constat, celui que l'on peut faire en regardant les performances de cette édition célébrant le trentième anniversaire, en cet été 2022. Immédiatement Numéro un des ventes, dans de très nombreux pays ... Si, d'aventure, l'on pousse l'investigation, on apprend que la deuxième marche du podium de la planche à billets, est tenue par un "Best of" frelaté de ... Queen.

C'est, peut-être, ici que commence une autre histoire. Celle du naufrage d'une époque grise, confinée de conformisme, pétrifiée, aveugle et répulsive à tout instinct ou esprit de nouveauté. Être musicien, de surcroit expérimentateur, en 2022, est bel et bien devenu un oxymore et une sinécure. Nul besoin de re-disserter longuement, le choix est devenu également très simple, assister incrédule à l'enterrement d'une passion dévorante en célébrant un énième anniversaire, ou s'armer du délicieux frisson de courage, réservé uniquement à celles et ceux qui poussent de nouvelles portes - Nous avons choisi.

thierry massard / 27 juillet 2022 - 12:06

blow out the candles ... or not !

No need to dwell at length on an album for which everything has been said, written, seen, overheard, scanned by justice, Nevermind and, beyond that, its parents, the band Nirvana, are and remain the number one "rock" attraction for those who grew up in the 90s, novice music lovers, whose forward-looking vision will always stop at the only ones, supermarket gondola heads - The others, more seasoned, need not be ashamed, to have appreciated a product from the sequin machine, perfectly compliant and certified as such.

Neither better nor worse than another, Nevermind is, after all, just a simple punk rock record, produced by a Major, with aims, above all and, logically commercial, as there are so many, the history is there to prove it.

There remains an enigma, and the cohort of a sad observation, the one that can be made by watching the performances of this edition celebrating the thirtieth anniversary, in this summer of 2022. Immediately Number One sales, in many countries ... If, by chance, we push the investigation, we learn that the second step of the money printing podium, is held by an adulterated "Best of" ... Queen .

This is, perhaps, where another story begins. That of the shipwreck of a gray era, confined to conformism, petrified, blind and repulsive to any instinct or spirit of novelty. Being a musician, moreover an experimenter, in 2022 has indeed become an oxymoron and a sinecure. No need to re-discuss at length, the choice has also become very simple, to attend in disbelief the burial of a devouring passion while celebrating yet another anniversary, or arm yourself with the delicious thrill of courage, reserved only for those who push new doors - We have chosen.

Kode9 :: escapology

 


Tout est dans le titre, le reste est de votre unique ressort et assentiment, ou pas.

thierry massard / 16 juillet 2°22

Everything is in the title, the rest is your sole responsibility and consent, or not.

escapology


Jawhinge :: s/t

 

Coup de maître pour Jawhinge, aka Georgi Durankiev, et ce tout premier opus réalisé conjointement par Mahorka & AEON tapes. Un premier rendez-vous bulgare où sont convoqués, dans le même shaker, quelques-unes des chapelles, parmi les plus significativement représentatives de la musique électronique.

Sans distingo particulier, ni faux-semblants, sinon l'intention louable de correspondre aux impérieuses nécessités d'une existence prétendument ordinaire. Voici une Emulsion singulièrement fascinante. Jawhinge, emprunte, triture et malaxe, les contraintes et les vicissitudes de genres musicaux dominants ou désormais désuets, aux seules fins d'un storytelling personnel et aussi enthousiasmant, que peuvent être ces instants de liberté totale où nous souhaitons, simultanément, vivre les choses en complète et parfaite exhaustivité - Un paradigme sonore pour iconoclastes, et pour les bâtisseurs en quête d'un autre après-demain.

thierry massard / 9 juillet 2022 - 12:59

Jawhinge s/t - mahorka

Jawhinge music / linktree

Masterstroke for Jawhinge, aka Georgi Durankiev, and this very first opus produced jointly by Mahorka & AEON tapes. A first Bulgarian meeting where some of the most significant representatives of electronic music are brought together in the same shaker.

Without particular distinction, nor pretense, if not the laudable intention to correspond to the imperious necessities of a supposedly ordinary existence, here is a singularly fascinating Emulsion. Jawhinge, borrows, grinds and kneads the constraints and vicissitudes of dominant or now obsolete musical genres, for the sole purpose of a personal storytelling and as exciting as these moments of total freedom can be when we wish, simultaneously, to experience things in complete and perfect completeness - A sound paradigm for iconoclasts, and for builders in search of another day after tomorrow.

Record Of Tides :: penicilina

Les fans de ROT, et les amis d'Alexander Fleming, peuvent se réjouir, les autres pouvant tranquillement poursuivre leurs insipides occupations, quelques 6 mois (seulement ou déjà) après l'escapade Panamerican de Sven Piayda, nous nous retrouvons pour savourer cette molécule protéiforme, qui n'a, soyez-en rassuré, rien d'une moisissure de laboratoire.

Navigation en mode abstract hip-hop très (très) largement décomplexé, Penicilina témoigne d'une expérience, certes nourrie des opus précédents, mais surtout d'une quête effrénée de nouvelles expériences. Une progression, tous azimuts, pour un musicien, qui se méfie, comme de la peste, des restrictions volontaires, des "confinements mentaux" qui nous sont largement dispensés, en ces temps à l'âpre parfum obscurantiste, moyen-âgeux.

Formidable coincidence chronologique, vous n'avez pas à attendre une seule seconde, architecture chaotique et destructurée, ces "seconds", et la video de prjct fear qui les accompagnent, sont celles d'une collision cosmique en approche d'un oasis, aux confins d'un désert - Dépaysement garanti ! 

Heureuses et belles collaborations, telle celle avec Monkelmann, aka Christopher Terhart, pour une mise en incandescence d'un texte complotiste (vorwegnahme) et son lyric positif de la troublante Cosima - Quelques notes d'un piano fuyant, là-bas, quelque part - mouvement.

Si un arbre peut, parfois, dissimuler une forêt florissante, que dire de l'épatant track "Remote demo", sinon qu'il soit en mesure de constituer une cime de cette luxuriante arborescence aux tempos et breaks infaillibles - 

Florilège d'atmosphères, parfaite et sensationnelle géographie des sens en éveil, Penicilina est un album qui ne se livre pas dans l'instantanéité d'une écoute, aussi attentive, qu'elle soit. Il est raisonnable de prétendre que cet été 2022, ne sera pas assez long pour en venir à bout, qu'il vous fasse déjà prévoir qu'il ne nous quitte beaucoup plus tardivement - Les pernicieux amateurs de plug & play fast listening en feront les frais. Tant mieux. Oui, c'est ici, que se bâtit, précisément, la totale et absolue singularité de ce nouvel opus de ROT, perturbateur conceptuel, conjurateur de pièces qui pourraient sensiblement prétendre à l'autonomie. 

"Thinking often" n'est-il pas empreint d'une élégante mélancolie qui, à elle seule, puisse ouvrir tant de champs mémoriels - "Lift to compromise" n'a-t'il pas la colorature de l'instant d'avant le grand saut dans une intensité ? Gracile, "Pentricals" n'est-il pas sans évoquer les prémisses d'un swing puissamment urbain ?

Penicilina joue avec la palette des sentimentalités hybrides, succession complexe, l'ouvrage d'une maturité artistique complète, sans compromis, mais aussi sans servile cruauté à l'égard des amateurs de limites. Un romantisme moderne véritable, où l'on croise parfois quelques fantômes, John Cage et ses préparations (Dirty sheets) ou des clins d'oeil modérés (Revelation). Autant d'intentions et de résultats escomptés, l'alchimie conséquente d'une possible avancée vers de nouveaux territoires aussi attractifs (Mindset newbuild) que rassurants pour les afficionados de la quête perpétuelle. Discret mais affirmé, Sven Piayda n'oublie jamais d'où il vient, gardant, toutefois et constamment, un regard figé sur une ligne d'horizon ondoyante, poreuse. Un puzzle harmonique et synthétique ( Neurol, Excentric three, Queens) de trois décennies sonores, que vous serez heureux de citer aux amis, à qui vous ferez découvrir cet album. 

Ultime, le bien-nommé "Undefined aftertaste" laisse planer de magnifiques perspectives - Nous attendrons donc, le sourire aux lèvres.

thierry massard / 8 juillet 2022 - 09:43

Penicilina
Zany music
rcrdftds


ROT fans, and friends of Alexander Fleming, can rejoice, the others can quietly pursue their insipid occupations, some 6 months (only or already) after the Panamerican escapade of Sven Piayda, we find ourselves to savor this molecule protean, which, rest assured, has nothing of a laboratory mould.

Navigating in a very (very) largely uninhibited abstract hip-hop mode, Penicilina testifies to an experience, certainly nourished by previous opuses, but above all by a frantic quest for new experiences. A progression, in all directions, for a musician, who is wary, like the plague, of voluntary restrictions, of the "mental confinements" which are largely dispensed to us, in these times with the bitter perfume of obscurantism, the Middle Ages.

Great chronological coincidence, you don't have to wait a single second, chaotic and unstructured architecture, these "seconds", and the prjct fear video that accompanies them, are those of a cosmic collision approaching an oasis, confines of a desert - Change of scenery guaranteed!

Happy and beautiful collaborations, such as the one with Monkelmann, aka Christopher Terhart, for an incandescence of a conspiratorial text (vorwegnahme) and its positive lyric of the disturbing Cosima - A few notes from a fleeing piano, over there, somewhere - movement.

If a tree can, sometimes, hide a flourishing forest, what about the amazing track "Remote demo", except that it is able to constitute a crown of this luxuriant tree with infallible tempos and breaks -

An anthology of atmospheres, perfect and sensational geography of awakened senses, Penicilina is an album that does not deliver itself in the instantaneousness of a listening, however attentive it may be. It is reasonable to claim that this summer of 2022 will not be long enough to overcome it, that it already makes you foresee that it will not leave us much later - The pernicious amateurs of plug & play fast listening will make the costs. So much the better. Yes, it is precisely here that the total and absolute uniqueness of this new ROT opus is built, a conceptual disruptor, a conjurer of pieces that could substantially claim autonomy.

"Thinking often" isn't it imbued with an elegant melancholy which, on its own, can open up so many fields of memory - isn't "Lift to compromise" the coloratura of the moment of before the big leap in intensity? Gracile, doesn't "Pentricals" evoke the premises of a powerfully urban swing?

Penicilina plays with the palette of hybrid sentimentalities, a complex succession, the work of complete artistic maturity, without compromise, but also without servile cruelty towards lovers of limits. A true modern romanticism, where we sometimes come across a few ghosts, John Cage and his preparations (Dirty sheets) or moderate winks (Revelation). So many intentions and expected results, the consequent alchemy of a possible advance towards new territories as attractive (Mindset newbuild) as reassuring for aficionados of the perpetual quest. Discreet but assertive, Sven Piayda never forgets where he comes from, keeping, however and constantly, a fixed gaze on an undulating, porous horizon line. A harmonic and synthetic puzzle (Neurol, Excentric three, Queens) of three sound decades, which you will be happy to quote to friends, to whom you will present the album.

Ultimate, the well-named "Undefined aftertaste" leaves magnificent prospects hovering - We will therefore wait, with a smile on our faces.

Grosso Gadgetto & Innocent But Guilty :: street symbols

 


En l'espace d'un seul infinitésimal instant, Grosso Gadgetto et Innocent But Guilty le deviennent.

thierry massard / 2 juillet 2022 - 22:12

⊕ artwork :: Max Guy-Joseph / instagram

In the space of a single infinitesimal instant, Grosso Gadgetto and Innocent But Guilty become it.


Niteffect :: memento EP

 


Oui ! Il faudra hurler pour qu'enfin on l'entende ... Si nos précieuses heures sont comptées, c'est à travers les autres que l'on apprend la tyrannie de l'horloge. Le temps n'y fera rien, nous persisterons à hurler ! 

Quand bien même la tristesse, la désolation sentimentale, ce vide persistant qui nous étreint, le gouffre insondable, la vacuité absolue, nous continuons à hurler. 

Chercheurs d'indices, nous vous ignorons, comme on ignore les illusions, les attitudes et les principes de précaution. Ce "memento" parle de lui-même, habité, nourrit d'un vaste, un immense et magnifique espace mental, celui d'un musicien, que nul, sinon les chercheurs d'indices, ne doivent ... ignorer.

thierry massard / 1er juillet 2022 - 00:00

memento EP / bandcamp

Yes ! We will have to scream so that we finally hear it... If our precious hours are numbered, it is through others that we learn the tyranny of the clock. Time will do nothing, we will persist in howling! 

Even though the sadness, the sentimental desolation, this persistent emptiness that grips us, the unfathomable abyss, the absolute emptiness, we continue to howl. 

Seekers of clues, we ignore you, as we ignore illusions, attitudes and precautionary principles. This "memento" speaks for itself, inhabited, nourished by a vast, immense and magnificent mental space, that of a musician, which no one, except the seekers of clues, should ... ignore.

AmenKillerrr :: dead internet EP

Dystopie réaliste ? Pragmatisme mutant ? Bienvenue en 2042 ! Vous allez a_do_rer ! Postulat qui relègue Philip K.Dick et consorts au jardin d'enfant, voici le temps de l'amalgame, de la dislocation humaine, l'anthropophagie fatale des cerveaux synthétiques et des quelques autres reptiliens subsistant encore. Alejandro Morales aka ale. , qui préside aux destinées empiriques du label Cortavientos, est formel, il sera difficile d'échapper à l'inéluctable (DEAD) dans le meilleur des cas. Intelligence (artificielle) en déshérence absolue, servie sur un plateau breakcore et iconographie dominante post-manga, ici la matière grise s'écoule telle une  lave hurlante (feeling something). Parasitage sans espoir d'un salut (ESCAPE) , la voie est sans issue, et AmenKillerrr l'avait pourtant prédit. Retour à la réalité ?

thierry massard / 24 juin 2022 - 11:22

Dead Internet EP

Realistic dystopia? Mutant pragmatism? Welcome to 2042! You will a_do_re ! Postulate which relegates Philip K. Dick and consorts to the kindergarten, here is the time of amalgamation, of human dislocation, the fatal cannibalism of synthetic brains and the few others reptilians still remaining. Alejandro Morales aka ale. , who presides over the empirical destinies of the Cortavientos label, is formal, it will be difficult to escape the inevitable (DEAD) in the best of cases. (Artificial) intelligence in absolute neglect, served on a breakcore platter and dominant post-manga iconography, here the gray matter flows like howling lava (feeling something). Parasite without hope of a salvation (ESCAPE), the way is dead end, and AmenKillerrr had however predicted it. Back to reality ?

Dissolved :: island flux

 

Une image punaisée sur un mur, rien de plus.

S'il faut (non, il ne le faut pas) résumer les raisons de la très longévité d'un enthousiasme, il est tout simplement possible d'imaginer le paradigme. Paul Daniels, aka Dissolved, est certes un artiste trop discrètement éclairé par les feux de la rampe, mais il n'en est pas, pour autant, l'auteur d'une plus que passionnante production, et cela, depuis aussi longtemps que notre intérêt s'est éveillé pour une electronica particulièrement emphatique, et porteuse de belles sensations.  

Si Island Flux est un espace rêvé, une projection, un regard sur le mur, il est aussi certain que le maître de cérémonie connait parfaitement l'art de voyager.

Aucune resistance n'est admise, les premières notes de Haurient smalt laissent immédiatement augurer ce que sera ce voyage immobile. Une précieuse parcelle de temps confondu avec ce rêve d'ailleurs, qui nous enchante si souvent. Une élégante abstraction (Subaerial) ou le résultat d'un composé chimique, peu importe le véhicule qui, à l'instar d'un Jean des Esseintes de Huysmans dans son ultime et pourtant provisoire retraite, nous invite à gouter un monde intérieur, aux frontières duquel, se situe une autre histoire, celle d'un bien morne réel, nos illusions d'existence - Nous n'en dirons pas plus, de peur d'être en retard - Nous avons réservé notre billet !

thierry massard / 18 juin 2022 - 09:15

island flux / bandcamp

Dissolved 

A picture pinned to a wall, nothing more.

If it is necessary (no, it is not) to summarize the reasons for the very longevity of an enthusiasm, it is quite simply possible to imagine the paradigm. Paul Daniels, aka Dissolved, is certainly an artist too discreetly illuminated by the limelight, but he is not, for all that, the author of a more than fascinating production, and this, for as long as our interest aroused for a particularly emphatic electronica, and carrier of beautiful feelings.

If Island Flux is a dream space, a projection, a look on the wall, it is also certain that the master of ceremonies perfectly knows the art of travel.

No resistance is allowed, the first notes of Haurient smalt immediately suggest what this motionless journey will be like. A precious piece of time confused with this dream of elsewhere, which enchants us so often. An elegant abstraction (Subaerial) or the result of a chemical compound, regardless of the vehicle which, like Jean des Esseintes of Huysmans in his ultimate and yet temporary retirement, invites us to taste an inner world, to borders of which, lies another story, that of a real gloomy good, our illusions of existence - We will say no more, for being late - We have reserved our ticket!

Aural Nihil :: aural nihil


Les lueurs pourpres et boréales de Nina Sarantari l'indiquent, nous entamons un jeu d'ombre et de lumière. Aural Nihil est encore pourtant une énigme, un plan séquence, quasi cinématographique, un jeu trouble, une étape nouvelle pour Emmanuele Gattuso, qui, rappelons-le, nous avait ébloui, l'an passé, des incandescences de "Flashlight".

Infortunés voyageurs, n'attendez pas les clés, nous vous avions déjà prévenus, Gattuso n'en a que faire des fichues règles de ce jeu trouble, parfois si rassurantes pour certains, pour vous peut-être, qui sait. 
Aural Nihil, s'écoute comme une histoire en cours d'écriture, un étrange scénario, combinatoire, images singulières et impressions familières, une nostalgie de bonheur perdu affleurante, paradoxalement quotidienne et présente, les fruits d'un avant, résidus mémoriels.

Aural Nihil est, nous le prétendons, un ouvrage bien singulier, course souple et jazzy, effrénée (dreamchaser) qui, bientôt, se brise en écho (bloom/obey) contre les parois d'un no man's land / succession gracile et atmosphérique / une magnifique écriture mélodique qui se refuse méthodiquement, sursaut, vacuité volontaire de destination. Si le rythme semble se défragmenter (black cherry chapstick) c'est que l'opacité est graduellement omniprésente, une brume éclairée d'un halo (gum keys) retissant à dévoiler une clandestinité émotionnelle / réminiscences industrielles tentaculaires (burn it all down), vite jugulées (sweeling ground) car notre esprit est, lui aussi, vagabond.

Présence fantômatique (come play with me) parfum d'une enfance distante, à nouveau cette image fugace qui se dématérialise inexorablement, coup de semonce. La réalité, consciente ou pas, veille, suspendue à un fil, toujours prêt à se rompre, un suspence parasitaire accroché au monitoring d'un écran (coming down) - Si, enfin, Aural Nihil se referme sur des nécessaires cornes de brume, elles n'en sont que le témoignage et constat d'un naufrage ajourné, la rédemption de voyageurs, au sortir d'une étrange histoire, la nôtre - Une pièce maîtresse !

thierry massard / 13 juin 2022 - 11:04

Aural Nihil
Emmanuele Gattuso / linktr.ee

The purple and boreal glows of Nina Sarantari indicate it, we begin a game of shadow and light. Aural Nihil is still however an enigma, a sequence shot, almost cinematographic, a troubled game, a new stage for Emmanuele Gattuso, who, let us remember, had dazzled us, last year, with the incandescences of "Flashlight".

Unfortunate travellers, don't wait for the keys, we already warned you, Gattuso doesn't care about the bloody rules of this murky game, sometimes so reassuring for some and for you, maybe, who knows.

Aural Nihil can be heard like a story being written, a strange scenario, combinatorial, singular images and familiar impressions, a flush nostalgia for lost happiness, paradoxically daily and present, the fruits of a before, remnants of memory.

Aural Nihil is, we claim, a very singular work, a supple and jazzy race, unbridled (dreamchaser) which, soon, breaks in echo (bloom/obey) against the walls of a no man's land / graceful and atmospheric succession / a magnificent melodic writing which methodically refuses, start, voluntary emptiness of destination. If the rhythm seems to defragment (black cherry chapstick) it is because the opacity is gradually omnipresent, a haze lit by a halo (gum keys) reluctant to reveal an emotional clandestinity / sprawling industrial reminiscences (burn it all down), quickly suppressed (sweeling ground) because our mind is also wandering.

Ghostly presence (come play with me) scent of a distant childhood, again this fleeting image that inexorably dematerializes, a warning shot. Reality, conscious or not, watches, hanging by a thread, always ready to break, a parasitic suspense clinging to the monitoring of a screen (coming down) - If, finally, Aural Nihil closes on the necessary fog horns, they are only the testimony and observation of a postponed shipwreck, the redemption of travelers, at the end of a strange story, ours - Une pièce maîtresse !

Atom™ :: neuer mensch


le sang n'est pas du pantone red 32C ...
Ok ! Ouvrons (enfin) le débat, car il y a probablement débat.

Avons-nous (encore) besoin d'êtres humains, nouveaux ou pas, dans la délicate (auparavant) mission d'une production excroissante destinée à notre enrichissement culturel et/ou personnel, lui-même destiné à logiquement permettre d'avoir une destinée différente du prochain grain de sable que vous aurez l'intention de piétiner, sans vous en soucier, plus qu'il n'en faut.

Avons-nous (encore) besoin de "signer" d'humanité, ce qui est signifié dans la présentation de ce "nouvel humain" :: programmed, engineered and mastered by an algorithm. 

Si Uwe Schmidt, à travers l'entité Atom™,  semble se RÉDUIRE à cette posture définitive, s'assimilant aux strictes vicissitudes d'une identité fondue dans un "morceau de code" comme il se plaît à le prétendre, il est désormais nécessaire qu'il franchisse une prochaine étape.

Voici donc, à toute fin utile, un lien vers un ultime renoncement :: aiva

Allons, plus besoin de s'épancher si romantiquement et sur une longueur de 84 minutes et 15 secondes, plus besoin de s'appeller Atom™ou Monsieur Schmidt, débarrassés (enfin) des problèmes d'identité (et d'ego) ...

Le prétendu "neuer mensch" signifié dans ce (pourtant remarquable) ouvrage n'est donc plus son auteur, pièce aussi peu nécessaire, que nous l'oublierons donc, mais les destinataires, c'est à dire, vous et moi, qui sommes encore, selon quelques certitudes apparentes, une sorte de miracle, autrement plus fondamentalement intéressant, en sa diversité de perception, de compréhension, de rejet ou d'appréciation, qu'une sordide, sinistre ... ligne de code.

Atom™, et son instigateur sont, sans nul doute, dans un registre d'investigation aussi fascinant, que meta versatile mais il n'est pas, non plus, le seul à s'en préoccuper, attention ... 

le sang n'est pas du pantone red 32C

thierry massard / 11 juin 2022 - 00:00


nocoVision / Atom™

the blood is not pantone red 32C...
OK ! Let's (finally) open the debate, because there is probably debate.

Do we (still) need human beings, new or not, in the delicate (previously) mission of an increasing production intended for our cultural and/or personal enrichment, itself intended to logically allow us to have a destiny different from the next grain of sand that you will intend to trample on, without caring, more than you have to.

Do we (still) need to "sign" with humanity, which is meant in the presentation of this "new human" :: programmed, engineered and mastered by an algorithm.

If Uwe Schmidt, through the entity Atom™, seems to REDUCE himself to this definitive posture, assimilating to the strict vicissitudes of an identity melted into a "piece of code" as he likes to claim, he is now needed to take the next step.

So here is, for all intent and purpose, a link to an ultimate renunciation :: aiva

Come on, no more need to pour out so romantically and over a length of 84 minutes and 15 seconds, no more need to be called Atom ™ or Mr. Schmidt, rid (finally) of identity (and ego) problems.. .

The so-called "neuer mensch" signified in this (however remarkable) work is therefore no longer its author, a piece so unnecessary, which we will therefore forget, but the addressees, that is to say, you and me, who are still, according to some apparent certainties, a sort of miracle, much more fundamentally interesting, in its diversity of perception, understanding, rejection or appreciation, than a sordid, sinister ... line of code.

Atom™, and its instigator are, without a doubt, in a register of investigation as fascinating as it is meta versatile, but he is not, either, the only one to be concerned about it, beware...

Blood is not pantone red 32C

4T Thieves :: four days

 

Les notes de réalisation sont sans équivoque, les sons utilisés durant ces quatre jours séparant l'an 2021 de celui qui nous occupe présentement, ont été extirpés des décennies 70's et 80's. Les plus avertis d'entre-nous, y reconnaitront très probablement certaines overdoses sonores (imagination) complaisamment déversées par une bande FM, parfois balbutiante et trop heureuse de prendre en charge l'entertainment massif de nos jours et nos nuits.

Interstice social et familial notable, celui d'une prétendue "trève" pour les utilisateurs de fusils et de missiles, les quatre jours en question, sont aussi pour certains d'entre-nous, une bien étrange période, parfum de nostalgie, embrassades, reflexions et feedback sur l'année qui s'achève, une période durant laquelle on prend certaines "bonnes résolutions pour l'année à venir" que l'on s'efforce de tenir durant trois jours, tout au plus.

S'il est probable que l'on puisse s'interroger sur les profondes raisons philosophiques qui ont animé ce (side) projet de Nik Racine, elles sont, rassurez-vous, les bonnes. Ici, vous le savez fort bien, nous n'avons pas pour habitude de gâcher notre plaisir. 

Ainsi, et s'éloignant quelque peu de l'esprit "fun" de cet ouvrage, il serait inconvenant de ne pas y percevoir les belles réussites de l'exercice ( The ambient boogie - Five and sisters) , qui confèrent à l'ensemble, une réelle dimension, témoignant, s'il le faut encore, du talent affirmé de nos 40 voleurs préférés.

Enfin, remercions chaleureusement Nik de nous avoir épargné un possible sourcing auprès de l'infâme "Hotel california" des Eagles, protubérance indigeste et diarrhée, qui persiste à demeurer dans les playlists de programmateurs radio, à qui nous pourrions facilement promettre l'absolution, pourvu qu'ils scannent plus fréquemment les colonnes de nocoVision - Amen !

thierry massard / 10 juin 2022 - 11:22

mahorka
nocoVision / 4T Thieves

The production notes are unequivocal, the sounds used during these four days separating the year 2021 from the one we are currently dealing with, were taken from the 70's and 80's decades. The most knowledgeable among us will most likely recognize certain sound overdoses (imagination) complacently poured out by an FM radios band, sometimes stammering and too happy to support the massive entertainment of our days and nights.

Significant social and family interstice, that of an alleged "truce" for the users of rifles and missiles, the four days in question, are also for some of us, a very strange period, scent of nostalgia, hugs, reflections and feedback on the year that is ending, a period during which we make certain "good resolutions for the coming year" that we strive to keep for three days, at most.

If it is probable that we can wonder about the deep philosophical reasons which animated this (side) project of Nik Racine, they are, reassured you, the good ones. Here, as you know very well, we don't usually spoil our pleasure.

Thus, and moving away somewhat from the "fun" spirit of this work, it would be inappropriate not to perceive in it the great successes of the exercise (The ambient boogie - Five and sisters), which give the whole , a real dimension, testifying, if necessary, to the confirmed talent of our 40 favorite thieves.

Finally, a big thank you to Nik for sparing us a possible sourcing from the Eagles' infamous "Hotel California", indigestible protuberance and consequent diarrhea, which persists to remain in the playlists of radio programmers, to whom we could easily promise absolution, provided they scan the columns of nocoVision more frequently - Amen!

Neu! :: 50!

 


Célébrer le cinquantième anniversaire de cette météorite, probablement à l'origine d'un bouleversement climatique historique est évidemment une sorte d'évidence. Considérer que ce disque est un chef d'oeuvre est, assurément, un raccourci subjectif qui ne saurait que limiter son influence. Une influence bien plus considérable qu'une seule appréciation émotionnelle, si tant est que les "chefs d'oeuvre" puissent avoir une hypothétique incidence. Album aussi fondateur, que le premier Velvet Underground, quelques années plus tôt, il convient donc d'en apprécier, préalablement, la portée historique avec la délicatesse que l'on doit aux jalons culturels. Il y eut un avant, l'après n'est pas encore réellement mis en réserve, aux fins de classement. 

1972, malins et sortants d'une expérience avec les futurs robots de Dusseldorf, Klaus Dinger & Michael Rother, n'ont pas oublié d'emporter le tableau de bord, que les cyclistes mettront près d'un an à reconstruire avec le moins éblouissant "Ralf & Florian". Sentant poindre une exhalaison polémique, qui n'aura d'intérêt que pour les fielleux archivistes, rappelons rapidement que MM. Schneider & Hutter n'étaient pas d'obédience "rythmique", alors que Klaus Dinger peut notablement prétendre au titre, très honorifique, de boite à rythme analogique et intersidérale. Si enfin, on ajoute les riffs tranchants, de Michael Rother, annonciateurs du déferlement punkoïde quelques 5 années plus tard, il devient aisé d'établir la recette chimique de la particule fondamentale de Neu! et ses futures excroissances, inclus les prémisses séquentielles techno de Detroit, 20 ans plus tard. Un spectral minimalisme orchestral ouvrant de bien vastes perspectives, admettons-le.

En outre, neutraliser Neu! aux seules fins musicales, est également une erreur manifeste. Est-il possible d'imaginer l'écoute d'un Hallogallo sans immédiatement ressentir l'irresistible besoin d'accélérer la cadence. Futurisme quasi architectural, tout ici se dessine et se destine à retracer le paysage et les outils d'une mobilité qui nous entourent désormais quotidiennement. Une fois encore, et à contrario de l'automatisme récurrent des mannequins, Dinger & Rother augurent notre environnement de voyageurs modernes et intrépides.

Commémoration oblige, Groenland records a cru bon de convoquer une amicale d'anciens combattants (Stephen Morris de New Order, Mogwai, The National, Yann Tiersen ...) afin de prétendre à l'hommage posthume (probablement émouvant, il est encore trop tôt pour le dire, faute de ne l'avoir écouté) et refermer définitivement le couvercle. C'est évidemment sans compter sur la vivifiante verdeur de l'ouvrage, qui trouve encore et toujours une actualité fraîche, que nous aurions aimé voir représentée, à l'instar du travail remarquable de Camera et, peut-être, plus encore de celui de Eder Ademar et son magnifique projet El Universo. Enfin, et afin de ne pas trop gâcher la fête et la crédulité du fan transi, nous tairons le prix exorbitant de l'ouvrage vinyl (120 €), qui risque de contrarier significativement l'envie d'un nouveau public, à l'âge que nous avions tous en 1972, dommage ...

Groenland records / le 23 septembre 2022

Celebrating the fiftieth anniversary of this meteorite, probably at the origin of a historic climatic upheaval, is obviously a kind of evidence. To consider that this record is a masterpiece is, undoubtedly, a subjective shortcut which can only limit its influence. A much greater influence than a single emotional appreciation, if the "masterpieces" can have a hypothetical impact. An album as founding as the first Velvet Underground, a few years earlier, it is therefore necessary to appreciate, beforehand, its historical significance with the delicacy that we owe to cultural milestones. There was a before, the after is not yet really put in reserve, for purposes of classification.

1972, smart and coming out of an experiment with the future robots of Dusseldorf, Klaus Dinger & Michael Rother, did not forget to take the keys of the dashboard, which the cyclists will take almost a year to rebuild with the least dazzling "Ralf & Florian". Feeling the dawn of a polemical exhalation, which will only be of interest to vexatious archivists, let us quickly recall that MM. Schneider & Hutter were not of "rhythmic" obedience, whereas Klaus Dinger can notably claim the very honorary title of analog and interstellar rhythm machine. If finally, we add the cutting riffs, heralding the punkoid surge some 5 years later, by Michael Rother, it becomes easy to establish the chemical recipe of the fundamental particle of Neu! and its future outgrowths, included the sequential techno premises of Detroit, 20 years later. A spectral orchestral minimalism opening up very vast perspectives, let's admit it.

Additionally, neutralizing Neu! for musical purposes only, is also a manifest error. Is it possible to imagine listening to Hallogallo without immediately feeling the irresistible need to pick up the pace? Almost architectural futurism, everything here takes shape and is intended to retrace the landscape and the tools of mobility that now surround us on a daily basis. Once again, and contrary to the recurring automatism of the models, Dinger & Rother augurs our environment of modern and intrepid travellers.

Commemoration obliges, Groenland Records saw fit to convene a group of veterans (Stephen Morris from New Order, Mogwai, The National, Yann Tiersen ...) in order to claim the posthumous tribute (probably moving, it is still too early to tell, for lack of having listened to it) and close the lid definitively. It is obviously without counting on the invigorating greenness of the work, which still and always finds a fresh topicality, that we would have liked to see represented, like the remarkable work of Camera and, perhaps, even more of that by Eder Ademar and his magnificent El Universo project. Finally, and in order not to spoil the party too much and the credulity of the chilled fan, we will keep silent about the exorbitant price of the vinyl work (120 €), which risks significantly thwarting the desire of a new public, at the age we were all in 1972, too bad...



 

Quiet Clappling :: among the haze


Fendre les micro-particules, un voile d'antan, celui de ces poudres de riz affleurant le visage, l'oxydation pénétrante d'une cime, la distorsion parvenue au point de rupture. Première collaboration pour le label bulgare, Among the haze triture la distance et segmente l'étendue des compositions de son auteur, Jonathan Deasy.

Etirement parfaitement maitrisé, dont la densité laisse transparaitre une puissance suggestive dépassant les frontières visuelles, les 6 pièces de l'ouvrage, atteignent la limite d'écrêtement, sans jamais en limer les plus saillantes aspérités. Langage mélodique (cuniform) se délayant dans un lointain insaisissable, les boucles, pour autant qu'elles se définissent ainsi ou le demeurent, semblent promises à une vérité intérieure. 

Si l'écriture de l'ensemble oscille (elemental) ou parfois vacille (gravity dissolves) dans la proximité d'un cheminement tracé, la perspective du réel ne restera qu'une pure hypothèse, un axiome dissimulé derrière le voile.

thierry massard / 5 juin 2022 - 12:36

mahorka

Splitting the micro-particles, a veil of yesteryear, that of these rice powders flush with the face, the penetrating oxidation of a peak, the distortion reached the breaking point. First collaboration for the Bulgarian label, Among the haze triturates the distance and segments the scope of the compositions of its author, Jonathan Deasy.

Perfectly mastered stretching, whose density reveals a suggestive power going beyond visual borders, the 6 pieces of the work reach the limit of clipping, without ever filing the most salient asperities. Melodic language (cuniform) diluting itself in an elusive distance, the loops, insofar as they are thus defined or remain so, seem promised to an inner truth.

If the writing of the whole oscillates (elemental) or sometimes wavers (gravity dissolves) in the proximity of a traced path, the perspective of reality will remain only a pure hypothesis, an axiom hidden behind the veil. 

CLOSE/STARE Compilation - Volvamos a perturbar el tempio


Perturber encore, et encore, le temps !
Tenter l'inouï, bousculer l'infaillible rigidité de cette funeste immatérialité temporelle pour, enfin, domestiquer cette chose informe. Frapper le vent et l'atteindre, en pleine face. 
Faut-il y renoncer ?  Faut-il, au prix d'un rigoureux effort de notre esprit, y apercevoir l'ultime perspective d'une solidification et la possible consécration d'une musicalité, devenue aussi conséquente qu'un rempart, un brise-lame, une barrière de l'implacable. Rendre la chose tangible, enfin !

Défi irraisonnable, relevé par Oigovisiones, le défi de ceux qui font bouger, se cristalliser le silence afin de le faire voler en éclats afin de se surprendre par abus volontaire.

thierry massard / 2 juin 2022 - 11:29

Les bénéfices de la vente de l'édition numérique seront reversés à l'ASIMA - Association Citoyenne Anti-SIDA de Malaga (Espagne)

ASIMA

Disrupt time again, and again!
To attempt the unheard of, to shake up the infallible rigidity of this disastrous temporal immateriality in order, finally, to domesticate this formless thing. Hit the wind and hit it, right in the face.
Should we give it up? Should we, at the cost of a rigorous effort of our mind, see in it the ultimate perspective of a solidification and the possible consecration of a musicality, which has become as consistent as a rampart, a breakwater, a barrier of the relentless. Make it tangible, finally!

Unreasonable challenge, taken up by Oigovisiones, the challenge of those who move, who make silence crystallize in order to shatter it - Surprise oneself by voluntary abuse.

Profits obtained from sale of the digital edition will be donated to ASIMA (Málaga Anti-Aids Citizen Association)

Seah :: Conduits of the Hydrosphere


La surface ...

Très conséquente parution pour, et sur, l'exigeant label somnimage de Mykel Boyd, ces Conduits of the Hydrosphere de Seah (aka Sea Heikes) sont le fruit et la somme audio de 10 années d'immersion, de recherches, de mise en perspective et pratiques croisées du Butō, danse du corps obscurci des souffrances post-nucléaires, du Body Weather, intersection et rencontre du corps et de son environnement.

Postulat de post-humanité inhérente, Seah interroge l'ubiquité de l'élément vital et y confronte intensément la nécessaire lutte passée, présente et, malheureusement, future de celles (et ceux) qui refusent le dictat androgène.

La fusion ...

Le nombre magique, 70%, parfaite adéquation de la constitution de ce corps, de son socle planétaire, émulsion somatique gravitationnelle, solidification des tortueux méandres, particule élémentaire, puissance muette, fluidités acoustiques, signaux impalpables d'une capillarité émotionnelle, vortex en série. Les 5 témoignages de Conduits of the Hydrosphère impliquent l'acceptation d'un paradigme où la seule satisfaction des sens n'est plus objectivement la finalité de l'ouvrage. Il serait, tout autant, dommage d'en ignorer un corpuscule évanescent, son ampleur abyssale, une larme, un orage salvateur qui déferle, voir l'humour espiègle consenti par son autrice (dinosaur piss runs through our veins). 

À l'instar de chacun d'entre-nous, Seah possède et partage une clé de compréhension fondamentale, définitivement ... Essentielle !

thierry massard / 25 mai 2022 - 11:14


The surface ...

Very substantial release for, and on, the demanding somnimage label of Mykel Boyd, these Conduits of the Hydrosphere by Seah (aka Sea Heikes) are the fruit and the audio sum of 10 years of immersion, research, putting into perspective and cross-practices of Butō, dance of the darkened body of post-nuclear suffering, Body Weather, intersection and encounter of the body and its environment.

A postulate of inherent post-humanity, Seah questions the ubiquity of the vital element and intensely confronts the necessary past, present and, unfortunately, future struggle of those who refuse the androgenic dictate.

The fusion ...

The magic number, 70%, perfect adequacy of the constitution of this body, of its planetary base, gravitational somatic emulsion, solidification of the tortuous meanders, elementary particle, mute power, acoustic fluidities, impalpable signals of an emotional capillarity, vortex in series . The 5 testimonies of Conduits of the Hydrosphere imply the acceptance of a paradigm where the sole satisfaction of the senses is no longer objectively the purpose of the work. It would be equally a shame to ignore an evanescent corpuscle, its abyssal magnitude, a tear, a saving storm that breaks, see the mischievous humor allowed by its author (dinosaur piss runs through our veins).

Like all of us, Seah has and shares a fundamental key to understanding, definitely ... Essential!

Moderat :: More D4TA


1, 2, 3 ...

Bien sur, Nous pourrions ... Statuer, encore et encore, sur une impeccable trilogie, évoquer l'ultime recours à Reminder quand l'inspiration nous abandonne. Nous pourrions évoquer ces quelques jalons des années 2010, rappeler quelques sensationnelles émotions à la rescousse, se souvenir du grammage cartonné et sourire de l'auto coup de point dans la figure. Nous pourrions ... témoigner de l'embrasement (et du consternant public parisien) de l'Olympia, le 28 mars 2016, nous pourrions ...

Nous pourrions ... Rappeler l'élégante date de péremption, annoncée par MM. Bronsert, Ring et Szary. Le temps et son usure, la mémoire qui s'efface, le silence - Un silence, cotonneux, celui d'un lockdown monstrueusement nécessaire. Un silence refondateur, construit d'investigations que l'on a inéluctablement envie de partager à nouveau. Un silence, certes puissant, mais que l'on oublie un jour, lui aussi.


More D4TA est-il une rédemption ?  Est-il évidemment trop tard pour le dire. 
Hésitations prudentes, idées préconçues, regard inquisiteur de celui qui perçoit la tentation mainstream (easy prey), scepticisme retro-futuriste, à la première écoute, et soudain le choc ! 

More D4TA n'est plus un simple anagramme, heureuse trouvaille, c'est autre chose ! Une histoire nouvelle qui commence. Une histoire heureusement oublieuse de l'intention d'hier, celle de coller au plus juste à la scène, aux obligatoires vicissitudes de démonstration. 

More D4TA est le remarquable premier opus d'un trio qui a compris que l'intime prévaut toujours, et désormais, sur le reste. Nous pourrions ? Nous pouvons !

thierry massard / 21 mai 2022 - 13:15


Of course, We could ... Rule, again and again, on an impeccable trilogy, evoke the ultimate recourse to Reminder when inspiration abandons us. We could evoke these few milestones of the 2010s, recall some sensational emotions to the rescue, remember the cardboard weight and smile at the self-punching in the face. We could ... bear witness to the conflagration (and the appalling parisian public) of the Olympia, on March 28, 2016, we could ...

We could ... Recall the elegant expiry date, announced by MM. Bronsert, Ring and Szary. Time and its wear, fading memory, silence - A silence, fluffy, that of a monstrously necessary lockdown. A refounding silence, built on investigations that we inevitably want to share again. A silence, certainly powerful, but that we also forget one day.


is More D4TA a redemption? Is it obviously too late to tell ?
Cautious hesitations, preconceived ideas, the inquisitive gaze of those who perceive the mainstream temptation (easy prey), retro-futuristic skepticism, at first listen, and suddenly the shock!

More D4TA is no longer a simple anagram, lucky find, it's something else! A new story begins. A story fortunately forgetting the intention of yesterday, that of sticking as closely as possible to the scene, to the obligatory vicissitudes of demonstration.

More D4TA is the remarkable first opus of a trio who understood that the intimate always prevails, and now, on the rest. We could ? We can !