The La's :: the la's


Ça y est !! Je suis fâché avec tous mes amis à cause des La's.
Fâché avec eux, parce qu'ils en ont vraiment marre d'écouter 50 fois de suite "There's she goes" à chaque fois qu'ils me rendent une petite visite.
Ce morceau et les quelques 11 autres constituent pourtant le meilleur remède printanier après une longue période d'hibernation. 
Présentés comme les chefs de file d'une nouvelle Pop anglaise, les La's n'usurpent certainement pas le titre car leurs mélodies sont dignement comparables à celles de leurs ainés des glorieuses années soixante où tout était si "tellement-plus-mega-cool" que l'on se demande, un peu énervé, pourquoi donc le temps ne s'est pas arrêté là. Trêve d'ironie, pour les fans des sixties, les La's méritent d'avantage qu'une simple attention éprise de nostalgie, et même si Lee Mavers, leader du groupe, n'est pas content du tout du résultat, prétextant que personne n'est actuellement capable de les produire correctement (il doit être ravi Steve Lillywhite, producteur de l'album, mais aussi de Ultravox!, U2, Siouxsie & the Banshees, Psychedelic Furs, XTC ...) il peut se rassurer, Lee Mavers, car les fleurs lancées par le gotha mélomaniaque sont amplement méritées et le disque en mesure de reconcilier les natifs des années 50, 70, 80 et même ceux des années à avenir - L'actuelle La's mania liverpoolienne n'est pas sans en rappeler une autre - souhaitons qu'elle se poursuive autant.

Les La's seront en concert à Rennes, vendredi prochain.



That's it! I'm angry with all my friends because of the La's.
Angry with them, because they are really fed up with listening to "There's she goes" 50 times in a row every time they visit me.
But this and the other 11 or so songs are the best springtime remedy after a long period of hibernation. 
Presented as the leaders of a new English Pop, the La's certainly don't usurp the title because their melodies are worthily comparable to those of their elders from the glorious sixties when everything was so "more-mega-cool" that one wonders, a bit irritated, why time didn't stop there. Ironically, for fans of the sixties, the La's deserve more than just nostalgic attention, and even if Lee Mavers, the band's leader, isn't happy at all with the result, claiming that no one is currently able to produce them properly (he must be delighted Steve Lillywhite, producer of the album, but also of Ultravox! U2, Siouxsie & the Banshees, Psychedelic Furs, XTC ...) he can rest assured, Lee Mavers, for the flowers thrown by the music-loving gotha are amply deserved and the record is capable of reconciling the natives of the 50s, 70s, 80s and even those of the years to come - the current Liverpool La's mania is not without reminding us another - let's hope it grows as much.

© thierry massard / march 1991
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Generation Woodstock


- "Alors, vois-tu fiston, moi quand j'avais 20 ans, mais parents m'ont laissé partir (dans le Cantal), avec celle qui allait devenir ta maman. C'était en 1970 et je peux te dire que l'on a passé des vacances flashantes et tout et tout. On mangeait du fromage de bique, on fumait de la bouse de vache qui rend nigaud et on faisait des galipettes dans les champs de Tonton Jean et même qu'on avait écrit "Peace & Love" sur son tracteur. 
On voulait créer une communauté avec le cousin Jean-Claude, tu sais, celui qui travaille chez Merlin l'enchanteur du littoral, et puis il y avait la musique et c'était autre chose que tes maudits rappers qui nous cassent les oreilles. Il y avait Joe Cocker qui chantait "With a little help from my friend", tu sais la chanson de la pub pour l'Union des Assurances, il y avait aussi "San Francisco", "Mr Tambourine Man et, plus tard, "He's gonna step on you again" de John Kongos.
Alors, fais-moi voir un peu le dernier disque que Grand'Mère t'a offert ?
- Ben, c'est pas du rap, Papa, c'est "Génération Woodstock" !
- GENERATION WOODSTOCK !! Dis tu le prêtes, fiston, Hein dis ! Tu me le prêtes ..."

Generation Woodstock

- "So, see son, when I was 20 years old, my parents let me go (to the Cantal), with the one who was to become your mother. It was in 1970 and I can tell you that we had a flashy holiday and everything. We ate crude cheese, smoked cow dung that made you goofy, and did somersaults in Uncle Jean's fields, and even wrote "Peace & Love" on his tractor. 
We wanted to create a community with cousin Jean-Claude, you know, the one who works at Merlin the enchanter on the coast, and then there was the music and it was something else than your cursed rappers who break our ears. There was Joe Cocker singing "With a little help from my friend", you know the song from the Insurance Union advert, there was also "San Francisco", "Mr Tambourine Man" and, later, "He's gonna step on you again" by John Kongos.
So, let me see the last record that Grandma gave you?
- Well, it's not rap, Dad, it's "Generation Woodstock" !
- GENERATION WOODSTOCK !! Say you're lending it to me, son ! Can I borrow it ..."

© thierry massard / march 1991
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samedi 2 mars 1991 ...

Une Gitane sans filtre finit de se consumer dans un cendrier du salon noir de la rue de Verneuil, ce samedi 2 mars, et ce soir, le maître des lieux n'enfilera pas ses Repetto blanches et son vieux 501 effiloché pour, une fois encore, goûter la magie des néons de la ville lumière, traverser quelques endroits enfumés où les verres tintent et les sourires des fausses Lolitas s'allument, discuter inlassablement, dans les vapeurs d'absinthe, avec les fantômes de Edgar Allan Poe, et voir enfin s'animer l'alchimie du verbe.

Dans quelques minutes, les téléscripteurs vont crépiter dans les salles de rédaction mais, pour l'instant, le salon noir est empli de silence, un silence que quelques notes rebelles viennent troubler avant de retomber inertes sur le sol. Décidément, ce samedi 2 mars, les feux de la rampe ont bien du mal à briller, la fête semble figée, comme prise d'un étrange engourdissement. Que peut-il bien rester des poupées de cire chevauchant de somptueuses Harley-Davidson quand les papillons noirs décident de s'envoler, rien sinon l'ultime abandon du dandy, l'absence ...


An unfiltered Gitane cigarette finishes burning in an ashtray in the black lounge of the rue de Verneuil, this Saturday 2 March, and tonight, the master of the place will not put on his white Repetto and his old frayed 501 to, once again, taste the magic of the neon lights of the city of light, to cross a few smoky places where glasses clink and the smiles of fake Lolitas light up, to discuss tirelessly, in the fumes of absinthe, with the ghosts of Edgar Allan Poe, and to finally see the alchemy of the word come to life.

In a few minutes, the tickers will crackle in the newsrooms but, for the moment, the black room is filled with silence, a silence that a few rebellious notes disturb before falling inertly to the floor. On this Saturday, March 2, the spotlight is having a hard time shining, and the party seems to be frozen, as if it has fallen into a strange numbness. What can be left of the wax dolls riding sumptuous Harley-Davidsons when the black butterflies decide to fly away, nothing if not the ultimate abandonment of the dandy, the absence ...

© thierry massard / march 1991
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Suzanne Vega :: days of open hand

Voici, chers amis, quelques lignes de mise en demeure afin, que débarrassés de "Tom's Diner" adoré par tous, durant l'automne et, une fois même que la bise fut venue, nous puissions,  en toute quiétude, consacrer (enfin) nos oreilles bienveillantes à la génialissime joie d'écouter le collier de perles rares que constitue cet album de notre Suzanne Vega préférée.
Rendons à César le fait qu'au moment de sa sortie, il y a environ 9 mois, le disque a été accueilli chaudement par la critique, juste reconnaissance d'une artiste au parcours solitaire plus enviable que celui de son homonyme masculin. Admettons-le, tout net, il est très désagréable d'avoir l'impression que, pour telle ou telle autre raison, on passe à côté d'une petite merveille d'intelligence et de finesse, ou pire encore, à côté de morceaux comme "Rusted pipe" ou du prochain single "Men in a war" dont la sortie est prévue ce mois-ci.
Avec ou sans DNA, Suzanne est authentique et sa bannière est la délicatesse, une qualité par des temps sonores de surexposition aux hard mixes réchauffés et racoleurs, que l'on ne peut qu'applaudir à 3 mains, pas trop fort car le charme risquerait de se rompre. Days of open hand peut se traduire par générosité totale alors inutile de baisser la tête ou d'enfoncer celle-ci dans les épaules, la vie est bien trop courte pour écouter triste.


Here, dear friends, are a few lines of notice so that, rid of "Tom's Diner" adored by all, during the autumn and, once even the wind chill had come, we can, in all peace, devote (finally) our benevolent ears to the genius joy of listening to the necklace of rare pearls that constitutes this album of our favorite Suzanne Vega.
Let's give credit to Caesar for the fact that at the time of its release, about 9 months ago, the record was warmly welcomed by the critics, just recognition of an artist with a solitary path more enviable than that of her male namesake. Let's admit it, it's very unpleasant to have the impression that, for such or such other reason, we miss a little marvel of intelligence and finesse, or even worse, to miss tracks like "Rusted pipe" or the next single "Men in a war" which is scheduled to be released this month.
With or without DNA, Suzanne is authentic, her banner is the delicacy and by sound times of overexposure to the warmed and raunchy hard mixes, we can only applaud with 3 hands, but not too loudly because the charm would risk to break. Days of open hand can be translated by total generosity then useless to lower the head or to sink this one in the shoulders, the life is much too short to listen sad.


© thierry massard / march 1991
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The Durutti Column :: obey the time



Autant l'avouer immédiatement et sans détour, le chroniqueur ici présent, est un fan inconditionnel du guitariste anorexique de Manchester depuis, au moins, 10 albums ; inconditionnel de cette guitare au son si brillant et raffiné que cela devrait être interdit ; c'est dire si le copinage va bon train. Durutti Column est une entité très particulière dans le microcosme rock, puis que Vini Reilly se promène depuis son premier LP, entre une musique quasi-classique et sa dernière découverte, les échantillonneurs.
Outre l'aspect étonnament "soumis" du titre de l'album,  Obey The Time marque une nouvelle étape pour Vini et le batteur Bruce Mitchell. Une ouverture au son du moment, celui des discodromes, comme la célèbre Hacienda où le grattin musical anglais est venu se frotter à l'univers impitoyable des pistes de danse. Loin des participations, plutôt plus que moins oiseuses, aux productions récentes de Messires Morrissey (ex. The Smiths) ou Holly Johnson (ex. Frankie Goes To Hollywood) Vini Reilly nous gratifie d'un disque totalement instrumental d'une rare cohésion, un nec plus ultra d'Ambient Musak (avec un M majuscule), un petit chef d'oeuvre "techno-baroque". Le must dont vous rêviez pour votre discothèque ô combien sophistiquée ...

Durutti Column sera en concert, mercredi prochain, à l'espace européen, place Clichy à Paris.

Obey the time / Factory Benelux

I might as well admit it immediately, and without any detour, the reviewer here is an unconditional fan of the anorexic guitarist from Manchester since at least 10 albums; unconditional of this guitar with a sound so brilliant and refined that it should be forbidden; that's to say that the cronyism is going well. Durutti Column is a very particular entity in the rock microcosm, since Vini Reilly walks since his first LP, between a quasi-classical music and his last discovery, the samplers.
Besides the surprisingly "submissive" aspect of the album title, Obey The Time marks a new step for Vini and drummer Bruce Mitchell. An opening to the sound of the moment, that of the discodromes, like the famous Hacienda where the English musical scraping came to rub with the merciless universe of the dance floors. Far from the participations, rather more than less idle, to the recent productions of Messrs Morrissey (ex. The Smiths) or Holly Johnson (ex. Frankie Goes To Hollywood) Vini Reilly gratifies us with a totally instrumental record of a rare cohesion, a nec plus ultra of Ambient Musak (with a capital M), a little "techno-baroque" masterpiece. The must of which you dreamed for your sophisticated discotheque ...

Durutti Column will be in concert, next Wednesday, at the European space, place Clichy in Paris.

© thierry massard / 17 february 1991
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The Soup Dragons :: love god


Ô ! Entendez cette folle rumeur des grincheux puristes au fond des bois hurlants au pillage du psychedelic sound des swinging sixties, voici la première raison qui puisse vous faire adorer "aime dieu" des Dragons de la soupe. La seconde raison, c'est que vous les aimez déjà avec leur reprise de 'i'm free" des Pierres qui roulent. La troisième raison enfin et non la moindre, est que les dragons ont parfaitement cerné les paramètres délimitant la séduction d'un nombre gigantesque d'oreilles profanes sans se faire exclure du milieu très hip des 'nouveaux' branchés.
Au delà du simple gimmick, Love God est un album jalonné de réussites, voir de trouvailles (dream-e-forever) un disque atmosphérique et hargneux quand il le faut (beauty freak) indispensable pour boucler trilogie infernale : Dragons, Mondays, Charlatans. Reste à espérer, pour nos cracheurs de flammes de poisson avec des petits croutons, que sur la prochaine photo de pochette intérieure, Sean Dickson, chanteur de son état, est simplement l'air un peu moins abruti par je ne sais quel affre de notre trépidante vie moderne, c'est là le moins que l'on puisse demander au photographe de ces jeunes gens.

Love God / discogs

O hear that crazy rumour from the grumpy purists deep in the woods howling at the pillage of the psychedelic sound of the swinging sixties, here's the first reason you might love "love god" by the Soup Dragons. The second reason is that you already love them with their cover of 'i'm free' by Les Pierres qui roulent. The third reason, and not the least, is that the Dragons have perfectly understood the parameters of how to seduce a huge number of profane ears without being excluded from the very hip milieu of the 'new' hipsters.
Beyond the simple gimmick, Love God is an album full of successes, even of discoveries (dream-e-forever), an atmospheric and snarling record when it's necessary (beauty freak), essential to complete the infernal trilogy: Dragons, Mondays, Charlatans. We can only hope that on the next inside cover photo, Sean Dickson, the singer, looks a little less dazed by the horrors of our hectic modern life, which is the least we can ask from the photographer of these young people.

© thierry massard / february 1991
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AREA :: agate lines


Si vous êtes de ceux, qui pensent que, dans son ensemble, la rock musique américaine n'est finalement qu'une myriade de satellites gravitants autour d'un "Born in the USA" fédérateur, il va, vous falloir très sérieusement reconsidérer votre culture yankee contemporaine car vous risquez d'avoir une surprise à l'écoute des Agate Lines des défunts AREA. Ce trio délicieux, sévissait, parmi les rudes cowboys du Midwest, durant ces 3 dernières années sous la houlette guitareuse de Henry Frayne (désormais fondateur du THE MOON SEVEN TIMES) et sortit trois albums sans que votre tante Lucette de Limoges n'en soit informée. Il était donc particulièrement judicieux qu'une compilation des ces 3 perles inconnues soit commercialisée avant la fin du siècle. Agathe Lines est un disque réellement "fragile" où l'on est constamment à se demander si les musicos vont être en mesure de maintenir le charme jusqu'à la fin de chaque morceau, tant la dentelle tissée autour de la voix divine de Lynn Canfield est si délicatement ordonnancée.
Bien sur, reste la tentation légitime d'établir un paralèlle (facile) avec les Cocteau Twins mais AREA a ceci que les autres n'ont pas : La légèreté de l'éphémère, et toc !


If you are one of those who think that, as a whole, American rock music is only a myriad of satellites gravitating around a federating "Born in the USA", you are going to have to seriously reconsider your contemporary Yankee culture, because you might be in for a surprise when you listen to the Agate Lines of the defunct AREA. This delightful trio, which has been operating among the rough cowboys of the Midwest for the last 3 years under the guitarist leadership of Henry Frayne (now founder of THE MOON SEVEN TIMES), released three albums without your Aunt Lucette from Limoges knowing about it. It was therefore particularly judicious that a compilation of these 3 unknown gems be released before the end of the century. Agate Lines is a really "fragile" record where one is constantly wondering if the musicians are going to be able to maintain the charm until the end of each piece, so much the lace woven around the divine voice of Lynn Canfield is so delicately ordered.
Of course, the legitimate temptation remains to establish a (easy) parallel with the Cocteau Twins but AREA has this that the others do not have: the lightness of the ephemeral, and wham !

© thierry massard / january 1991
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Stereo MC's :: supernatural


C'est un matin radieux sur la glorieuse planète TERROÏDE 12.
Après un solide petit déjeuner constitué d'une tasse de chlorate de benzonine et que quelques toasts au Philidius citrique, il est supernaturel de s'approcher de sa console 15000 pistes à réalité virtuelle et d'y engouffrer le micro cube des Stereo MC's, ce groupe quasi mythique du premier cycle de notre ère.
Je les imagine, ces durs pionniers du sampler, penchés sur leur processeurs non-ionisés avec, sur les murs du studio, un cibachrome représentant des musiciens au look furieusement primitif, affichant différentes couleurs et formes capillaires.
L'image s'agite et semble s'articuler en rythme avec les sons off (on appelait cela "danser"). C'est extraordinairement kitsch de réécouter la musique de nos arrières arrières arrières grand Daddy et Mamy et de penser que ceux-ci devaient faire des raves monumentales avec ce disque au parfum d'aquarelle néo-pop seventies composé de 16 particules de bonheur, dont certaines avec la complicité de Afrika Baby Bambaata, pour plus de 70 minutes hyper surnaturelles. Quant à moi et ma tasse de benzonine citrique, demain j'arrête ...

supernatural / discogs

It's a bright morning on the glorious planet TERROID 12.
After a solid breakfast of a cup of benzonine chlorate and some citric Philidius toast, it's supernatural to walk up to one's 15,000-track virtual reality console and shove in the micro cube of the Stereo MC's, that almost mythical band from the first cycle of our era.
I imagine them, those hardcore sampler pioneers, bent over their non-ionised processors with a cibachrome of furiously primitive looking musicians on the studio walls, displaying different colours and hair shapes.
The image shakes and seems to articulate in rhythm with the sounds off (this was called "dancing"). 
It's extraordinarily kitschy to listen again to the music of our great great great great great Daddy and Mamy and to think that they must have had monumental raves with this seventies neo-pop watercolour-scented record composed of 16 particles of happiness, some of them with the complicity of 'Afrika Baby Bambaata, for more than 70 hyper sunny minutes. As for me and my cup of citric benzonine, tomorrow I'll stop ...

© thierry massard / january 1991
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Peter Gabriel :: Shaking the tree


Vive la fainéantise !
Oh oui ! Lassés que nous sommes tous d'aller rechercher l'intégrale de Rina Ketty ou de Psychic TV et d'y extirper la substantifique moelle afin d'aligner, sur cassette, toutes ces grandioses sensations que nous avons eu au début du 3ème morceau de la face B du cinquième album suivant le premier single, avant d'entamer la ré-audition légèrement craquouillante de tel morceau et de se dire que, finalement, le sillon a vraiment trop vécu et qu'il faudrait que, si je le retrouve un jour en pressage original ...
Bref, voici que débarquent les néo-compilations qui font chaud au coeur des néo-stalgiques et celle-ci en est une incarnation enthousiasmante.
Loin des antiques "Best of" ou des 'accumulations sonores" de certaines stars du PAF (John Peel, Bernard Lenoir ...), les nouvelles compilations présentent le double avantage de regrouper des hits, mais aussi de jeter un coup de projecteur sur quelques titres moins connus  qui, par la magie des programmateurs de radio deviennent des tubes en puissance (solsbury hill). Avec son Shaking the tree toute la quintessence voyageuse (de Daniel Lanois à Youssou N'Dour) de Peter Gabriel est enfin disponible pour les mélomanes pressés.

  
Long live laziness!
Oh yes! Tired as we all are of going to look for the complete Rina Ketty or Psychic TV album and extracting the substance from it in order to align, on tape, all these great sensations we had at the beginning of the third track of the B side of the fifth album following the first single, before starting the slightly cracking re-audition of such track and telling ourselves that, finally, the groove has really lived too much and that it would be necessary that, if I find it one day in the original pressing...
In short, here come the neo-compilations that warm the hearts of neo-stalgics and this one is an enthusiastic incarnation of it.
Far from the old "Best of" or the "sound accumulations" of certain stars of the audiovisual landscape (John Peel, Bernard Lenoir...), the new compilations present the double advantage of gathering hits, but also of throwing a spotlight on some less known titles which, by the magic of the radio programmers, become potential hits (solsbury hill). With his Shaking the tree, all of Peter Gabriel's travel quintessence (from Daniel Lanois to Youssou N'Dour) is finally available to music lovers in a hurry.

© thierry massard / january 1991
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Die Bunker :: mother


Après un somptueux et Kurt Weillien "Dreams are not free", le groupe français Die Bunker nous revient avec leur maman et son théâtre bastringue héroïque. Mother est la partie émergée d'un groupe à qui la musique ne suffit plus depuis belle lurette ; en parfaits saltimbanques qu'ils sont, Die Bunker travaillent avec des comédiens et théâtralisent leur univers expressionniste.
Tour à tour, sauvages, baroques, parfois même fragiles et délicates, les compositions "ambiantes" de Mother nous révèlent la richesse débordante d'un groupe qui ne fait pas l'ombre d'une concession.
Séducteurs, ils le sont, Die Bunker, mais pas avec les gimmicks habituels des groupes "hip", eux c'est l'originalité et l'authenticité poil au nez qui les préoccupent, et à en juger par la production "moulée" du son en vigueur en ce moment, ces deux méga-qualités sont plutôt rarissimes en hexagone. Mother est le disque d'un groupe au concept exubérant, de véritables pâtes riches ces types, avez-vous les mêmes à la maison ?

Mother / discogs


After a sumptuous and Kurt Weil-lian "Dreams are not free", the French band Die Bunker is back with their Mother and its heroic theatre bastringue. Mother is the emerging part of a band for whom music has not been enough for a long time; like the perfect acrobats they are, Die Bunker work with actors and theatricalize their expressionist universe.
By turns wild, baroque, sometimes even fragile and delicate, Mother's "ambient" compositions reveal the overflowing richness of a band that makes no concessions.
Seductive, they are, Die Bunker, but not with the usual gimmicks of "hip" bands, they are concerned with originality and authenticity, and judging by the "moulded" production of the current sound, these two mega-qualities are rather rare in France. Mother is the record of a band with an exuberant concept, real rich pasta these guys, do you have the same at home?

© thierry massard / january 1991
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