Tim Hecker :: anoyo



Fort d'une discographie assez remarquable, jalonnée par un sommet très probablement insurpassable (ravedeath,1972) , Tim Hecker a du prendre une décision, la meilleure, fuir !
Fuir l'attente maladive et impatiente d'un jour, d'un mois, d'une heure, fuir le temps d'après.
Fuir ! (virgins)
Fuir ! (love streams)
Fuir pour peut-être s'arrêter à Tokyo, d'où nous est parvenu un premier message (konoyo) en septembre 2018.
Second volet et fruit d'une collaboration nippone acérée, Anoyo participe à l'édification d'un espace sonore complet (et complexe) dont l'amplitude est mesurable en nombreux contrepoints de son prédécesseur, marqué par une prévalence de l'improvisation savante.
Certes, Anoyo respire le même air, mais celui-ci a désormais pris la mesure du contexte et poursuit une intense et autre vocation, celle d'un nouvel assemblage en partance (step away from konoyo), mouvant (in the void) compact et en quête d'apparente unité, mais invariablement et fatalement voué à être disloqué par de multiples aspérités ... Fuir encore !

With a rather remarkable discography, punctuated by a probably unsurpassable summit (ravedeath, 1972), Tim Hecker had to take a decision, the best, run away!
Escape the sickly and impatient wait for a day, a month, an hour, flee the time after.
Run away ! (Virgins)
Run away! (love streams)
Run away to maybe stop in Tokyo, from where we received a first message (konoyo) in September 2018.
Second part and fruit of a sharp japanese collaboration, Anoyo participates in the construction of a complete (and complex) sound space whose amplitude is measurable in many counterpoints of its predecessor, marked by a prevalence of learned improvisation.
Admittedly, Anoyo exudes the same air, but it has now taken the measure of he context and pursues an intense and other vocation, that of a new assembly departing (step away from konoyo), moving (in the void) compact and in search of apparent unity, but invariably and inevitably doomed to be dislocated by multiple asperities ... Escape again!

Thierry Massard / 10 mai 2019 - 17:33

‣ anoyo 

Synkro :: images


Un bonbon ...
L'impérieux appel du sucre, la tyrannie de la séduction.
Le crissement de l'emballage métallisé, la promesse d'une saveur imaginaire,
une fois passé le pelliculage de rigueur. Le bonheur de l'effeuillage.
Un bonbon ...
Un bonbon aperçu à travers la vitre du supermarché dans lequel il est risqué de se perdre.

A candy ...
The imperious call of sugar, the tyranny of seduction.
The screeching of the metallic packaging, the promise of an imaginary flavor,
once past rigorous filming. The happiness of stripping.
A candy ...
A candy glimpse through the window of the supermarket in which it is risky to get lost.

Thierry Massard / 10 mai 2019 - 14:00

images


Jamie Drouin :: fusiform

sensationnel ? ... étymologie / faire / sensation
l'outil (ou pas) / l'entrée en contact avec le corps.
Dire que fusiform fait sensation n'est pas sans conséquences.
Il y a néanmoins certains pré-requis, Jamie Drouin s'en acquitte avec la maîtrise d'un plasticien (qu'il est) conscient de la limite des champs (de forces, de conscience, magnétiques ...).
Cet homme là est assurément un homme averti.
Choix analogique délibéré, ascèse d'instrumentation, à l'instar de ces éminents congénères du fusionnel label infrequency, Jamie Drouin nourrit savamment l'art du rétrécissement de distance de perception. Approcher le plus prêt possible la matière électrique, la domestiquer, et produire enfin du sens (ou pas), n'est évidement pas à la portée du premier venu.
fusiform possède ce don de sculpture insubstantielle, dignement suspendue (ou pas) à la frontière séparant conscience et physiologie - Mais (nous les entendons d'ici) les esprits cartésiens hurlent déjà ... Sommes-nous donc en pleine et perturbante abstraction ? Habitués que nous sommes, à l'harmonieuse et si souvent  frauduleuse "évocation" tyrannique de la projection. Je vous l'ai pourtant dit plus haut, Jamie produit le raccourcissement de distance, sans l'indigne recours aux habituels subterfuges, une absolue alternative du choc frontal, au profit d'une sensible et talentueuse géométrie sonore. fusiform est l'évidente démonstration fluctuante, puissamment persuasive, et enfin décroissante, d'une autre et possible concordance, une brèche ... sensationnelle !

sensational ? ... etymology / making / feeling
the tool (or not) / the contact with the body.
To say that fusiform is a sensation is not without consequences.
There are certain pre-requisites, however, Jamie Drouin acquits these, with the mastery of a visual artist (he is) aware of the limits of fields (forces, consciousness, magnetic ...).
This man is certainly a wise man.
Deliberate analogue choice, asceticism of instrumentation, like those eminent congeners of the fusion label infrequency, Jamie Drouin cleverly nourishes the art of the narrowing of perception distance. To approach as near as possible the electric matter, domesticate it, and finally produce meaning (or not), is obviously not within the reach of the first comer.
fusiform possesses this gift of insubstantial sculpture, worthily suspended (or not) on the border separating consciousness and physiology - But (we hear them from here) the Cartesian spirits are already screaming ... Are we thus in full and disturbing abstraction? Accustomed as we are, to the harmonious and so often fraudulent tyrannical "evocation" of projection. I told you earlier, however, Jamie produces the shortening of distance, without the indignity resorting to the usual subterfuges, an absolute alternative to frontal shock, in favor of a sensitive and talented sound geometry.
fusiform is the obvious fluctuating demonstration, powerfully persuasive, and finally decreasing, of another and possible concordance, a breach ... sensational !

Thierry Massard / 8 mai 2019 - 15:42

Juan Antonio Nieto :: dry grass




Du marbre noir ... Pouvait-on rêver d'un plus bel écrin pour accueillir l'art étrange et jubilatoire de Nieto ?
Maitre incontestable de la possible fusion des solides et de l'immatérialité, Juan Antonio Nieto pratique l'émulsion des particules, avec l'espièglerie d'un magnifique passe-muraille.
Mais tentons de briser la glace, voulez-vous ? Dry Grass !
Apercevoir les images d'Almudena et comprendre la puissance d'un trait ...
Préambule ? Mud est saillant, très probablement issu de ces aspérités marquant le contact de la peau, préambule ... Accélérons (Machinery) Nieto connait, plus que tout autre, les capacités italiques d'une écriture séquentielle, sous porteuse futuriste d'un perceptible mouvement continu.
Fugace et illusoire certitude, Going down cherche encore (vainement ?) la possible et si gracieuse mise en contact avec une musicalité dorénavant absconse et indigente, le doux fracas de l'aridité du sol. Non content d'un authentique pouvoir de défragmentation, Red on grey participe à la possible altération des perceptions sensorielles - vous êtes seul ...
Le jeu du chat et de la souris, éminemment déstructurées, les three sides clôturent un chapitre, dont vous ne pouvez sortir indemne, vous étiez prévenu ...
Nouvelle matérialisation, Virus est une pièce maitresse de ce puissant édifice, fabuleuse mise en perspective sous-cutanée, réelle et très probablement glaçante confrontation en devenir.
Ne vous retournez pas ! (Run for life)
Particulièrement solide et déterminé, Juan n'en est pas moins évidemment épargné (No sense) par cette même abrupte solitude et les sulfureux (echoes) tourmentés, témoignages ancillaires d'un passé mélodique. Juste retour au présent (Suddently cut) se charge de ligaturer les racines. Ce monstre de boue a finalement un visage, un Golem transpercé de fulgurances électrifiantes, la logique signature d'une magnifique mise en abîme de notre propre ... matière.

black marble ... Could one dream of a more beautiful setting to accommodate the strange and jubilant art of Nieto?
Undisputed master of the possible fusion of solids and immateriality, Juan Antonio Nieto practices the emulsion of particles, with the mischief of a magnificent wall-pass.
But let's break the ice, will you? Dry Grass!
See the images of Almudena and understand the power of a trait ...
Preamble? Mud is salient, very probably from these asperities marking the contact of the skin, preamble ... Accelerate (Machinery) Nieto knows, more than any other, the italic abilities of a sequential writing, under futuristic carrier of a perceptible continuous movement.
Fleeting and illusory certainty, Going down still seeks (in vain?) The possible and so graceful putting in contact with a musicality henceforth absent and indigent, the sweet roar of the aridity of the soil. Not content with an authentic defragmentation power, Red on Grey participates in the possible alteration of sensory perceptions - you are alone ...
The game of cat and mouse, eminently unstructured, the three sides close a chapter, which you can not escape unscathed, you were warned ...
New materialization, Virus is a masterpiece of this powerful building, fabulous subcutaneous perspective, real and very probably chilling confrontation in the making.
Do not go back! (Run for life)
Particularly solid and determined, Juan is none the less obviously spared (No sense) by this same abrupt loneliness and troubled (echoes) tormented, ancillary testimonies of a melodic past.
Just back to the present (Suddently cut) is responsible for ligating the roots. This monster of mud finally has a face, a Golem pierced with electrifying flashes, the logical signature of a magnificent mise en abyme of our own ... matter.

Thierry Massard / 5 mai 2019 - 00:15

marbre negre

theQuestionnaire
Juan Antonio Nieto

artwork by David Area - photos by Almudena