Anthology of experimental music from Mexico

Rapide coup d'oeil sur l'impressionnante collection du label
Unexplained Sounds Group, il est nul besoin d'être fin observateur pour immédiatement apprécier la remarquable luxuriance du lieu.
Nous sommes bien au coeur, d'un "who's who" de l'expérimentation sonore planétaire. Il est toutefois bon de préciser, que cette abondante source de plaisirs rares, ne se nourrit que de fort peu de lumière. Elle en est, d'autant plus, incandescente.

Rapide survol, il est également nul besoin, d'être ce même fin limier, pour savoir que le Mexique est actuellement l'un des pays les plus créatifs de ( veuillez préciser un lieu à votre convenance) ... mais vous le saviez probablement déjà.

Ainsi donc, à quoi, peut bien servir cette présente "anthologie" de la musique expérimentale des Estados Unidas Mexicanos ? Nous pouvons aisément nous satisfaire des notes de présentation qui précisent, à bon escient, que nous sommes quelque part entre rites ancestraux et projection dans une dimension futuristique à définir. 
Spectre de large amplitude qui mérite bien le témoignage édifiant des 18 invités que compte cette compilation aux avant-postes.

Mais Basta ! Trêve de politesse obséquieuse ! 

Rogelia Sosa n'en a que faire, qui ouvre les hostilités, affrontant avec heurts les limites crissantes d'infortunés soundscapes. Depuis la surface, le Tecuexe Band tente de mettre bon ordre, proposant une sinueuse farandole bigarrée dont il faut se méfier des apparences. JuanJose Rivas, magistral bruitiste, convoque des esprits chuchoteurs sur un point de rencontre identifié. les topologies du désir d'Interspecifics sont toutes autant désirables qu'elles en sont visuellement suggestives. Field recording combinatoire, le totua de Israel Martinez évoque un cheminement tellurique qui se fondra bientôt dans une immensité, un firmament absolu. Classicisme de circonstance (formel?) pour Simonel et une ambiente revelacíon. Éloignement progressif, détachement du réel, Roberto Romera Molina abolit définitivement les frontières. Compatissant avec la langue natale de votre serviteur (Gracias), Rodrigo Ambriz brise toute mesure par thermomètre, inflammation cognitive et conséquences connexes. Mito del Desertio intrigue magiquement avec cette larve qui dérange, un appel à d'autres cohérences. Endémie formalisée, Concepcíon Huerta la conçoit crescendo et en majuscules invasives. Introspectif, Heraldos Negros déploie une musicalité filtrée, harmonies captives, encapsulées par un prisme émouvant. Aux confins d'un espace, bordure d'un univers sonore préalablement lointain et qualifié de NoirLandIN FORMALDEHYDE en rapporte une intime proximité finale. Seconde contribution à cet ample et hétérogène ouvrage, Tecuexe Band clôture brillamment la version solide de cette anthologie, nécessaire démonstration de la porosité des genres. Un souhait pertinent et spontanément partagé par tous, nous l'espérons.

Cinq bonus exclusivement digitaux viennent compléter cette réalisation :

Microhm qui propose de disloquer le temps, et y parvient si facilement, qu'on en pleurerait presque de bonheur.
Saisissant et très nettement moins réjouissant, l'accident cardio vasculaire proposé par Fernando Vigueras offre la très visible inéluctabilité résiduelle de l'inexorable chronomètre. 
Trait d'humour, espièglerie percussive, corroborante démonstration sonore du "l'art, c'est du sale boulot, mais il faut bien que quelqu'un le fasse" de l'artiste Fluxus, Ben Vauthier, le no sólo es dolor de Gibrán Androide affirme avec fracas un ni remords ni regrets, nous nous en réjouissons volontiers.
Décapant la surface, en aller-simple, le drone définitif de Sunnesther vient mettre un terme et nous inflige quelques hymnes (nationaux ?) concassés et jetés à l'abjecte face d'un fucking world

Terre créative et instantané particulièrement affirmé de la richesse expérimentale mexicaine, cette anthologie est une porte béante, généreusement ouverte sur de multiples autres portes, toutes autant béantes à l'heure tour.

thierry massard / 8 novembre 2020 - 15:03

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