Body​/​Dilloway​/​Head :: Body​/​Dilloway​/​Head


Commençons ces quelques lignes, si vous le voulez bien, par en délimiter le ... périmètre.

Dilloway, c'est donc Aaron Dilloway, musicien expérimental originaire de Brighton (Michigan), opérant régulièrement dans le champ de l'improvisation, souvent seul, mais aussi régulièrement, bien accompagné.
Body/Head, c'est d'abord et avant tout, la combinaison gagnante et physiologique de notre modeste humanité, mais aussi le duo que constitue Bill Nace, guitariste expérimentateur, lui aussi, avec Kim Gordon, que l'on ne présente évidemment plus, faute de devoir passer pour un fichu goujat inculte.

Ce préambule étant clarifié, nous l'espérons, combinons à présent ces trois éminentes entités. Body/Dilloway/Head, choix nominatif alphabétique, maltraité par un artwork confondant et malin, que Bill Nace a élaboré avec, n'en doutons pas, une espiègle pensée pour le legs du maître des ciseaux de l'interzone.

Body/Erase, ouvrant ce premier opus du trio, s'immisce tel un spectre d'humanité contenue, poème sonore protéiforme, dont la nature et l'incertaine destination, s'empare de nos sourdes perceptions en contorsions vocales distantes et éperdues, remous organiques matriciels, avant l'enchevêtrement fusionnel vers nos pulsations rythmiques, mutantes - Une émulsion phonique érigeant la possible négation de sa propre existence, à la faveur d'une matière électrisante autonome - Une claque sensorielle !

Central, Goin'Down poursuit mélancoliquement, l'âpre dialogue neurasthénique de dualités en perte de ressentiment, mémoire méthodique puissamment subjective et familière, cocon d'intimité encapsulée dont la fragile et scandante ritournelle ne vous laissera d'autre solution que la seule et indéfectible réclusion émotionnelle.

Confidents, les Secret Cuts procèdent de nos épanchements, à travers les bribes vocales de Gordon, aveux libératoires susurrés, effusions formellement mécanisées, mises en perspectives attentives, maestria du trio dont l'intensité atteint, ici, un point de non retour. Il faut, dès lors, envisager la géniale _______ rupture de cette onzième minute, pour que nous puissions appréhendés la puissante exacerbation et la possible incidence de ces secrets inavouables. 

Body/Dilloway/Head nous invite à la réflexive compréhension de nos sinueux mécanismes (inexorablement) humains - Magistral !

thierry massard / 27 octobre 2021 - 16:26

Body​/​Dilloway​/​Head 
Body/Head

Let's start these few lines, if you will, by defining the ... perimeter.

Dilloway is Aaron Dilloway, an experimental musician from Brighton (Michigan), regularly operating in the field of improvisation, often alone, but also regularly, well accompanied.
Body/Head is first and foremost the winning and physiological combination of our modest humanity, but also the duet formed by Bill Nace, experimental guitarist, and Kim Gordon, who obviously needs no introduction, for fear of looking like a bloody uneducated boor.

This preamble having been clarified, we hope, let us now combine these three eminent entities. Body/Dilloway/Head, alphabetical name choice, mistreated by a confusing and clever artwork, that Bill Nace elaborated with, no doubt, a mischievous thought for a bequest of the master of the scissors from the interzone.

Body/Erase, opening this first opus of the trio, intrudes like a spectrum of contained humanity, a protean sound poem, whose nature and uncertain destination, takes hold of our deaf perceptions in distanced and distraught vocal contortions, matrix organic stirrings, before the fusional entanglement towards our rhythmic, mutant pulsations - A phonic emulsion erecting the possible negation of its own existence, in favor of an autonomous electrifying matter - A sensory slap.

Central, Goin' Down continues melancholically, the bitter neurasthenic dialogue of dualities in loss of resentment, methodical memory, powerfully subjective and familiar, cocoon of encapsulated intimacy whose fragile and scandant ritornello will leave you no other solution than the only and indefectible emotional reclusion.

Confidents, these Secret Cuts proceed from our outpourings, through Gordon's vocal snippets, liberatory confessions whispered, formally mechanized effusions, attentive perspectives, mastery of the trio whose intensity reaches, here, a point of no return. It is necessary, therefore, to consider the brilliant _______ rupture of this eleventh minute, so that we can apprehend the powerful exacerbation and the possible incidence of these unavowable secrets. 

Body/Dilloway/Head invites us to the reflexive understanding of our sinuous and (inexorably) human mechanisms - Magistral!

© Joey Maloinkey

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