JUAN ANTONIO NIETO


Juan, 

Esta noche la hierba está terriblemente seca. 
Esta noche estamos en el barro. 

Hay recuerdos, horas y placeres. Está el encuentro, que no se produjo, pero la amistad no lo necesitaba. Hay recuerdos, hay horas y placeres. Los recuerdos, el placer de saber que nuestra amiga Daria Gabriel te iba a ver en concierto, la promesa cumplida que Daria me había hecho al enviarte nuestra amistad en persona. Están las fotos, las sonrisas de los amigos fieles, las ganas de estar sentados uno al lado del otro, de decirnos que somos parte de eso. Está Almu, por supuesto, a quien abrazamos. Hay recuerdos, horas y placeres. 

Esta noche la hierba está terriblemente seca. 
Esta noche estamos en el barro. 

Gracias a ti, mi amigo.

thierry massard / 27 février 2022 - google translation


Juan, 

Tonight the grass is terribly dry. 
Tonight we are in the mud. 

There are memories, hours and pleasures. There is the meeting, which did not take place, but the friendship did not need it. There are memories, there are hours and pleasures. The memories, the pleasure of knowing that our friend Daria Gabriel was going to see you in concert, the fulfilled promise that Daria had made to me by sending you our friendship in person. There are the photos, the smiles of faithful friends, the desire to be seated next to each other, to tell us that we are part of it. There is Almu, of course, whom we hug. 

There are memories, hours and pleasures. 

Tonight the grass is terribly dry. 
Tonight we are in the mud.

Merci à toi, mon ami.

© photo by Almudena Villar

Tears For Fears :: The Tipping Point

Amertume, aspiration, cafard, ennui, mal du pays, mélancolie, regret, rêve, soif, spleen, tristesse, vague à l'âme ... La nostalgie offre-t'elle une perspective ? Si oui, laquelle - Des larmes et des peurs ?

Bitterness, aspiration, blues, boredom, homesickness, melancholy, regret, dream, thirst, spleen, sadness, vagueness in the soul ... Does nostalgia offer a perspective? If yes, which one - Tears and fears ?

thierry massard / 23 février 2022 - 21:17

Tears For Fears


Mutilated Brotherhood & Antonella Eye Porcelluzzi :: Freedom Blues

C'est une évidence, porter un regard hexagonal et limitrophe, sans un arrêt sur image signifiant pour l'activisme enthousiasmant de Mademoiselle Antonella Eye Porcelluzzi n'est désormais plus admissible. Un éclat bienveillant, une ombre trépidante. L'intensité d'un souffle, balayant les langueurs tièdes et les tristes tourments d'un présent, rance et affligé, se conjuguant insidieusement au passé.

Révélatrice d'un possible crossover, et  puissamment réconciliatrice si nécessaire, Antonella Eye Porcelluzzi a décidé de prendre nos afflictions à rebrousse-poil - Saisissons vite cette chance avant l'heure du couvre-feu furtif ou plus conséquemment définitif !

En escale, dans les sinueux couloirs de Foolish Records, entité chercheuse vitale, inquiétant (nous l'espérons, sans aucune illusion) les puissants leviers de la stérilisation cultureuse, Freedom Blues atteste d'une nouvelle collaboration avec Mutilated Brotherood, affriolante émulation combinatoire des soundscapes cuivrés de Lärmshutz et des immersions abyssales de Innocent but Guilty.

Jeux de lumières, d'opacité, contre-jours et ténébreuses voltefaces en série, Freedom Blues s'affranchit de tous les encodages, au profit d'une dynamique poétique, à l'instar de cet initial cri d'amour ( Let me love you Baby ) légère rugosité, électrochoc, lancé à la face d'un monde inerte, confis de formalisme, implorant sa volonté biotique - étirement magnétique en très (très) basse fréquence. Si Trust the process revêt une confusion digressive, elle est certainement celle d'une confrontation (voluptueuse) stridente entre corps discordant et déflagration mécanique - Décidément, la rédemption ne se fera pas sans dommages collatéraux - C'est aussi, Mesdames et Messieurs, le lourd tribut à payer.

Épicentre, Freedom blues dévoile l'âpre lutte volontaire d'un verbe, rock'n'roll, langage en souffrance rythmique, noisebient en atrophie graduelle, coups de boutoirs et débit vocal en solidification - contraste.

Tempo lyrique et cuivres distendus, Ridiculous scrute et examine un dialogue impossible, autopsie brimée d'un constat d'amertume - indicible mélancolie, et refus, de celle qui expire un ultime épanchement sur une onde métallique et glaçante.

Exangue et final, Hey Baby the planet exploses, n'apporte aucun répit, état des lieux mémoriel, crispation séquentielle et cynisme d'un après, lendemains qui déchantent, survivance "dream baby dream, dream baby ...". 

La liberté a le blues, Antonella Eye Porcelluzzi & Mutilated Brotherhood le savent, qui nous exhortent à y remédier instamment - Le ferons-nous ?

thierry massard / 22 02 20 22 - 13:31

Pan•American :: The Patience Fader


Limpides et harmonieuses, les 12 pièces précieuses de ce dixième album de Pan American sont un oasis.
Un abri pour toutes celles et ceux qui persistent dans l'exploration, postulat sans fin.
Mark Nelson nous offre une récompense. 
Reconnaissants, nous n'avons qu'un simple mot :: Merci Pan•American !

thierry massard / 20 02 20 22 - 00:22

Animal Collective :: Time Skiffs


Juste une fugace attention pour le dixième opus (auto crédité) de Animal Collective
Une intention, la plus sincèrement subjective, celle d'en dire tout le bien possible, sur un quai de gare et entre deux trains en partance. Un regard croisé, un sourire, évocateur de cette fluidité affectée, une main qui se tend (Car Keys) et la promesse, que l'on se fait, que nous y retournerons, un jour, peut-être. 
Pressé, nous repartons déjà, non sans avoir salué chaleureusement Prester John. Pas même le temps d'une pensée dubitative (Strung with Everything) - L'esprit s'égare, omniprésence d'une sempiternelle réalité (Walker) - Nous le savons, Cherokee doit être un point central, mais. 
"Passer by", brièvement préoccupé, en fait les frais, sourire hypocrite, de ceux qui ne veulent pas, est-ce essentiel ? La réponse des résidents de Baltimore, est sans appel "We Go Back", nous voici pris à notre propre piège, sommation d'usage, bienvenue. 
Clôturer avant l'angle du couloir, aboutir, prendre si rapidement une décision (Royal and Desire), se dire que tout cela est, bien entendu, nécessaire. 
Oui, il le fallait, sans doute, mais "Merriweather Post Pavilion", c'était quand déjà ?
Ah oui ! Quand même ...

thierry massard / 17 février 2022 - 11:04

 
Just a fleeting note for the tenth (self-credited) opus of Animal Collective.
An intention, the most sincerely subjective, that of saying all the good things possible, on a station platform and between two departing trains. A crossed look, a smile, evocative of this affected fluidity, a hand that reaches out (Car Keys) and the promise, that we make ourselves, that we will return there, one day, perhaps.
In a hurry, we leave already, not without having greeted Prester John. Not even time for a dubious thought (Strung with Everything) - The mind wanders, ever-present reality (Walker) - We know, Cherokee must be a focal point, but.
"Passing by", briefly preoccupied, paying the price, hypocritical smile, of those who don't want to, is it essential? The answer of the residents of Baltimore, is without appeal "We Go Back", here we are caught in our own trap, warning of use, welcome.
Closing before the corner of the corridor, coming to a conclusion, making a decision so quickly (Royal and Desire), telling oneself that all of this is, of course, necessary. 
Yes, it had to be, no doubt, but when was "Merriweather Post Pavilion"? 
Oh yes ! All the same ...

Jean-Michel Blais :: aubades

 

Un instant attendu, transitoire, une chrysalide. 

L'espoir de beaucoup, le devoir de certains - le passage.

Jean-Michel Blais, pianiste adulé, franchit le rubicon pandémique, afin d'offrir une mutation gracile et cathartique de plus de 500 pièces improvisées,  en 11 compositions pour ensemble, qui ne puissent laisser indifférent, sans en prendre instantanément la concrète mesure. Néo classicisme pleinement assumé, ces aubades, du nom de ces pièces sonores matinales données sous les fenêtres d'une personne, sont autant de pépites délicates, conjuguant la richesse fusionnelle inspirante d'un passé renaissant, les floraisons actives de William Morris et, qui sait, la possible reconciliation d'un présent inspiré, avec notre mémoire - L'aveu d'une intemporalité pourfendant l'obscurantisme, pour la beauté d'un papillon et, pour le reste.

thierry massard / 10 février 2022 - 18:56

aubades

Jean-Michel Blais

An awaited, transient moment, a chrysalis.

The hope of many, the duty of some - the passage.

Jean-Michel Blais, adored pianist, crosses the pandemic rubicon, in order to offer a graceful and cathartic mutation of more than 500 improvised pieces, in 11 compositions for ensemble, which cannot leave anyone indifferent, without instantly taking concrete action. Fully assumed neo-classicism, these aubades, named after these morning sound pieces given under a person's window, are so many delicate nuggets, combining the inspiring fusional richness of a reborn past, the active blooms of William Morris and, who knows, the possible reconciliation of an inspired present, with our memory - The confession of a timelessness slaying obscurantism, for the beauty of a butterfly and, for the rest.

Pjusk :: Salt og Vind


" I think if this album will migrate its form in a poem it could be this one ::
A blade of grass by Brian Patten (England, 1946 - )

You ask for a poem.
I offer you a blade of grass.
You say it is not good enough.
You ask for a poem.

I say this blade of grass will do.
It has dressed itself in frost,
It is more immediate
Than any image of my making.

You say it is not a poem,
It is a blade of grass and grass
Is not quite good enough.
I offer you a blade of grass.

You are indignant.
You say it is too easy to offer grass.
It is absurd.
Anyone can offer a blade of grass.

You ask for a poem.
And so I write you a tragedy about
How a blade of grass
Becomes more and more difficult to offer,

And about how as you grow older
A blade of grass
Becomes more difficult to accept.

Laura Focarazzo / 7 février 2022 - 23:23
Guest of nocoVision, for this first review, Laura Focarazzo is a video artist & curator.


"Creo que si estos sonidos pudieran migrar de forma y devenir un poema, podrían ser este ::
A Blade of Grass de Brian Patten (Inglaterra, 1946 - )

Usted pide un poema.
Te ofrezco una brizna de hierba.
Dices que no es lo suficientemente bueno.
Usted pide un poema.

Yo digo que esta brizna de hierba servirá.
Se vistió de escarcha,
es mas inmediato
Que cualquier imagen de mi creación.

Dices que no es un poema,
Es una brizna de hierba y hierba.
no es lo suficientemente bueno
Te ofrezco una brizna de hierba.

Estás indignado.
Dices que es demasiado fácil ofrecer hierba.
Es absurdo.
Cualquiera puede ofrecer una brizna de hierba.

Usted pide un poema.
Y entonces te escribo una tragedia sobre
Como una brizna de hierba
Cada vez es más difícil ofrecer,

Y en cómo envejeces
una brizna de hierba
Se vuelve más difícil de aceptar.

© Laura Focarazzo / 7 febrero 2022 - 23:23
Invitada de nocoVision, para esta primera columna, Laura Focarazzo es videoartista y curadora.

Dēofol :: IM PALAST

Choisir l'obscurité et fuir l'incandescence variable de 5 à 120 000 lux.
Emprunter le chiaroscuro, long couloir, évidement sinueux, ouvrant sur d'autres paysages, à l'exemple de ce IM PALAST de Peter de Muer, aka Dēofol, artiste encore trop discret, j'allais écrire, encore trop discrètement exposé à la lumière. 
Une possible et prémonitoire fin de cycle pour l'ensemble des fournisseurs de soundscapes - Le chant du cygne pour ceux-ci ?

Aspirateur vers les soubassements, cavité où la géographie est encore spéculative, IM PALAST est aux avant-postes d'une ère mutante (et guerrière) - une fuite en dessous, mais surtout, en attente d'un après, au delà, une très certaine et catégorique impatience ...

thierry massard / février 2022



Choose darkness and escape variable incandescence from 5 to 120,000 lux.
Take the chiaroscuro, a long corridor, obviously winding, opening onto other landscapes, like this IM PALAST by Peter de Muer, aka Dēofol, artist still too discreet, i was going to write, still too discreetly exposed to the light. A possible and prescient end of cycle for all soundscapes suppliers. The swan song ?

Vacuum cleaner towards the foundations, cavity where the geography is still speculative, IM PALAST is at the forefront of a mutant (and warlike) era - a flight below, but above all, waiting for an after, beyond, a very certain impatience ..