Terje Paulsen :: make sounds not war


Un souffle court, mécanique, les canons, les balles traçantes de l'Ukraine, ou d'ailleurs, Terje Paulsen le répète 6 fois, à l'envi, "Lag lyd !" (faites du bruit) et propose une solution, approuvée à l'unanimité, moins une voix, complétant, opportunément, tout le bien que nous pensons de la formule originale du titre.

S'il ne fait aucun doute que le premier track (lag lyd 1) illustre intentionnellement le propos, il serait toutefois parfaitement illusoire d'en réduire le pourtour qu'à cette juste et unique démonstration. Quiconque s'intéressant aux travaux (magnifiques) du garçon de Kristiansand, sait, que depuis fort longtemps, ses propos infléchissent toute perception sonore, au profit d'une complète réécriture de l'art d'écouter les choses et ce que l'on pense communément, qu'elles sont. Déplacer la surface.

Ah ! L'imprudence timorée des archivistes ! Bien embarrassés au moment de devoir classifier (lag lyd 2) les tourmentes collagistes et polysoniques de Paulsen - Qu'ils se débrouillent ! N'attendez pas une aide généreuse de notre part. Nous avons bien d'autres Poutine à fouetter.

Ici, la passivité de l'auditeur n'est plus admise, Terje Paulsen ne conçoit, à l'instar du très remarquable lag lyd 3, la frayeur et le supplice guerrier qu'au prix d'une conscience éclairée qui balaye les mots de circonstance - Les barbares l'ignorent, qui se réjouissent de cruauté, faute de n'avoir dépassés le stade du protozoaire. Ouvrage étonnamment et éminemment intimiste, Make sound not war donne à entendre les rumeurs (lag lyd 4) et impacts (lag lyd 5) d'une collision de la chair et du plomb, dont on connait l'incidence.

Le péril et la mélodie qui s'enfuit (lag lyd 6) - Se souvenir (indulgente illusion ?) - Terje Paulsen démontre, s'il le fallait, que la victoire finale n'appartient qu'à celles et ceux qui ne confondent et conjuguent que les sons et l'amour.

thierry massard / 19 mai 2022 - 16:04


A short, mechanical breath, the guns, the tracer bullets of the Ukraine, or elsewhere, Terje Paulsen repeats it 6 times, at will, "Lag lyd!" (make some noise) and proposes a solution, unanimously approved, minus one vote, supplementing, opportunely, all the good that we think of the original formula of the title.

If there is no doubt that the first track (lag lyd 1) intentionally illustrates the subject, it would however be perfectly illusory to reduce the circumference only to this fair and unique demonstration. Anyone interested in the (magnificent) works from the boy from Kristiansand knows that, for a very long time his sounds have been influencing all sound perception, in favor of a complete rewriting of the art of listening to things and what we commonly thought, that they are. Move the surface.

Ah! The timorous imprudence of the archivists! Very embarrassed at the time of having to classify (lag lyd 2) the collagistic and polysonic torments of Paulsen - Let them manage! Do not expect generous help from us. We have many more Poutine-fish to fry.

Here, the passivity of the listener is no longer allowed, Terje Paulsen only conceives, like the very remarkable lag lyd 3, the fear and warlike torture at the cost of an enlightened conscience which sweeps away the words of circumstance - The barbarians are unaware of it, who rejoice in cruelty, for lack of having passed the stage of the protozoan. Surprisingly and eminently intimate work, Make sounds not war lets hear the rumors (lag lyd 4) and impacts (lag lyd 5) of a collision of flesh and lead, whose incidence we know.

The danger and the melody that flees (lag lyd 6) - To remember (indulgent illusion?) - Terje Paulsen demonstrates, if necessary, that the final victory belongs only to those who only confuse and combine sounds and love.