Aural Nihil :: aural nihil


Les lueurs pourpres et boréales de Nina Sarantari l'indiquent, nous entamons un jeu d'ombre et de lumière. Aural Nihil est encore pourtant une énigme, un plan séquence, quasi cinématographique, un jeu trouble, une étape nouvelle pour Emmanuele Gattuso, qui, rappelons-le, nous avait ébloui, l'an passé, des incandescences de "Flashlight".

Infortunés voyageurs, n'attendez pas les clés, nous vous avions déjà prévenus, Gattuso n'en a que faire des fichues règles de ce jeu trouble, parfois si rassurantes pour certains, pour vous peut-être, qui sait. 
Aural Nihil, s'écoute comme une histoire en cours d'écriture, un étrange scénario, combinatoire, images singulières et impressions familières, une nostalgie de bonheur perdu affleurante, paradoxalement quotidienne et présente, les fruits d'un avant, résidus mémoriels.

Aural Nihil est, nous le prétendons, un ouvrage bien singulier, course souple et jazzy, effrénée (dreamchaser) qui, bientôt, se brise en écho (bloom/obey) contre les parois d'un no man's land / succession gracile et atmosphérique / une magnifique écriture mélodique qui se refuse méthodiquement, sursaut, vacuité volontaire de destination. Si le rythme semble se défragmenter (black cherry chapstick) c'est que l'opacité est graduellement omniprésente, une brume éclairée d'un halo (gum keys) retissant à dévoiler une clandestinité émotionnelle / réminiscences industrielles tentaculaires (burn it all down), vite jugulées (sweeling ground) car notre esprit est, lui aussi, vagabond.

Présence fantômatique (come play with me) parfum d'une enfance distante, à nouveau cette image fugace qui se dématérialise inexorablement, coup de semonce. La réalité, consciente ou pas, veille, suspendue à un fil, toujours prêt à se rompre, un suspence parasitaire accroché au monitoring d'un écran (coming down) - Si, enfin, Aural Nihil se referme sur des nécessaires cornes de brume, elles n'en sont que le témoignage et constat d'un naufrage ajourné, la rédemption de voyageurs, au sortir d'une étrange histoire, la nôtre - Une pièce maîtresse !

thierry massard / 13 juin 2022 - 11:04

Aural Nihil
Emmanuele Gattuso / linktr.ee

The purple and boreal glows of Nina Sarantari indicate it, we begin a game of shadow and light. Aural Nihil is still however an enigma, a sequence shot, almost cinematographic, a troubled game, a new stage for Emmanuele Gattuso, who, let us remember, had dazzled us, last year, with the incandescences of "Flashlight".

Unfortunate travellers, don't wait for the keys, we already warned you, Gattuso doesn't care about the bloody rules of this murky game, sometimes so reassuring for some and for you, maybe, who knows.

Aural Nihil can be heard like a story being written, a strange scenario, combinatorial, singular images and familiar impressions, a flush nostalgia for lost happiness, paradoxically daily and present, the fruits of a before, remnants of memory.

Aural Nihil is, we claim, a very singular work, a supple and jazzy race, unbridled (dreamchaser) which, soon, breaks in echo (bloom/obey) against the walls of a no man's land / graceful and atmospheric succession / a magnificent melodic writing which methodically refuses, start, voluntary emptiness of destination. If the rhythm seems to defragment (black cherry chapstick) it is because the opacity is gradually omnipresent, a haze lit by a halo (gum keys) reluctant to reveal an emotional clandestinity / sprawling industrial reminiscences (burn it all down), quickly suppressed (sweeling ground) because our mind is also wandering.

Ghostly presence (come play with me) scent of a distant childhood, again this fleeting image that inexorably dematerializes, a warning shot. Reality, conscious or not, watches, hanging by a thread, always ready to break, a parasitic suspense clinging to the monitoring of a screen (coming down) - If, finally, Aural Nihil closes on the necessary fog horns, they are only the testimony and observation of a postponed shipwreck, the redemption of travelers, at the end of a strange story, ours - Une pièce maîtresse !