Souffler les bougies ... ou pas.
Nul besoin de disserter longuement sur un disque pour lequel tout a été dit, écrit, vu, archi-entendu, scanné par la justice. NEVERMIND et, au-delà, son géniteur, le groupe Nirvana, sont et demeurent l'attraction « rock » numéro un de celles et ceux qui ont grandi dans les années 90. Amateurs novices de musique, dont la vision prospective s'arrêtera probablement aux seules têtes de gondole ; les autres, plus aguerris, n'ayant pas à rougir d'avoir apprécié un produit de la machine à paillettes, parfaitement conforme et certifié comme tel.
Ni meilleur ni pire qu'un autre, NEVERMIND n'est, somme toute, qu'un simple disque de punk rock produit par une Major, aux visées logiquement commerciales, comme il en existe tant. L'histoire est bien là pour en attester.
Reste une énigme, et la cohorte d'un triste constat, celui que l'on peut faire en regardant les performances de cette édition célébrant le trentième anniversaire, en cet été 2022. Immédiatement numéro un des ventes dans de très nombreux pays... Si, d'aventure, l'on pousse l'investigation, on apprend que la deuxième marche du podium de la planche à billets est tenue par un « Best of » frelaté de... Queen.
C'est peut-être ici que commence une autre histoire. Celle du naufrage d'une époque grise, confinée dans le conformisme, pétrifiée, aveugle et répulsive à tout instinct ou esprit de nouveauté. Être musicien, de surcroît expérimentateur, en 2022, est bel et bien devenu un oxymore et une sinécure. Nul besoin de re-disserter longuement : le choix est devenu également très simple. Assister, incrédule, à l'enterrement d'une passion dévorante en célébrant un énième anniversaire, ou s'armer du délicieux frisson de courage réservé uniquement à celles et ceux qui poussent de nouvelles portes. Nous avons choisi.
