a year with ... EIDON VEDA

Railroad Tracks

Eidon Veda a raison !

Il se pose la bonne réponse à une excellente question :: 
"What kind of music do you make ? I would not be able to give a <<sound>> reply"
Laissons-le savamment cogiter, en proie à la plus extrême et jouissive (pour nous) souffrance.
Profitons-en pour déambuler dans les couloirs méandreux d'une année, quasi complète, à la faveur de trois (super) productions, qui l'ont illustrées.

Allons ! Je vois d'ici et déja les oreilles fuyantes, détourner le regard, refusant un moindre et bienveillant effort, incapables de choisir, oublieuses du temps qui passe, et qui ne reviendra, que si l'on lui demande, gentiment, en trois exemplaires, fond du couloir (méandreux), guichet 3.

Prenons le train, celui du joyeux mois de mai, conscients et certains de pouvoir comparer avec d'autres Different trains, rapidement bousculés (on a runaway train) dans nos certitudes, 
jeu espiègle de fractales qui n'en finissent pas d'hypnotiser les plus retors et les quelques autres, de passage. 
Un rythme groovy, un pouls qui accélère, celui de "Mick Robase". 
Nous ne sommes pourtant pas dupes, une fois encore, "Bo Leroy" essaie de nous égarer, il y parvient.
Changement d'amplitude, changement de cap, soyeux, "Downtune Ed" et "Vincent" caractérisent, à la perfection, le sérieux d'une intense aventure sonore. "Toccata", temps suspendu, un court instant, l'inexorabilité qui reprend l'ensemble de ses doigts, dextérité à l'infini, collorature, la chute inévitable. 
Hommage aux drippings sonores de Aldo Clementi, légèreté (de surface), appui concerté et cette grave inexorabilité persistante, Eidon Veda en parfaite dissimulation, embusqué. 
Guitare, bombes, Jimi, est-il utile de ...
Reprise alternative, bousculade (à nouveau) , les "Railroad tracks" ne finissent assurément sur un quai.


Unknow

Torpeur accablante, énigme estivale, relents de moiteur dans l'oeil d'Horus, sudation confluente et générative de soubresauts inexplicables - Parcourons, d'un trait de khôl saillant, Unknow !
Perplexe, irrésolu, (Fugelstat) un saut tragique dans l'imprévisible, c'est sans compter avec les règles d'un jeu ignoré par tous, celui d'une autorité savante (Unknow) de l'acte pour l'art, aussi transgressif qu'un dessin de Raviola, mutisme, n'en attendez pas plus de matière diserte. Il faut bien se rendre à l'évidence, Eidon Veda pratique l'allégorie mutante et mobile, d'intentions inventives, de personnages (Taki to Oshima) , conscient d'y placer quelques pièges, des trappes inattendues, des fils fragiles, tendus au point de rompre. 
"FZ" frappe de façon insistante, malaise formel sensible. 
"Armitage" pièce maîtresse, inspirée d'un animé, entrebaillement de volets, éclat solaire, insouciance, le pas de danse aux aguets, une bouteille salvatrice à la mer, mambo épileptique que l'on fracasse séchement.
Le code, la ligne décisionnelle, le dogme ample, suggestif, un amour fragilisé,『愛フラジャイル』, une économie de moyens? Assurément pas, intrinsèque réalité confondante, sourde à la plus faible sentimentalité émotionnelle - Abstraction providentielle, mosaïque rythmique (Gin & miskatonic) un sournois quotidien devenu combustible, à tout instant. 
L'oeil concupiscent, l'abandon pour qui saura attendre, Eidon se détourne, à la manoeuvre d'un Grundgestalt generator, dynamo protéiforme, oscillateur en mesure d'installer la nouvelle excroissance d'un genre musical, divisant critiques et afficionados de plaisirs singuliers.
Nous y sommes, mais trêve relative, "daffodills" n'a rien d'une floraison épanouie, collaboration explosive avec son ami Wim, Eidon Veda y livre une nouvelle possibilité, sombre, électrique, contrepoint élastique à la diction traditionnellement poétique d'une invitée surprise. Ritournelle mécanisée (EnGamEnd) prémisse d'un nouveau sommet, "Hedgehog" a l'écriture cohérente, progressive, narrative et, surprise, nous regrettons presque que le track ne puisse se prolonger et s'amplifier monstrueusement.

Nouveau et ultime chapitre, d'une très conséquente production.
"Prelude" ouvre une séquence dont le thème central est un poème de Samuel Taylor Coleridge, décrivant les aventures d'un marin, servant sur un bateau qui fait naufrage. 
Etrangeté atmos-féérique, récit laconique d'une voix profonde, mélodie minimale, nostalgique, asservie au propos du récitant. Paradoxal, "The storm-blast" illustre un flow vocal empirique et un suspense métronomique haletant. Une somptueuse mise en abyme, la perdition de tout repère.
Troisième partie d'une séquence cloturant l'album, "Albatross" s'étire avec langueur, sur le pont du navire en déroute, notes volées d'un carnet de bord que l'on consulte, avec la volonté d'un lendemain, une autre circonstance, c'est promis ?

Unknow

Ballet Mécanique

DaDa ! Allez quoi, le mot devait être prononcé, un jour ou l'autre, 
une tocade et un plaisir simple, sans but avoué, du rédacteur.

Novembre, le mois de toutes les audaces ? 
Fugacité des algorithmes qui trébuchent et se perdent dans un désert éclairé par la grâce.
Rappel à l'ordonnancement algébrique, le balllet, oui, celui-même de MM. Murphy & Léger
Pas touche ? Imaginons, en cet instant, le rire amusé et sonore, de l'homme du Perche.
Balayons toute possible sacralisation, ce ballet n'appartient à personne, et surtout pas aux poussiéreux musées. 
Aléatoire, "フ​ラ​グ​マ​ー 1" est la première réponse, rencontre équidistante de la chair et du fruit numérique, un dialogue. Dansons pour fêter celà, "Morgana" est fait pour çà !
"A342585", choisir la bonne carte, ou pas - le dialogue se crispe enfin, la querelle, lutte éternelle, sans issue. "Gohachi" intrigue, décision arbitraire de Veda, puissament conjuguée, renfort de Franck Zappa, appelé à la rescousse, pour la xénochronie d'un vidéogramme :: "euqinacèM".

Historique, mathématiquement sourcé, "o'RAM" pour l'évocation salutaire de Daphné Oram, synchronicité du Ballet.

Les clubbers acidulés désireux d'exalter leur âme sensible, n'ont pas de crainte à avoir, "Electric Circus Factory" est ouvert jour et nuit, altérité d'un jazz, mais, s'il vous plait, pas trop de bruit en sortant, car il serait inélégant de déranger les protagonistes langoureux de "Night of Strangers".
Nul doute n'est permis, l'ouverture de "Randomon : Divertimento Aleatorio" va ravir les hommes de loi belliqueux, Eidon Veda doit immédiatement répondre de ses actes devant la justice, il le fait avec maestria, combinant avec bonheur, percussions marocaines et des sombres pianos, n'ayant de similitudes avec les hommes de loi, que la couleur du costume. 

Novembre, le mois de toutes les audaces !
"Waka Kyōka" nous rapproche un temps, des images, nitrate de cellulose en accélération, secousses, tressaillements cinétiques, chronophotographie spéculative imaginant la possible rencontre de E.J.Marey avec Léger.
"Morgana, alternate take", vous ne trouvez pas que la chaleur monte ...
"Divertimento", mambo hypnotique et terriblement addictif, si Eidon Veda s'en excuse, il ne l'avait pas prévu, nous sommes au regret de l'informer que nous préférons ses qualités d'imprévisibilité. 

Densité extrême, pourrait évidement qualifier et résumer "Ballet Mécanique", mais nous avons oublié d'y ajouter un final millésimé "74", combinaison proustienne, propagation de rhizomes, plaçant l'ensemble dans le constat remarquablement éclatant d'une émulsion homme-machine, éfficacement radieuse !


Empruntés en Mai, en Août, ou en Novembre, certains couloirs méritent, beaucoup plus de vigilance que la simple et étroite promiscuité d'un calendrier.

thierry massard / 25-26 novembre 2022 - 11:30




Eidon Veda is right!

He asks himself the right answer to an excellent question ::
"What kind of music do you make? I would not be able to give a <<sound>> reply"
Let him cleverly ponder, prey to the most extreme and pleasurable (for us) suffering.
Then, let's take the opportunity to stroll through the meandering corridors of a year, almost complete, thanks to three (super) productions, which illustrated it.

Lets go ! I see from here and already the shifting ears, looking away, refusing a lesser and benevolent effort, unable to choose, forgetful of the time that passes, and which will only come back if we ask it, kindly, in triplicate , end of the corridor (meandering), counter number 3.

Let's take the train, that of the happy month of May, aware and certain of being able to compare with other Different trains, quickly jostled (On a runaway train) in our certainties,
mischievous game of fractals that never cease to hypnotize the most devious and the few others passing through.
A groovy rhythm, an accelerating pulse, that of "Mick Robase".
However, we are not fooled, once again "Bo Leroy" tries to mislead us, he succeeds.
Change of amplitude, change of course, silky, "Downtune Ed" and "Vincent" characterize, to perfection, the seriousness of an intense sound adventure. "Toccata", suspended time, a short moment, the inexorability that takes over all of his fingers, infinite dexterity, collorature, the inevitable fall.
Tribute to the sound drippings of Aldo Clementi, lightness (of surface), concerted support and this serious persistent inexorability, Eidon Veda in perfect dissimulation, ambushed.
Guitar, bombs, "Jimi", is it worth ...
Alternative recovery, jostling (again), the "Railroad tracks" certainly do not end on a quay.


Overwhelming torpor, summer enigma, hints of dampness in the eye of Horus, confluent and generative sweating of inexplicable jolts - Let's go through, with a salient line of kohl, Unknow!
Perplexed, irresolute, (Fugelstat) a tragic leap into the unpredictable, that's without taking into account the rules of a game ignored by all, that of a scholarly authority (Unknow) of the act for art, too transgressive than a drawing by Raviola, silence, don't expect more eloquent material. We have to face the facts, Eidon Veda practices mutant and mobile allegory, inventive intentions, characters (Taki to Oshima), aware of placing some traps, unexpected trapdoors, fragile, taut threads to the point of breaking.
"FZ" hits insistently, sensitive formal malaise.
"Armitage" centerpiece, inspired by an anime, half-open shutters, solar radiance, carelessness, the dance step on the lookout, a life-saving bottle in the sea, epileptic mambo that we smash dryly.
The code, the decision-making line, the ample, suggestive dogma, a weakened love,『愛フラジャイル』, an economy of means? Assuredly not, intrinsic confounding reality, deaf to the weakest emotional sentimentality - Providential abstraction, rhythmic mosaic (Gin & miskatonic) a sly everyday become combustible, at any moment.
The lustful eye, the abandonment for those who will be able to wait, Eidon turns away, at the maneuver of a Grundgestalt generator, protean dynamo, oscillator able to install the new growth of a musical genre, dividing critics and aficionados of singular pleasures.
We are there, but relative truce, "Daffodills" has nothing of a blooming flowering, explosive collaboration with his friend Wim, Eidon Veda delivers a new possibility, dark, electric, elastic counterpoint to the traditionally poetic diction of a surprise guest. Mechanized ritournelle (EnGamEnd) premise of a new height, "Hedgehog" has coherent, progressive, narrative writing and, surprise, we almost regret that the track cannot be prolonged and amplified monstrously.

New and final chapter, of a very substantial production.
"Prelude" opens a sequence whose central theme is a poem by Samuel Taylor Coleridge, describing the adventures of a sailor, serving on a sinking ship.
Atmos-feerical strangeness, laconic story in a deep voice, minimal, nostalgic melody, enslaved to the narrator's subject. Paradoxically, "The storm-blast" illustrates an empirical vocal flow and a breathless metronomic suspense. A sumptuous mise en abyme, the loss of all landmarks.
Third part of a sequence closing the album, "Albatross" stretches languidly, on the deck of the ship in rout, notes stolen from a logbook that we consult, with the will of a tomorrow, another circumstance, promise?

Unknow

DaDa! Come on, the word had to be spoken, one day or another,
a fad and a simple pleasure, without avowed aim, of the editor.

November, the month of all daring?
Transience of algorithms that stumble and get lost in a desert lit by grace.
Reminder to algebraic ordering, the balllet, yes, that of MM. Murphy & Leger.
Not touch ? Imagine, at this moment, the amused and sonorous laughter of the man from Argentan.
Let's sweep away any possible sacralization, this ballet does not belong to anyone, and especially not to the dusty museums.
Random, "フ​ラ​グ​マ​ー 1" is the first response, an equidistant meeting of flesh and digital fruit, a dialogue. Let's dance to celebrate, "Morgana" is made for that!
"A342585", choosing the right card, or not - the dialogue finally tenses up, the quarrel, eternal struggle, with no way out. 
"Gohachi" intrigues, arbitrary decision of Veda, powerfully combined, reinforcement of Franck Zappa, called to the rescue, for the xenochrony of a videogram:: "euqinacèM".

Historical, mathematically sourced, "o'RAM" for the salutary evocation of Daphne Oram, synchronicity of the Ballet.

Tangy clubbers wishing to exalt their sensitive souls have nothing to fear, "Electric Circus Factory" is open day and night, alterity of a jazz, but, please, not too much noise in outgoing, because it would be inelegant to disturb the languorous protagonists of "Night of Strangers".
No doubt is allowed, the opening of "Randomon: Divertimento Aleatorio" will delight belligerent lawyers, Eidon Veda must immediately answer for his actions before the courts, he does it with mastery, happily combining Moroccan percussions and dark pianos, having no similarities with the men of law, but the color of the suit.

November, the month of all daring!
"Waka Kyōka" brings us closer to time, images, cellulose nitrate in acceleration, jolts, kinetic thrills, speculative chronophotography imagining the possible encounter of E.J.Marey with Léger.
"Morgana, alternate take", can't you find the heat rising...
"Divertimento", hypnotic and terribly addictive mambo, if Eidon Veda apologizes for it, he had not foreseen it, we regret to inform him that we prefer its qualities of unpredictability.

Extreme density, could obviously qualify and sum up "Mechanical Ballet", but we forgot to add a vintage finish "74", Proustian combination, propagation of rhizomes, placing the whole in the remarkably dazzling report of a man- machine, effectively radiant!


Taken in May, August, or November, some corridors deserve much more vigilance than the simple and narrow promiscuity of a calendar.