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Innocent But Guilty and Friends :: 413


Nombre porte-bonheur, 413 l'est. Très heureuse réussite, à l'instar du sémillant label bordelais, Foolish Records, cette compilation est d'autant une réussite, que sa démarche de conception est simple. Les bonnes idées le sont si souvent. Partant de neuf instrumentaux, dignement élaborés par Innocent But Guilty, 9 invités, particulièrement représentatifs d'une (rare) vitalité productive de sens en éveil, donnent libre-cours à leur interprétation des-dits tracks. Le résultat ne tarde pas à être au-delà de toute hauteur de nos indignes ou modestes espérances.

Konejo, Christophe Bailleau, KHΛOMΛИ, r$kp, Ben Coudert & Antonella Eye Porcelluzzi, NLC, Philippe Neau, SRVTR, Wolf City & Otrno Slvani, s'entrecroisent sans jamais se heurter, donnant à l'ouvrage une nouvelle dimension (413ème ?) - Spectaculaire exhauteur atmosphérique, la palette est aussi riche, que l'émulsion est intense, tour à tour, dark, downtempo, field recording, neo indus ou flirtant avec une dark folk saisonnière, 413 remplit grandement son office et en mérite autant d'applaudissements successifs.

thierry massard / 11 octobre 2022 - 14:46

413

Lucky number, 413 is. A very happy success, like the spirited Bordeaux label, Foolish Records, this compilation is all the more a success, as its design approach is simple. Good ideas so often are. Starting from nine instrumentals, worthily elaborated by Innocent But Guilty, 9 guests, particularly representative of a (rare) productive vitality of awakened senses, give free rein to their interpretation of the said tracks. The result is not long in being beyond any height of our unworthy or modest hopes.

Konejo, Christophe Bailleau, KHΛOMΛИ, r$kp, Ben Coudert & Antonella Eye Porcelluzzi, NLC, Philippe Neau, SRVTR, Wolf City & Otrno Slvani, intersect without ever colliding, giving the work a new dimension (413th? ) - Spectacular atmospheric enhancer, the palette is as rich as the emulsion is intense, alternately dark, downtempo, field recording, neo industrial or flirting with seasonal dark folk, 413 greatly fulfills its role and deserves as much successive applauses.

KHΛOMΛИ :: BLÉTROLE

 


Saisissant !
Sai-si-ssant !

Et si, sur les cendres chaudes et la rudesse sauvage d'une très inquiétante actualité, ce BLÉTROLE de KHΛOMΛИ était, tout simplement, un chef d'oeuvre ? Une symphonie (4 mouvements) empruntant à la fois, à l'emphase éclatante d'un Stravinsky, autant qu'à la martialité systémique de Laibach ? Imaginons, un seul instant, le même ouvrage assorti d'une conséquente estampille jaune, typographie classique, comme seule la prestigieuse Deutshe Grammophon en a l'illustre secret... 
Se détacher du flux, support numérique avilissant, robinetterie sonore (bandcamp) aussi marécageuse, inconséquente, qu'indistinctement dédiée à une consommation d'urgence, banalisée, irrésistible nécessité d'une digestion fast fashion, immédiatement réplicable, à l'envi, pour son stricto senso, quart d'heure de célébrité sur des réseaux solidaires et, pourtant, si peu sociaux. 

BLÉTROLE ne joue, fort heureusement pas, dans un pareil contexte, car BLÉTROLE est probablement et préalablement destiné à une toute autre lecture, celle d'une histoire singulière qui s'écrit malheureusement au présent. Une histoire, dont nous ne pouvons être, manifestement, que des spectateurs, des badauds, que personne n'écoute ni entend - intérêts supérieurs abscons de gouvernance, méfaits d'un médiocre employé, servile, un sinistre aliéné qui se rêve une postérité.

Dès l'ouverture, notre homme du chaos ne s'y trompe pas, pointant d'un doigt tendu, le nerf irrité d'un carnage (Épi de blé épié), justesse d'un index acéré qui s'enfonce inexorablement dans la chair, une lame de fond brutale, monstrueux éveil d'un spectre qui se dessine, hideux, convulsif, le fruit logique d'une démence affutée, les vautours piaffants d'impatience, no limit requested, nous sommes en live, guetteurs attentifs, prompts à flatter les bas inctincts.

Blétrole, pièce centrale, puissante allégorie, aussi signifiante qu'un coup de massue en plein coeur, crescendo atmosphérique, dont l'issue est implacable, le choc percussif et mutant d'une collision de l'acier et du sol. La démonstration bestiale d'un triomphe, celui d'une regression, inhumaine.

Charogne devenue putride, primitivement vitale, Bombe l'eλutomique, annonce avec clairvoyance et le plus sombre fatalisme, l'avénement d'un âge de devastation. Aucune alternative, KHΛOMΛИ frappe à nouveau, avec maestria, le point névralgique. La douleur est intense, à la mesure d'une autopsie clinicienne de la noirceur, dominée de soundscapes sans issues, l'absolue désespérance fluide et ce martellement forcené, glacial.

Conjurer l'impitoyable exigence d'un socle sociétal, Esseиceиdre nous prend à la gorge, déterminé à obtenir nos aveux. Mécanique fulgurante d'un consumérisme de l'effroi, raffinage de nos certitudes, KHΛOMΛИ interroge hardimment, orchestrant en détail et brillantes digressions rythmiques, une danse de saint guy, dont nous sommes, nous le savons, les principaux ordonnateurs.

Final synthétisant un ouvrage ultime, aussi remarquable qu'un essentiel éclair de lucidité, les 24 minutes de Λtomikλmikλz résonnent d'un écho magnifique, amplitude spectaculaire d'une chambre mortifère aux dimensions abstraites et croissantes, beauté vénéneuse, cristallisant la confrontation de notre mémoire sensible de ces instants et la proximité d'un auteur visionnaire - Les 4 dernières minutes sont un paroxysme absolu.

thierry massard / 15 septembre 2022 - 17:14


Striking!
Stun-ning!

And if, on the hot ashes and the wild harshness of a very disturbing topicality, this BLÉTROLE of KHΛOMΛИ was, quite simply, a masterpiece? A symphony (4 movements) borrowing at the same time, the dazzling emphasis of Stravinsky, as much as the systemic martiality of Laibach? Let's imagine, for a single moment, the same work accompanied by a consequent yellow stamp, classic typography, as only the prestigious Deutshe Grammophon has the illustrious secret...
Breaking away from the flow, degrading digital medium, sound taps (bandcamp) as swampy, inconsequential, as indiscriminately dedicated to emergency, trivialized consumption, irresistible need for a fast fashion digestion, immediately replicable, at will, for its stricto senso, quarter of an hour of celebrity on solidarity networks and, however, so little social.

BLÉTROLE does not play, fortunately, in such a context, because BLÉTROLE is probably and previously intended for a completely different reading, that of a singular story which is unfortunately written in the present. A story, of which we can obviously only be spectators, onlookers, that no one listens to or hears - abstruse superior interests of governance, the misdeeds of a mediocre, servile employee, a sinister insane person who dreams of posterity.

Right from the opening, our man of chaos makes no mistake about it, pointing with an outstretched finger, the irritated nerve of a carnage (Epi de blé épié), precision of a sharp index finger which sinks inexorably into the flesh, a brutal ground swell, monstrous awakening of a looming specter, idious, convulsive, the logical fruit of a sharp madness, the vultures prancing with impatience, no limit requested, we are live, attentive lookouts, quick to flatter the instinctive base.

Blétrole, central piece, powerful allegory, as significant as a blow to the heart, atmospheric crescendo, whose outcome is implacable, the percussive and mutating shock of a collision of steel and ground. The bestial demonstration of a triumph, that of a regression, inhuman.

Carcass become putrid, primitively vital, Bombe l'eλutomique, announces with clairvoyance and the darkest fatalism, the advent of an age of devastation. No alternative, KHΛOMΛИ strikes again, with mastery, the neuralgic point. The pain is intense, commensurate with a clinical autopsy of darkness, dominated by soundscapes without exits, the absolute fluid despair and this frenzied, icy hammering.

Conjuring up the ruthless demand for a societal base, Esseиceиdre takes us by the throat, determined to obtain our confessions. Dazzling mechanics of a consumerism of dread, refining of our certainties, KHΛOMΛИ boldly questions, orchestrating in detail and brilliant rhythmic digressions, a dance of saint guy, of which we are, we know, the main organizers.

Final synthesizing an ultimate work, as remarkable as an essential flash of lucidity, the 24 minutes of Λtomikλmikλz resonate with a magnificent echo, spectacular amplitude of a deadly room with abstract and growing dimensions, poisonous beauty, crystallizing the confrontation of our memory sensitive to these moments and the proximity of a visionary author - The last 4 minutes are an absolute climax.

KHΛOMΛИ :: 0000


Avec pas moins d'une cent-vingtaine de réalisations, disponibles sur la seule plateforme banKcamp, KHΛOMΛИ est un véritable stakhanoviste sonore dont la première qualité est, à n'en pas douter, de préférer les jeux d'ombres aux plaisirs frelatés des feux de la rampe. Acteur éclairé d'une scène laborieuse, puisque post-industrielle, depuis les premières heures des eighties, l'homme chaotique n'en collectionne pas moins des associations fulgurantes, comme le très précieux Shit happens, définition manifeste et fort à propos de l'an de grâce 2020. Mais, précaution oratoire d'usage, du passé nous ne pouvons faire table rase.

Bien décidé, toutefois, à remettre le compteur à 0000, voici 4 tracks de synthèse dont l'homogénéité est beaucoup plus que confondante.

Expressionnisme saisissant, distance réglementaire bienséante, 0222 plante instantanément un décor dont les strates n'ont d'autre choix que celui du couperet aussi acéré que fatal. Ici, aucune mise en perspective n'est admise, les rares tentatives semblent et demeureront inopérantes.

2022, si les trépignements vocaux d'ouverture puissent augurer d'une farandole insouciante, le rappel mécanique est infaillible, l'appel de l'obscurité incertaine et ses affres ont rapidement le pouvoir d'enclore tout espérance - sine die.

2202, cut-up protubérant, crissements et poussières métalliques, broyage des assonances - résiduel !

2220, monstre collagiste, livré sans restrictions, au traitement numérisé d'un flow mental, une excroissance de chair mutante,  dont l'issue nécessite un avertissement final, ces particules ne seront plus jamais élémentaires.

thierry massard / 30 septembre 2021 - 11:24

0000

With no less than one hundred and twenty realisations, available on the only banKcamp platform, KHΛOMΛИ is a real sonic stakhanovist whose first quality is, without a doubt, to prefer shadow games to the adulterated pleasures of the spotlight. Enlightened actor of a laborious scene, as post-industrial, since the first hours of the eighties, the chaotic man does not collect less dazzling associations, like the very precious Shit happens, manifest and very appropriate definition of the year of grace 2020. But, as is customary, we cannot wipe out the past.

Determined, however, to put the counter back to 0000, here are 4 tracks of synthesis whose homogeneity is more than confusing.

Striking expressionism, proper regulatory distance, 0222 instantly sets a scene whose strata have no other choice than the sharp and fatal cutter. Here, no perspective is allowed, the rare attempts seem and will remain inoperative.

2022, if the vocals stampings of the opening can augur a carefree farandole, the mechanical recall is infallible, the call of the uncertain darkness and its afflictions quickly have the power to enclose any hope - sine die.

2202, protruding cut-up, metallic crunching and dusting, crushing of assonances - residual!

2220, monster, collagist delivered without restrictions, to the digitised treatment of a mental flow, an excrescence of mutant flesh, whose outcome requires a final warning, these particles will never again be elementary.

YR20 :: shit happens


L'inévitable constat, l'incandescence d'une combustion, SRVTR, KHΛOMΛИ et Innocent But Guilty conjugués derrière l'acronyme millésime, signent une véritable pierre angulaire : Celle d'une dystopie, dégagée des référents bienséants ; balayés les Zamiatine, Orwell, Huxley, K.Dick, Ballard et la cyberpunk attitude d'opérette. Le gin de la liberté a un goût amer et une DLC dépassée - littératies et comestiques pour un illusoire et craintif bilan - L'horrible est désormais ordinaire - Shit happens ! Nous y sommes, acteurs dociles et témoins figés, animés des ultimes soubresauts de la quête de responsabilité. 

Le jour d'après sera donc un jour sans fin et "Shit happens" est la prima maestria musicale dégagée de l'influence romantique d'un cocoon confiné en visio dépendance, livré à domicile - Magistral !

thierry massard / 22 janvier 2021 - 19:33


The inevitable observation, the incandescence of a combustion, SRVTR, KHΛOMΛИ and Innocent But Guilty combined behind the acronym vintage, sign a real cornerstone: That of a dystopia, free from decent referents ; swept away Zamiatine, Orwell, Huxley, K. Dick, Ballard and the cyberpunk attitude of operetta. Liberty Gin has a bitter taste and an outdated best before date - literacies and comestics for an illusory and fearful balance sheet - The horrible is now ordinary - Shit happens! We are there, docile actors and frozen witnesses, animated by the last jolts of the quest for responsibility.
The next day will be a never-ending day and "Shit happens" is the musical maestria prima free from the romantic influence of a cocoon confined to visio addiction, delivered to your home - Magistral !