Rompre momentanément le silence - Je ne vois aucune raison de bouder un plaisir avéré. L'impression de retrouver de très vieux amis, les vicissitudes des vies et l'éclaircie manifeste. GRASSE MATINÉE MAXI a tous les attraits d'un rendez-vous nécessaire, terriblement utile. Le lustre, Albert Camus en exergue, Julien Ash (NLC) et la voix souple et grave d'Antonella Eye Porcelluzzi qui dévorent l'espace clos (Elle et Lui).
Cette grasse matinée n'est pourtant pas dilettante, un dialogue d'esthètes, à l'instar d'une ligne ou d'une virgule, un saxophone bienséant, celui d'Aloïs L. Le monologue d'un quotidien habité de toutes ces vaines ou saillantes gravités, le mouvement naturel des choses qui se tordent pour ne pas casser. Les beaux échos de NLC sont si lourds, parfois si lointains, un poids à la démesure des mots, des tempos qui prennent place, qui font soudainement et définitivement sens.
Si, enfin, le "Mistral d'été" reste sourd à la menaçante altération des certitudes, la complicité de Christophe Bailleau, le violon d'Aloïs L, sont aussi précieux que l'envie de rompre momentanément un silence.
thierry massard for nocoVision / 6 octobre 2024
Temporarily breaking the silence - I see no reason to shun an undeniable pleasure. It feels like reconnecting with very old friends, the ups and downs of life, and a clear break in the clouds. GRASSE MATINÉE MAXI has all the allure of a necessary, incredibly useful rendezvous. Its luster shines with Albert Camus as a preface, Julien Ash (NLC), and the supple, deep voice of Antonella Eye Porcelluzzi that fills the enclosed space (Elle et Lui).
This "a lie-in" is far from idle, a dialogue between aesthetes, as precise as a line or a comma, with the elegant saxophone of Aloïs L. It’s the monologue of a daily life filled with both trivial and weighty concerns, the natural movement of things bending but not breaking. The rich echoes of NLC are so heavy, sometimes so distant, carrying a weight equal to the scale of the words and tempos that fall into place, making sudden and definitive sense.
If, finally, the "Mistral d'été" remains deaf to the threatening shift in certainties, the collaboration with Christophe Bailleau and the violin of Aloïs L are as precious as the desire to temporarily break a silence.
