PHILIPPE NEAU // impresSiONs


Un jour, un autre, à la folie, il fallait s'y attendre un peu beaucoup passionnément.

Philippe Neau flirte avidement avec la trouble passivité des apparences.
Attiré par un écho ( Im ), un geste pigmenté de bleu, qui sait, PN observe la surface qui s'érode inlassablement. Le visible devient négligeable, parcimonieux. Lorsque " P " aiguillonne le réel, celui-ci ne renvoie qu'une réplication dégradée. Les oiseaux et les enfants peuvent bien chanter, la carapace absorbe l'onde opacifiée.

" accélère le phénomène - projection et sédimentation d'une matière, une texture sonore corrodée dans un souffle. " E ", un répit momentané, mais les deux " S " se cristallisent à leur tour - expansion - le diaphragme du microphone n'est pas épargné. Les oiseaux et les enfants chantent toujours, mais le simulacre les rattrape. Quelques notes inversées résonnent, sculptures spectrales grouillantes, calcifiées. " i " installe un malaise, une crainte sourde et enfouie, le rétrécissement volontaire d'une conscience en alerte.

Bribes de phrases, murmures déclamés et perceptibles chuchotements, " O " s'enfonce dans sa propre cavité buccale au bord de l'enfermement. Interstice en ultime suspension naturelle, " Ns " se conjugue dans un ébat triomphant de l'orage.

Point d'orgue d'un dialogue incessant avec les éléments, les impresSiONs de Philippe Neau inaugurent une impulsion remarquable (et insidieuse), une mécanique émotionnelle nouvelle ou inaccoutumée face à une certaine inertie, devenue dogmatique, dans la plaine des très ronronnants Field recordings.

thierry massard // 4 jan. 2°25



One day, another, madly, it was to be expecte a little a lot passionately.

Philippe Neau avidly flirts with the troubled passivity of appearances.
Drawn by an echo ( Im ) a gesture pigmented in blue, who knows, PN observes the surface, endlessly eroding, the visible becoming negligible, sparse. When " " spurs reality, it only reflects a degraded replication. Birds and children may sing, yet the shell absorbs the wave, now opacified. 

" accelerates the phenomenon—projection and sedimentation of matter, a corroded sonic texture in a breath. " " a momentary respite, but the two " " crystallize in turn—expansion—the microphone's diaphragm is not spared. Birds and children still sing, but the simulacrum catches up to them; a few inverted notes resonate, spectral, writhing sculptures, calcified. " " installs unease, a muted and buried dread, the deliberate narrowing of an alerted consciousness.

Fragments of phrases, murmurs declaimed, perceptible whispers, " " sinks into its own oral cavity, on the brink of confinement. An interstice in ultimate natural suspension, " Ns " conjugates itself in a triumphant amorous embrace of the storm.

The culmination of an incessant dialogue with the elements, Philippe Neau’s impresSiONs inaugurate a remarkable (and insidious) impulse, a new or unusual emotional mechanism confronting a certain inertia, that has become dogmatic, in the plain of overly purring Field recordings.