EIDON // evanescenze

Let us be sententious! Eidon Veda worships a few solid oddballs – Frank Vincent Zappa leading the charge – and others too, equally non-conforming figures, those who thwart any descent into the mainstream soup. Ouch! Here comes a viewpoint that has, quite literally and instantly, turned critical. So what now? Should we worry about the mental health of the author behind the recent K’UX, CHIAROSCURO, IKE BANA, the wonderful BALLET MÉCANIQUE, and the rest? Yes! That’s exactly it – call for help…

Here too, we worship the weird and the strange lab dwellers.
Here, we adopt virtuous credulity and (quite easily) get fired up about Order and Chaosthough of course we know we’re not fooled. Here, we could almost praise Microsonatina No. 3 faster than it takes to fall in love with it: a matter of how the scale is calibrated.

Here again, the tempestuous William Shakespeare is – obviously – summoned. We’ll have to deal with it.

Let’s align on our true intentions. Let’s embark with Orca Pal3tta! while brushing past the more-than-brilliant Mud Men (who, let’s be honest, made a big mistake). When Eidon writes somewhere: “a new collection of ephemeral spirits of the air,” he’s unflinchingly describing an Imp still in its test tube – a true preparatory delight. Unless it’s Alchimia itself that’s about to become one.

Images and sounds, now turned narrative, jostle together – in a seductive mess (Wet Moon), or in this entirely unexpected, wobbling Fugue. With Alchimia Seconda, this time we’re convinced: Eidon walks the wire. The perpetual search for a spark. Sometimes born from distant and surprising encounters (manga...), the glimmering ember (ヒカル) promptly sheds its flashy rags, for the sheer pleasure of escapade and audio sleight-of-hand (Bric-à-Crab).

The key word is finally seized: EVANESCENZE holds the ephemeral and the elusive, yes – but just long enough for us to remember them.
That’s the paradox: to fix the fugitive, to capture the trace of a flicker… Maybe that’s what Eidon seeks to do – or to undo.

⚫️ EVANESCENZE
⚫️ EIDON // more in nocoVision ...

Soyons sentencieux ! Eidon Veda vénère quelques solides olibrius – Frank Vincent Zappa en tête – et d'autres encore, personnages tout aussi peu conformes, ces empêcheurs de sombrer dans la soupe mainstream. Ouille ! Voici un début de point de vue devenu, littéralement et immédiatement, critique. On fait quoi ? On s'inquiète de la santé mentale de l’auteur des récents K’UX, CHIAROSCURO, IKE BANA, du merveilleux BALLET MÉCANIQUE et du reste ? Oui ! C’est bien cela – appelons les secours…

Ici aussi, on vénère le bizarre et les étranges laborantins.
Ici, on joue la vertueuse crédulité et l’on s’enflamme (assez facilement) pour « Order and Chaos » – mais nous savons bien que nous ne sommes pas dupes. Ici, nous pourrions presque encenser « Microsonatina 3 » en moins de temps qu’il n’en faut pour l’adorer : question de graduation de l’échelle.

Ici encore, le tempétueux William Shakespeare est – évidemment – convoqué, il faut faire avec.

S’accorder sur nos véritables intentions. S’embarquer avec « Orca Pal3tta! » en frôlant les plus-que-géniaux « Mud Men » (qui ont fait, disons-le, une big mistake). Lorsque Eidon écrit quelque part : « a new collection of ephemeral spirits of the air », il décrit sans ménagement un « Imp » encore en éprouvette, un vrai délice préparatoire. À moins que ce ne soit l’Alchimia, elle-même, qui soit sur le point d’en être une.

Devenus narratifs, les images et les sons se bousculent – en désordre de séduction (« Wet Moon ») ou dans cette « Fugue » totalement inespérée, bringuebalante. Alchimia Seconda, cette fois-ci nous en sommes convaincus, Eidon navigue sur le fil. La quête perpétuelle de l'étincelle. Venue parfois de lointaines et surprenantes rencontres (manga...), l’escarbille scintillante (ヒカル) se défait promptement des oripeaux clinquants pour le simple plaisir de l’escapade et du trompe-l’ouïe (« Bric-à-Crab »).

Le maître-mot est finalement arraché : EVANESCENZE contient l’éphémère et l’insaisissable, oui – mais les retient juste assez longtemps pour qu’on s’en souvienne. Tout le paradoxe est là : fixer le fugitif, capturer la trace d’un éclat… C’est peut-être cela qu’Eidon cherche à faire – ou à déjouer.

thierry massard / 9 mai 2°25