EMMANUELE GATTUSO // hisstape


" Broken loops and degraded tones. Unearthed from tape, played back through dust.* " 

Emmanuele Gattuso (qui a repris son patronyme) n'y va pas avec le dos de la cuillère - nous lui accordons volontiers cette juste détermination tant le lissage psychopathe et l'asepsie n'ont ici aucun avenir - Ouvrir les yeux ...

HISSTAPE pourrait bien être perçu comme un "mini" album (sens volumétrique) s'il n'est, authentiquement, une Mise à jour (majeure) systémique ... à moins qu'il ne devienne un socle véritable.

"Noise Candy"
"Liminal"
"Scorpion Drowning in The River"
"Hiss"
"Proaesthetic"

crédits

5 tracks, 5 témoins ! Et la mise en exergue immédiate d'un épicentre (Hiss) où l'empilement des strates fait figure d'archétype. Un condensé intentionnel, latent et distinctement distant de tout standard de production convenue. "Hiss" est une esquisse trouble, un appel granuleux à l'observation critique du rythme séducteur au travers d'un mur épais. Le choix de la facilité nous appartient, celui d'Emmanuele Gattuso est autre.

Une ironie ? Peut-être. Mais surtout la voie d’un parcours en rupture, une errance élective où les phares n’éclairent rien d’utile. Dès l’inaugural "Noise Candy", le décor vacille : la surface est fine, la perturbation encore fragile, mais bien réelle et opérante
 
"Liminal" l'implacable, une discrète allure de banger sophistiqué.

Nouveau spectre, nouvelle échappée, "Scorpion Drowning In The River" domestique l'émotionnel avec justesse et la profondeur nécessaire. 

"Proaesthetic", en clôture, agit en soliste. Détaché, autonome, il dessine une réconciliation prudente, au piano partiellement évanescent. Un fondu, mais surtout l’ébauche d’un interstice : pas une réponse, mais une alternative. Pas une lutte frontale, mais un discret levier contre la docilité ambiante.

Un piano évanescent, l'avénement d'un interstice fondateur et générateur d'alternatives plutôt que le défi aux déserts sonores parsemés de désolations. 

HISSTAPE est ce discret levier contre la docilité ambiante.

thierry massard / 4 juin 2025

*Boucles brisées et tonalités dégradées. Exhumées des bandes, rejouées à travers la poussière.

"Broken loops and degraded tones. Unearthed from tape, played back through dust."

Emmanuele Gattuso (who has reclaimed his full surname) doesn’t hold back. And we fully embrace his right determination, there’s no room here for psychopathic smoothing or clinical sterilisation - Opening the  eyes

HISSTAPE might be perceived as a “mini” album (terms of volume) but it is, in truth, a systemic (major) Update — unless it turns out to be a foundational work in its own right.

“Noise Candy”
“Liminal”
“Scorpion Drowning in The River”
“Hiss”
“Proaesthetic”

Five tracks, five statements. And an immediate spotlight on a central point: Hiss — where layered accumulation takes the shape of an archetype. An intentional concentrate, latent and distinctly removed from any standard production model. "Hiss" is a blurred sketch, a grainy call to critically observe seductive rhythms through a dense wall of sound. We can always choose ease — Emmanuele Gattuso chooses otherwise.

An irony? Perhaps. But above all, it’s the path of a rupture — a deliberate drift, where headlights shine on nothing useful. From the very first track, "Noise Candy", the surface begins to shake: it’s delicate, the disturbance is still fragile — but it’s there, and it works.

"Liminal" is relentless — quietly dressed as a sophisticated banger.

A new spectrum, a new escape, " Scorpion Drowning In The River" tames the emotional with just the right depth and precision.

Proaesthetic, the closing track, stands apart — detached and fully autonomous. It sketches out a cautious reconciliation, with a half-faded piano line. A vanishing piano, the emergence of a founding interstice — not a showdown with sonic wastelands scattered with desolation, but a discreet mechanism of resistance.

 HISSTAPE is that quiet lever, gently shifting the weight.