PETE SWINTON // carbon mesh


Les plus aguerris des programmateurs radio, avides de stupéfactions, devraient immédiatement faire appel au talent hors norme de Pete Swinton
Mais pourquoi donc une introduction aussi péremptoire, et si éloignée du sujet de notre présente occupation ? CARBON MESHLes 36 premières secondes (CM One) en sont probablement la réponse la plus vibrante.

Cet interstice, dans lequel vous vous apprêtez à faire une incursion volontaire, conservera sans doute les traces aiguisées de votre passage. Objet sonore à la chimie ... écoutez !

Album particulièrement bien nommé, CARBON MESH se nourrit uniquement de l’essentiel : l’incision.
Une entaille fine, qui ne laisse aucune chance à la surface boursouflée, souffreteuse.

"CM Two" déclenche l’alarme : acérée, aigre, perçante.
"CM Three" dévoile un nuage de paillettes mouvantes, métalliques, frictions abrasives, effleurant des parois en évident repli.
Habile expert de l’obturation des signaux, Pete Swinton pratique le pelliculage sonore et sensoriel (CM Four) avec autant de précision que son indéfinissable urgence DIY. 

CARBON MESH est aussi ce lieu où les usages en cours et les mots (commentaires, chroniques ... ) sont — et seront — sans aucune incidence formelle.

Pete Swinton est beaucoup plus punk que votre mari.

"CM Five"… track noyé ?
Horreur. Tourments. Phénoménal ! Un épicentre ...
Vous faisiez quoi avant cette témérité ?



The most seasoned radio programmers, those ever hungry for astonishment, should immediately turn their attention to the outlandish talent of Pete Swinton.

But why start with such a peremptory statement — and one that seems so far removed from the subject at hand?

CARBON MESH. The first 36 seconds (CM One) may well be the most vibrant answer possible.

This interstice, into which you are about to plunge — willingly — will likely retain the sharp imprint of your passage.
A sonic object with a chemistry that… listen !

Perfectly titled, CARBON MESH feeds solely on the essential: incision.
A fine cut that gives no chance to the swollen, ailing surface.

“CM Two” sounds the alarm: sharp, sour, piercing.
“CM Three” reveals a cloud of shifting metallic glitter, abrasive frictions brushing against surfaces in evident retreat.
A deft master in signal occlusion, Pete Swinton layers sound and sensation (CM Four) with the same precision as his indescribable DIY urgency.

CARBON MESH is also that space where prevailing norms and words (reviews, commentary...) are — and will remain — formally irrelevant.

Pete Swinton is way more punk than your husband.


“CM Five”… track drowned?
Horror. Torment. Phenomenal. An epicenter ...
What were you doing before this audacity?

thierry massard // 3 août 2025