KANEEL // traverses

⚫️ TRAVERSES
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Patatras ! Tombé dans l’oubli poussiéreux d’un disque dur égaré sur une étagère. Un destin si peu enviable auquel viennent d’échapper les TRAVERSES de Kaneel. Objet sonore désormais identifié, ce « nouvel » album de Guillaume Richard de 2017 selon la datation carbone, n’a pas pris la moindre ride — gage d’un ouvrage remarquable.
Alors, une fois passé l’esprit bonne bouteille qu’on arbore fièrement en remontant de la cave, il semble évident que l’étape suivante concerne la dégustation et le verdict. Séduction ?

Immédiate, et sans l’ombre d’un détour. "Faux Certain" procède par magie rédemptrice pour un réel envoûtement. Pierre angulaire du destin musical d’un musicien épris de distances et d’éternels retours — nous l’en prions ! — TRAVERSES affiche toutes les qualités qui obligent à la relecture d’un passé sans lequel le présent est si souvent peu fréquentable. Un charme intact (avec un i majuscule).

"Trouble Panique" n’échappe pas à la règle du bon souvenir — antonyme d’un oubli malheureux et volontaire — tandis que "Baston Un Joueur" entérine cette décision précitée : la visite gourmande d’un univers prudemment enfantin (en apparence) façonné par un musicien dont nous regrettons la discrétion un peu trop exemplaire. Si "En Traverse", à son tour, éveille des envies soudaines de retrouver les warpiens Mark Cancellara et Mike Johnston (duo, lui aussi, bien trop discret), il semble évident que l’alanguissement a enfin trouvé un remède efficace.
Cure de jouvence à portée d’oreilles attentives, "Figure de Style" s’applique à étendre nos perspectives, tandis que "Fabriqué Tranquille" s’accorde à faire l’unanimité.

Selon toute logique apparente, "Calme Forcé" vient clore le chapitre. Il est clair, limpide : nous n’en avons nulle envie. Vos étagères sont-elles poussiéreuses ?

thierry massard / 11 novembre 2025

Boom ! Lost in the dusty oblivion of a hard drive misplaced on some forgotten shelf. Such an unenviable fate — one that TRAVERSES by Kaneel has just managed to escape. A sound object now properly identified, this “new” album by Guillaume Richard, carbon-dated to 2017, hasn’t aged a single day — proof of a remarkable piece of work.
So, once past that fine vintage spirit one proudly displays when bringing up a bottle from the cellar, it becomes clear that the next step involves tasting — and judgment. Seduction?

Immediate, and without the slightest hesitation. "Faux Certain" works its redemptive magic, casting a genuine spell. Cornerstone of a musician’s destiny — one devoted to distances and eternal returns (we beg him for more!) — TRAVERSES bears all the qualities that compel us to revisit the past, without which the present is all too often uninhabitable. A charm intact (with a capital i).

"Trouble Panique" abides by the rule of fond remembrance — the antonym of an unfortunate and voluntary oblivion — while "Baston Un Joueur" confirms that earlier verdict: a tasteful visit through the cautiously childlike (in appearance only) universe of a musician whose excessive discretion we can only regret. When "En Traverse", in turn, rekindles sudden cravings for the Warp-like duo Mark Cancellara and Mike Johnston (also far too discreet), it becomes evident that languor has at last found an effective cure.
A rejuvenating treatment within ear’s reach, "Figure de Style" sets out to broaden our horizons, while "Fabriqué Tranquille" gracefully brings consensus.

By all apparent logic, "Calme Forcé" closes the chapter. Clear, limpid — yet we clearly have no wish for it to end. Are your shelves getting dusty?