¿Escucha? ¡No! Infiltración.
La confrontación directa con la ambigüedad de estar en escena, una suerte de antropología espectral donde el ballet de las apariencias de "Personas En Exhibición" es ya un recuerdo fugaz. Una obra que lejos de buscar la claridad performativa, opta en cambio por la meditación sobre el vacío o colapso: el proscenio desierto, donde la única luz que importa es aquella que revela la sustitución por el holograma y el sobresalto en loop.Modulación Clandestina
"Radio Spectrum Secrets" es el axioma sonoro de esta ética. Este track no se conforma con captar la señal; fractura y disecciona el aire que nos envuelve, revelando la íntima superposición de la onda portadora y el mensaje que se envuelve en ella. Pero aquí, lo esencial o lo hermético, reside (quién sabe) en lo que ya no queremos o no nos atrevemos a oír.La onda pura, saturada de claridad, no es más que un señuelo. La verdad anida en las frecuencias clandestinas, esas señales furtivas, de baja potencia, que el ingeniero de sonido ha aprendido a aislar para mejor ignorarlas. IN VITRO las filtra, dándoles una prioridad estética. Es la escucha de las interferencias, de los parásitos, de los murmullos que traicionan las palabras furtivas.Colisión Armónica
La confusión asumida por una cierta ética del field-recordings (grabaciones de campo). Ya no es la composición lo que prima, sino su colisión con el otro, ¡nosotros!Deambulemos (Jardins A La Nit): la armonía se solidifica, una masa aérea y densa, donde la trompeta de horiso ya no es un elemento yuxtapuesto, sino una vibración suspendida de un hilo, frágil y amenazada por el ruido de fondo que la cerca. El sonido cercano al compás solo existe en fusión inmediata con su telón de fondo.
Esta densidad culmina en el ritmo imparable y desafiante de la inmensa "Children of God", donde un didgeridoo artificial se convierte en la prueba de que incluso el fervor ritual puede reducirse a un track mecánico, un fondo sobre el que una búsqueda (¿espiritual?) debería tener que formarse.
Escuchar RADIO SPECTRUM SECRETS es aceptar lo que nos ofrece Quetzal Contla: el «vasto horizonte de sonidos velados, latentes en las calles, los pasillos, las habitaciones y los jardines» es liberado, pero no interpretado.
El cuasi-hermetismo de esta música no reside en su complejidad técnica —aunque es innegable— sino en la exigencia que impone al oyente. El mensaje está codificado por la superposición misma de lo real. Así, para orientarse, para descifrar estos mensajes, debemos renunciar a la espera de una verdad exterior.
IN VITRO no grabó un mini álbum, activó una estación de escucha. A nosotros nos toca sintonizar nuestros propios receptores.
Écoute ? Non ! Infiltration.
La confrontation d'emblée a l'ambiguïté d'être en scène, une sorte d'anthropologie spectrale où le ballet des apparences de "Personas En Exhibición" est déjà un souvenir fugace. Une réalisation, loin de chercher la clarté performatrice, une méditation sur la vacance ou la faillite : une avant-scène désertée, où la seule lumière qui vaille est celle qui révèle une substitution par l'hologramme et le soubresaut en boucle.
Modulation clandestine
"Radio Spectrum Secrets" est l'axiome sonore de cette éthique. Ce track ne se contente pas de capter le signal ; il fracture et dissèque l'air ambiant, révélant la superposition intime de l'onde porteuse et le message qui s'y enroule. Mais ici, l'essentiel ou l'hermétique, réside (qui sait) dans ce que l'on ne veut pas ou plus entendre.
L'onde pure, saturée de clarté, n'est qu'un leurre. La vérité, elle, se niche dans les fréquences clandestines, ces signaux furtifs, à basse puissance, que l'ingénieur du son a appris à isoler pour mieux les ignorer. IN VITRO les exfiltre, leur donnant une priorité esthétique. C'est l'écoute des interférences, des parasites, des murmures qui trahissent les mots furtifs, échappés.
Collision harmonique
la confusion assumée par une certaine éthique du field-recordings. Ce n'est plus la composition qui prime, mais sa collision à l'autre, nous !
Déambulons (Jardins A La Nit) : l'harmonie y est solidifiée, une masse aérienne et dense, où la trompette de horiso n'est plus un élément juxtaposé, mais une vibration suspendue à un fil , fragile et menacée par le bruit de fond qui l'encercle. Le son proche n'existe qu'en fusion immédiate avec son arrière-plan.
Cette densité culmine dans le rythme imparable et défiant de l'immense "Children of God", où un didgeridoo artificiel, devient la preuve que même la ferveur rituelle peut être réduite à un track mécanique, un fond sur lequel une quête (spirituelle ?) devrait devoir se former.
Écouter RADIO SPECTRUM SECRETS, c'est accepter ce que nous offre Quetzal Contla : le « vaste horizon de sons voilés, latents dans les rues, les couloirs, les pièces et les jardins » y est libéré, mais non interprété.
Le quasi hermétisme de cette musique ne réside pas dans sa complexité technique - bien qu'elle soit indéniable - mais dans l'exigence qu'elle pose à l'auditeur. Le message est codé par la superposition même du réel. Ainsi, pour s'y retrouver, pour déchiffrer ces messages, nous devons renoncer à l'attente d'une vérité extérieure.
IN VITRO n'a pas enregistré un mini album, il a activé une station de veille. À nous de régler nos propres récepteurs.
thierry massard // 11 déc. 2025
artwork : Sarah Ekaterinaphoto by Jeshua Contla

