aAirial :: wanderings



à la fragile lumière (incandescente) de la belle lurette, nous savions Mahorka, très au delà du bon goût, et nous savons aussi la constance et la très amicale ténacité de son mentor, Ivo Petrov.

Aujourd'hui, nous sommes en France où les toits sont parfois (probablement) enneigés. Des toits prestement fractalisés, mais assurément pas engourdis.
Fort d'un cheminement fidèle à une certaine éthique de la distribution musicale (qu'il en soit félicité), aAirial prolonge son active collaboration avec Mahorka et ainsi, ont décidé ensemble de graver dans le dur une version retravaillée et rehaussée de la 188ème référence du netlabel, à l'occasion de sa première bougie. Les gâteaux (cadeaux) d'anniversaire n'en sont que meilleurs quand ils cessent d'être virtuels.

Ouvrant sur la promesse tenue de nouveaux horizons, wanderings s'engage sur une écriture simple, sans formalisme et, bien loin de l'affligeante virtuosité des médiocres, le charme opère instantanément - insidieuse polygonale sentimentale - Tandis que "where" offre encore la langueur avisée du promeneur perdu dans un paysage objectivement intérieur, la solennité du bien nommé "one point is enough to define a space" marque l'édifice. Nous y sommes, c'est ici que vous attend votre intuition et cet indicible besoin de découverte, encore et toujours. Passé l'interstice "far off", "child of the universe" raconte une histoire, une histoire qu'il vous fera inventer, et c'est là très certainement tout l'enjeu des wanderings, que de nous permettre l'émulsion nonchalante, privilège bilatéral.
Eminemment cinématographique, "au grès des vagues" envisage le plan panoramique mais surtout l'envie de sauter dans les flaques sur la plage en oubliant définitivement la fichue caméra. Etonnamment, l'éponyme "wanderings" pratique l'art du balisage formel, probable espièglerie réservée à celles et ceux qui aiment marcher sur les pelouses interdites. Conjuguant la résiliente sobriété de "memories of memories" et la non moins sobre mais graduellement omniprésence émotionnelle de "a silence ...", aAirial nous invite à la volte-face affective, amusant et singulier écho pour une partie de ping-pong en temps suspendu ?
Mais retour au charme des déambulations sans but, où les conversations sont si souvent empreintes de confidences, "be what you wanna be" trace un délicat thème mélodique, avant que "let go" ne vous rappelle que cette histoire est bien réelle et habilement circonstancielle. Ironie de cette même histoire, l'imperturbable "ksanti" s'achève (déjà?) avec humour mais en suspens. Que faire ? Est-il nécessaire de reprendre nos cadencements illusoires ? Corriger la trajectoire ... le savez-vous ? Une certitude toutefois, les amateurs de GPS n'aimeront pas "postpone", ni d'ailleurs ces wanderings de aAirial, tant pis pour eux ...

Thierry Massard / 28 janvier 2019 - 08:58

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