Si oui, nous recommandons plutôt le rez-de-chaussée.
Si non, il ne vous reste que le TURKISH MODULAR de Messieurs Bioni Samp et Psychiceyeclix.
Duo à la productivité inventive et multi azimutée, découverts par le plus grand hasard lors d'une déambulation erratique dans les couloirs sinueux d'un infini vers l'au delà, Bioni Samp & Psychiceyeclix méritent un arrêt sur image (recommandé pour le rez-de-chaussée) ou moins prosaïquement, un zapping scratché aux formes, couleurs, sons saturés et enrichis au glitch-art. Nous succombons immédiatement au wind charmer. Méfiez-vous, toutefois, des apparitions et disparitions successives, ces gentilshommes manient, avec dextérité, l'art d'égarer, sur la lune (moon) les enfants sages, que nous sommes, dans les sombres ou éclatants méandres d'une réalité intégralement reconstruite pour les besoins du scénario.
Savant bidouillage, Turkish Modular réussit là où tant d'autres échouent. Il faut dire que la recette est délicate qui oblige à la justesse des proportions entre les divers ingrédients décrits par les protagonistes comme un "unfathomable array of random instruments & diy electronics" que nous nous refusons de traduire. Retenez simplement le parfait équilibre, la constante maîtrise de l'ensemble, qui maintient sur un fil tendu (electronic tide), ces field recordings, y compris en studio, et les sources directes aux multiples protubérances rhizomiques. Ici, aucun choix n'est nécessaire, puisque le tout est indispensable. Ainsi, dominant un Abyss aux parois étonnamment familières qui ne tarderont pourtant pas à se désagréger, nous plongeons dans les boucles, vis sans fin, d'une shaman's pipe, nouvelle trahison des images, nouvelle mise en abyme.
Arrivés au quasi terme de ces nombreuses et chatoyantes nuances, l'intensité craquelante de kettle vessel est chargée de raccompagner (calmement) les visiteurs opportuns jusqu'à la porte de sortie, à moins que ce ne soit, au bord de la fenêtre.
thierry massard / vendredi 13 novembre 2020 - 13:20
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