BORIS BLANK // resonance


Soyons objectifs (une fois n'est pas coutume), nous nous étions préparés à expédier, vite fait mal fait, l'affaire en cours d'instruction. S'inquiéter du sort d'un troisième album solo, sans notable mémoire des prédécesseurs revient à dire que l'attrait s'en trouve relativement limité. Ainsi donc, nous nous apprêtions à ouvrir les deux premières portes "Vertigo Heroes part.1" - "Resonance", ni bons et ni mauvais, le simple constat que Boris Blank n'a rien à craindre pour sa postérité, il peut aisément revendiquer la paternité de l'intégralité du son offert par le duo depuis leur opportune rencontre ... Oh Yeaaaah !

Un pitch ? RESONANCE fait préalablement écho à la commande d'un spa de la région de Zurich désireux de flatter les oreilles des clients en quête d'hydrophilie sonore. Désireux d'y apporter le lustre nécessaire, Messieurs Stefan Bock et Stefan Zaradić, du label Ian Records, ont jugé indispensable d'y adjoindre le meilleur de la technologie 3D du Fraunhofer Institute - Garantie de facture d'un produit hautement audiophile. 
Peu enclin à apprécier un ouvrage sur ce seul critère asservi si souvent à la dissimulation d'une vacuité du propos, nous voici au pied d'un mur carrelé, revêtu d'un peignoir blanc et des abominables claquettes.

Sentant poindre une micro inquiètude, nous glissons prudemment dans les amples soundscapes de "Ninive". Un paysage pavé de bonnes intentions, downtempo de rigueur, mélodie édulcorée, suave.
Orage d'opérette, "Time Bridges" confirme l'atmosphère emmiellée, caractéristique familière aux produits de grande consommation. Amateur d'espaces sonores surdimensionnés, Boris Blank s'en imprégne à outrance (Defying Gravity) classicisme, ersatz de vocalises, les codes et les recettes, l'oubli instantané.
"Angel Base" réveille quelques souvenirs, ceux d'un passé pas si lointain, on crève d'envie de ressortir le magnifique "Takla Makan" qui cloturait trop discrètement le sous-estimé TOUCH.
"Elements of Life" vient enfin confirmer le postulat initial du musicien, 
RESONANCE est certes un album Ambient, il s'agit surtout d'un objet sans préméditation et nous craignons de devoir prononcer le mot "Muzak" en son sens le moins gratifiant. 
Survol de quelques mouettes (Respiro di Mare) raréfaction de l'air (iodé).
"Najade" s'étire et s'étiole sur 3 longues minutes, "North of Eden" participe à l'impatience d'en finir.
Réconfort passager, "Vertigo Heroes part.2" s'inquiète de notre torpeur manifeste, une solution en vue ou  une possible sortie d'un triste tunnel ? Arabesques de série B à gogo. 
Intelligemment intitulé "Mirage" l'ultime track résume à raison l'ensemble - Privé de son illustre compère, Boris Blank doit se rendre à l'évidence, la solitude confère à une salutaire remise en question.

thierry massard // 16 février 2024


Let's be objective (for once), we were prepared to quickly dispatch the ongoing matter under review. To worry about the fate of a third solo album, without notable memory of its predecessors, is to say that the appeal is relatively limited. Thus, we were about to open the first two doors. "Vertigo Heroes part.1" - "Resonance" neither good nor bad, just the observation that Boris Blank has nothing to fear for his legacy; he can easily claim paternity of the entirety of the sound offered by the duo since their timely encounter... Oh Yeaaaah!

A pitch? RESONANCE echoes the request of a spa in the Zurich region eager to please the ears of clients seeking sonic hydrophilia. Eager to add the necessary sheen, Messrs. Stefan Bock and Stefan Zaradić from the Ian Records label deemed it essential to incorporate the best 3D technology from the Fraunhofer Institute - A guarantee of a highly audiophile product. 
Not inclined to appreciate a work based solely on this often servile criterion, which is so often used to conceal vacuity of purpose, here we are at the tiled wall, clad in a white bathrobe and abominable slippers.

Sensing a hint of concern, we cautiously slide into the expansive soundscapes of "Ninive." A landscape paved with good intentions, obligatory downtempo, sweetened melody, smooth. Operetta storm, "Time Bridges" confirms the sweetening intention, a familiar characteristic of mass consumption products, latency. A lover of oversized sound spaces, Boris Blank absorbs them excessively (Defying Gravity) classicism, vocalise substitutes, the codes, the recipes, and instant forgetfulness. 
"Angel Base" awakens some memories, those of a not-so-distant past, one is eager to bring out the magnificent "Takla Makan," which discreetly concluded the underestimated TOUCH
"Elements of Life" finally confirms the musician's initial premise ; RESONANCE is certainly an Ambient album, but it is above all an object without premeditation, and we fear having to utter the word "Muzak" in its least gratifying sense. 
A few seagulls (Respiro di Mare), air rarefaction (iodized). "Najade" stretches and fades over 3 long minutes, "North of Eden" contributes to the impatience to finish. 
Momentary comfort, "Vertigo Heroes part.2" worries about our evident torpor, a solution in sight or a possible exit from a sad tunnel? B-movie arabesques. 
Intelligently titled "Mirage" the ultimate track aptly summarizes the whole - Deprived of an illustrious comrade, Boris Blank must face the facts, solitude brings about a healthy self-reassessment.

🔵 Boris Blank