Allons-y par quatre chemins, cette bonne fête, présentement en question, en est une. Omnipotente, chimique, guerrière, inter-nationaliste, capitale (pour certains) Capital (pour seuls quelques autres) - Un rendez-vous (vous êtes cernés) qu'il ne faut surtout pas rater tant il sera difficile d'y échapper, de faire "autrement".
Désireux de célébrer "autrement" et comme il ne se devrait pas, un événement qui ne fait heureusement plus l'unanimité, INNOCENT BUT GUILTY a saisi l'opportunité d'y déposer son grain de sel et autant de grains sablonneux dans les rouages - La bonne nouvelle - LA BONNE FÊTE d'Arnaud Chatelard est une réjouissance singulière car destinée à couvrir l'haleine putride des architectes du langage universaliste unifié, monobloc - Un signal d'alerte dans une brume très opaque, afin d'ignorer les effluves de ces sordides flonflons marketés, étincelants appâts dynamiques, écoeurants.
"Hématome" donne le ton. Monstrueuse blessure infligée aux corps parfaits, sculpturaux, ceux que l'on vénère quand, l'esprit hagard et idôlatre, certains lèvent le bras, la main droite tendue.
Sans illusion, en survol circulaire, "Renégat" défie l'idéal d'une réalité contrainte. Éminamment sombre et suggestif, IBG broie et déchire les icônes (On Prend Les Mêmes Et On Recommence) et la "Purée De Pois Chiche" positivement saturée de trépidations projetées sur les pilônes de béton et d'acier, répond au impulsions du taser - starting-block.
Épicentre d'une grâce totale, absolue, "La Bonne Fête" s'inscrit, dès la première écoute, dans un sanctuaire - Étrangement solitaire, classique en apparence, Arnaud Chatelard s'y montre avec prévenance, déçu à l'évidence d'une possible et tout autre destinée. Nous adorons, sans vous ?
Délicieux appendice, détaché, hors-sol, "Tout Le Monde S'en Fout" mesure et étalonne nos dissidences collectives, nos trahisons ? Méfiance, car ce glissando n'est qu'un jeu, certes, mais uniquement réservé à la vigilance de tous les instants, à moins que ... Virulence apaisée, douceur, "Le Dieu Herpès" papillonne à l'envi, un scintillant paradigme.
Nous glissons dans l'abstraction et "Machinal" tient ses promesses. Boîte à musique aux saveurs d'une mémoire autonome, un repli mécanique embryonnaire. Réussite objective en tous points, LA BONNE FÊTE tient le difficile pari d'être à la fois distillateur d'opinion légitime, autant qu'un objet incomparablement intimiste. Fortement déconseillée aux plus rébarbatifs et aux psychorigides, cette réalisation trace un magnifique chemin "Vers On Ne Sait Où ..." - Nous l'empruntons bien volontiers.
thierry massard for ncV // 13 mai 2024
