The Stranded Alien :: further


Tel un Thomas Jerome Newton, égaré dans la vallée infernale, on ne sait que fort peu de choses de cet alien échoué. Nous nous en contentons. Entretenir les plaisirs inconnus, est un exercice dont le charme instantané, ne mérite parfois aucune réelle explication. La quête des sombres autopsies est si souvent source de désenchantement. 
Further n'est pourtant pas un ovni, un de ces mirages, dont la datation est encore possible, mais une fois encore, dont la finalité n'aura de sens et d'intérêt que pour ces maudits archivistes - Nous les saluons parfois, mais ne leur parlons pas.
Septième opus, en apparence, sur la seule plateforme instable, Bandcamp, The Stranded Alien témoigne d'une résilience et d'un intérêt mélodique, peu communs, pour ces saveurs analogiques aux parfums enivrants de VHS chromium (No signs of life) et de Compact Disc au prisme optique saisissant. 
Reste évidement la perspective d'y regarder de plus prêt, de se saisir de l'irrépressible désir de cette "perspective", y plaquer quelques bribes de souvenirs, réels ou implants, en mesurer l'incidence avant de consulter son reflet dans le miroir, Ô mon beau miroir - Further ? Oui !

thierry massard / 24 décembre 2021 - 10:52

The Stranded Alien

Like a Thomas Jerome Newton, lost in the valley of hell, we know very little about this stranded alien. We are content with that. Maintaining unknown pleasures is an exercise whose instantaneous charm sometimes deserves no real explanation. The quest for dark autopsies is so often a source of disenchantment. 
Further is not, however, an UFO, one of those mirages, the dating of which is still possible, but once again, the finality of which will only have meaning and interest for those cursed archivists - we sometimes salute them, but don't talk to them.
Seventh opus, apparently, on the only unstable platform, Bandcamp, The Stranded Alien testifies of an unusual resilience an a melodic interest, for these analogical flavours with the intoxicating perfumes of VHS chromium (No signs of life) and Compact Disc with a striking optical prism. 
There remains, of course, the prospect of taking a closer look, of seizing the irrepressible desire for this "perspective", of sticking a few snippets of memories, real or implants, of measuring its impact before consulting one's reflection in the mirror, O my beautiful mirror - Further ? Oui !


Philip Helmer (the NTT) / video sources - Panos Cosmatos "Beyond the Black Rainbow" (2010)

MY DISCO :: alter schwede


Synthèse d'éléments disséminés ou/et issus de leur album EnvironmentRohan Rebeiro, Benjamin Andrews et Liam Andrews, aka MY DISCO, poursuivent un cheminement fait d'obscurité percussive.
Soundscape minimaliste, distance de rigueur, vocaux laconiques (StVO), le rappel à une tangible réalité sonore fait de Alter Schwede, une réalisation où l'investigation atmosphérique est ici (enfin) réduite à une expression substantielle et radicale. Le recours à toute tentative de projection mentale iconographique est peu recommandable, cortex cérébral mis en immédiate demeure d'une réponse objectivement instinctive.
Si, parfois, l'émulsion atteint un paroxysme (Folterkammer), la conséquence résiduelle n'en est que plus cinglante. Spectaculaire désincarnation, MY DISCO vient de produire une pièce essentielle.

thierry massard / 10 décembre 2021 - 10:12


Synthesis of elements scattered or/and coming from their album Environment, Rohan Rebeiro, Benjamin Andrews and Liam Andrews, aka MY DISCO, pursue a path made of percussive darkness.
Minimalist soundscape, strict distance requirement, laconic vocals (StVO), the reminder of a tangible sonic reality makes Alter Schwede, a realisation where atmospheric investigation is here (finally) reduced to a substantial and radical expression. Recourse to any attempt at mental iconographic projection is not to be recommended, the cerebral cortex being put in immediate abeyance of an objectively instinctive response.
If, at times, the emulsion reaches a paroxysm (Folterkammer), the residual consequence is all the more scathing. A spectacular disembodiment, MY DISCO has just produced an essential piece.


Niteffect :: non​-​existent substances

 

Laconique, Miklos Labady (aka Niteffect) l'a toujours un peu été. Depuis les premières heures fragmentées de 2007, jusqu'à la présente livraison de l'objet de notre attention, celui-ci, n'hésite pas à parler de “My annual therapy" conférant à cette nouvelle production, des vertus curatives que nous allons nous empresser de vérifier. Premier constat, l'artwork, assurément soigné par NLz, met en lumière un remarquable clair-obscur, marque de fabrique d'un musicien réputé pour son art savant d'exalter les atmosphères mélancoliques et notre convoitise de celles-ci. Niteffect, une fois encore, a décidé de dialoguer avec la beauté cachée des choses, invitant l'immatérialité substantielle à enfin prendre forme.

Antidote avérée, passé un apetizer (lo mist) annonciateur de réjouissances non frelatées, les "non-existent substances" cumulent pas moins de X bonnes raisons de croire que l'instant d'après (dead season) est encore en mesure de nous permettre d'imaginer, avec clairvoyance, que le meilleur est à portée d'un simple regard vers la touche "play" d'un lecteur de cassette audio. Crescendo émotionnel (hidden hut) aux arrondis rythmiques puissants, soudainement animées d'une vitalité incandescente (dreams of fire) ces substances évanescentes prennent dès lors une solide accélération (shady trails).

Atteindre le vertigineux, l'axiome angulaire (stellar halo) est désormais atteint. 

Un paysage se dessine, vectoriel, tempo d'une parfaite abstraction modulaire (up the ridge) dont les circonvolutions s'enroulent indéfiniment, projections multiformes, matricielles.

Causalité incidente, fracas d'un retour mémoriel (within the ruins) que démontre, une fois encore, un temps sans mémoire, une absence sans autre conséquente, que celle du 1 + 1 = 2. Nous l'avions (un peu) oublié (sunshine and rain), faut-il le rappeler, lire ces lignes, écouter cette merveille qui se déroule, imaginer ou évoquer encore et toujours, nos propres et merdiques, allégeantes, certitudes pour la énième fois ?

Niteffect est un merveilleux atoll, vous le savez.

thierry massard / 4 décembre 2021 - 22:07

non-existent substances / bandcamp
non-existent substances / kreislauf
nocoVision / Niteffect
discogs


Miklos Labady (alias Niteffect) mindig is egy kicsit lakonikus volt. A 2007-es első töredékes órák óta, egészen a figyelmünk tárgyának jelenlegi átadásáig, nem habozik beszélni az "My annual therapy", amely ezt az új produkciót gyógyító erényekkel ruházza fel, amelyeket sietünk ellenőrizni. Az első megfigyelés, a grafika, amelyről minden bizonnyal NLz gondoskodott, kiemeli a figyelemre méltó chiaroscurot, amely a melankolikus hangulatokat és az ezek iránti vágyunkat felmagasztaló művészetéről ismert zenész védjegye. A Niteffect ismét úgy döntött, hogy párbeszédet folytat a dolgok rejtett szépségével, meghívva a lényegi anyagtalanságot, hogy végre formát öltsön.

A bevált ellenszer, a hamisítatlan örömöt hirdető apetizer (lo mist) után a non-existent substances nem kevesebb, mint X jó okot halmoznak fel arra, hogy elhiggyük, a következő pillanat (dead season) még mindig képes arra, hogy tisztánlátással képzeljük el, hogy a legjobb elérhető közelségben van egy egyszerű pillantással a magnó "play" gombja felé. Érzelmi crescendo (hidden hut) erőteljes ritmikus lekerekítésekkel, hirtelen izzó vitalitással megelevenedve (dreams of fire), ezek az elillanó anyagok szilárd gyorsulást vesznek fel (shady trails).

Elérve a szédületes, a szögtengelyt (stellar halo) most már elérjük. 

Egy táj veszi alakját, vektoriális, tempó egy tökéletes moduláris absztrakció (up the ridge), amelynek tekervényei szél végtelen, multiform vetületek, mátrixok.

Véletlenszerű kauzalitás, egy emlékmű visszatérésének összeomlása (within the ruins), amely ismét egy emlékezet nélküli időt mutat be, egy olyan hiányt, amelynek nincs más következménye, mint az 1 + 1 = 2. Már (kissé) elfelejtettük (sunshine and rain), kell-e emlékeztetni, olvasni ezeket a sorokat, hallgatni ezt a kibontakozó csodát, elképzelni vagy újra és újra felidézni, a saját szaros, enyhítő, bizonyosságainkat, sokadszorra is?

Niteffect egy csodálatos atoll, ezt te is tudod.

( nem ellenőrzött magyar fordítás )

David Bowie :: Toy box

"le mieux est l'ennemi du bien"

Merveilleuse fausse bonne idée, qui aurait pu en être une, Toy fut refusé par la maison de disques de David Bowie, quand celui-ci lui apporta le joujou. La maison de disques avait raison. Nous pouvons d'ailleurs, désormais regretter que les professionnels de la mise en boite, se soient ravisés quelques deux décennies plus tard. 

À l'origine (en 2000) était l'envie de revisiter quelques perles de jeunesse, et autres inédits, qui donna lieu à la réunion du staff dans la joyeuse perspective d'une cure de jouvence. Si le plaisir du séminaire est apparent dans l'exécution de l'exercice, il ne l'est, malheureusement, plus à l'arrivée dans nos chastes oreilles.

Pour l'heure, et en attendant une possible postérité à l'incandescente étoile noire du défunt, nous nous contenterons donc de la solide édition augmentée de brilliant adventure (1992-2001 incluant Toy), couvrant, notablement, l'une des plus réjouissantes périodes (1993-1997) avec la fastueuse trilogie berlinoise des 70's finissantes, évidemment - next please !

thierry massard / 8 décembre 2021 - 14:25

David Bowie / sortie en janvier 2022

"the best is the enemy of the good"

A marvellous misconception, which could have been one, Toy was turned down by David Bowie's record company when he brought him the plaything. The record company was right. We can now regret that the professionals of the boxing industry have changed their minds some two decades later. 

Originally (in 2000), the desire to revisit some pearls of youth and other unreleased material led to a meeting of the staff with the joyous prospect of a rejuvenation. If the pleasure of the seminar is apparent in the execution of the exercise, it is, unfortunately, no longer so upon arrival in our chaste ears.

For the time being, and while waiting for a possible posterity to the incandescent black star of the deceased, we will therefore be satisfied with the solid expanded edition of brilliant adventure (1992-2001 including Toy), covering, notably, one of the most cheerful periods (1993-1997) with the fastuous Berlin trilogy of the ending 70's, of course - next please !

Arca :: KiCK ii / iii / iiii / iiiii






Considérer que cette première semaine de décembre 2021 est importante est, à l'évidence, un juste préalable. 
Une semaine attendue avec cette impatience faite de silence, de retenue, de démons grondants, de soupirs dont l'espacement se resserre inexorablement. Cette semaine sera-t'elle l'une des plus importantes de cette année finissante, de notre vie, ou plus généralement de l'histoire de la musique ? Nous ne le saurons évidement que beaucoup plus tard / amusant constat de déliction du langage prompt à évincer l'évident coup marketing de cette sortie quasi-simultanée des quatre opus distincts d'Arca / Sommes-nous impropres à prendre en mesure l'occupation  d'un espace aussi large qu'un omnipotent champ de conscience, incluant sa propre dimension prospective et sociologique.
 
L'événement est pourtant de taille, synthèse magistrale de quelques deux décennies d'investigations sonores et/ou musicales, augmentées d'un intense, et salvateur, activisme transhumaniste, augurant un virage ou une possible rupture - "Psycho construct, posthuman, a mutant face" - Il y eut un avant, il y a un présent, il y aura un après ces quatre coups de semonce de Alejandra Ghersi Rodriguez. 
Ce futur sera non binaire ou iel ne sera pas.

i ... ii iii iiii / iiiii, assez sommairement, et fugacement, notés en qualité de "série" KiCK, n'en ont que l'apparente et indicible succession nominale, nomenclature d'archivistes, practicité d'un traitement éditorial de chroniqueurs pressés de partir en week-end / désillusion d'un monde, d'avant quoi ? Maestria d'une artiste à l'apogée de sa lumière, chaque réalisation explore, décortique les concepts autonomes d'une verticalité anthropique en construction ou flamboyante, sans oublier ses utopies et les songes - Un manifeste qui n'en aurait pas encore le nom. Ici, à l'instar et l'incidence de quelques fulgurants et géniaux instigateurs, Orlan, Hans Bellmer, Joël Hubaut, Matthew Barney, Stelarc, Edouard Kac, Steven Cohen ou Bernard Lallemand, pour n'en citer que quelques protagonistes, présentement à l'esprit, tout est enfin tumulte, harmonie, fragmentation, rhizome, calme, intelligence, appartés, volupté, post-humanité, confidences et sacre d'un merveilleux idéalisme. Nous respirons, enfin, la possibilité d'une nouvelle ère - Obra maestra !

thierry massard / 3 décembre 2021 - 17:40

Arca

Consider this first week of December 2021 important is, of course, a fair precondition. 
A week awaited with an impatience made up of silence, restraint, rumbling demons, and sighs whose spacing is inexorably tightening. Will this week be one of the most important of this year, of our life, or more generally of the history of music? We will obviously only know it much later / amusing observation of the delicacy of the language quick to oust the obvious marketing coup of this quasi-simultaneous release of Arca's four distinct opuses / Are we unable to take into account the occupation of a space as wide as an omnipotent field of consciousness, including its own prospective and sociological dimension.
 
Obviously, this is a major event, a masterly synthesis of some two decades of sonic and/or musical investigations, augmented by an intense, and salvific, transhumanist activism, auguring a turn or a possible rupture - "Psycho construct, posthuman, a mutant face" - There was a before, there is a present, there will be an after to these four warning shots by Alejandra Ghersi Rodriguez
This future will be non-binary or it will not be.

i ... ii / iii / iiii / iiiii, rather summarily, and fleetingly, noted as a KiCK "series", have only the apparent and unspeakable nominal succession, archivists' nomenclature, the practicality of an editorial treatment of columnists in a hurry to leave for the weekend / disillusionment of a world, of before what? 
Maestria of an artist at the height of her powers, each work explores and deconstructs the autonomous concepts of an anthropic verticality under construction or flamboyant, without forgetting its utopias and dreams - a manifesto that does not yet have the name. Here, following the example and the impact of a few dazzling and genial instigators, Orlan, Hans Bellmer, Joël Hubaut, Matthew Barney, Stelarc, Edouard Kac, Steven Cohen or Bernard Lallemand, to name but a few protagonists, at present in mind, everything is finally tumultuous, harmonious, fragmented, noisy, calm, intelligent, owned, voluptuous, post-human, confidences and the sacredness of a marvelous idealism. We breathe, at last, the possibility of a new ai-era - Obra maestra !