Prince :: welcome2america

Si, d'aventure, on puisse s'interroger de la pertinente (ou pas) présence de cet artiste, en ces modestes lieux, généralement dédiés à un éclairage moins intense ou volontiers plus abscons, il conviendra d'interroger également cet autre regard que le musicien portait pour un système de distribution culturelle, dans lequel il fit la carrière que l'on sait - La défiance.

1928 jours après son décès, l'événement que constitue la sortie, aujourd'hui, de ce premier album posthume et inédit, devrait être assurément en mesure de jalonner l'intérêt que constituera désormais la postérité et le possible respect artistique, logiquement attendu, pour un artiste hors-normes - La tâche n'est pas aisée, d'autres avant lui, y ayant vu se ternir et s'éteindre à jamais l'étincelle - Apreté concassante d'un système.

Mais procédons par ordre, voulez-vous ? Premier signe d'un décalage spatio présentiel, nous ne sommes pas certain que l'artwork de welcome2america ait pu ressembler, à la calamiteuse illustration digne d'une compilation low price qui officie au frontispice de l'opus - Oubli regrettable, par les officiants, de la nanométrique et historique méticulosité de l'auteur ? Détournons notre regard, première concession, positivons ...

Achevé en 2010, annoncé à la suite de 20ten, négligé finalement par Love Symbol, mais toutefois précieusement conservé depuis lors dans la forteresse de Paisley park, welcome2america n'en est pas moins prophétique, puisque préfigurant assez bien les futures thématiques de mandat du 45ème président des Etats-Unis d'Amérique, élu le 20 janvier 2017 et oublié depuis le 20 janvier, "Welcome to America Where you can fail at your job, get fired, rehired And get a seven hundred billion dollar tip...". Racisme (running game (son of a slave master)), légitime émancipation, frictions de l'obscurantisme dogmatique (same page, same book), compassion (born 2 die), autant de sujets de la préoccupante attention de la part de l'élégant activiste de Chanhassen, qui n'en oublie pas, pour autant, de nous faire chalouper (hot summer - dirty mind) sans plus d'incidentes conséquences. 

Parfaite incarnation d'une réjouissante fusion sonore des genres mainstream et d'éveil de conscience des masses, ce briseur de codes mérite probablement d'avantage qu'une simple et apparente sauvegarde faite de spectacle et d'artefact - La vacuité des choses et cette saloperie de fentanyl.

thierry massard / 27 juillet 2021 - 10:13

Prince

If, by any chance, we can question the relevance (or not) of the presence of this artist in this modest place, generally dedicated to a less intense light or willingly more abstruse, it will also be appropriate to question the other look that the musician had for a system of cultural distribution, in which he made the career that we know - The defiance.

1928 days after his death, the event that constitutes the release, these days, of this first posthumous unreleased album, is certainly able to mark out the interest that will constitute, from now, on the posterity and the possible artistic respect of this one, logically waited, for an artist out of norms - The task is not easy, others before him, having seen there to tarnish and to extinguish forever the spark - Crushing hardness of a system.

But let's proceed in order, shall we? First sign of a spatio-presential shift, we are not sure that the artwork of welcome2america could have resembled the calamitous illustration worthy of a low-priced compilation that officiates at the frontispiece of the opus - Regrettable forgetfulness, by the officiants, of the nanometric and historical meticulousness of the author? Let's look away, first concession, be positive ...

Completed in 2010, announced after 20ten, finally neglected by Love Symbol, but nevertheless preciously preserved since then in the fortress of Paisley park, welcome2america is no less prophetic, since it prefigures rather well the future themes of the mandate of the 45th president of the United States of America, elected on January 20th, 2017 and forgotten since January 20th, "Welcome to America Where you can fail at your job, get fired, rehired And get a seven hundred billion dollar tip ...". Racism (running game (son of a slave master)), legitimate emancipation, frictions of dogmatic obscurantism (same page, same book), compassion (born 2 die), so many subjects of the worrying attention from the elegant activist of Chanhassen, who does not forget, for all that, to make us sway (hot summer - dirty mind) without more incidental consequences.

Perfect embodiment of a delightful sonic fusion of mainstream genres and mass consciousness raising, this code breaker probably deserves more than a simple and apparent back up made of spectacle and artifact - The vacuity of things and that fentanyl shit.

Nikka :: antimatter



Coup de maître pour la barcelonaise, Nikka ! Champ exploratoire, énigme paradoxale, l'antimatière est aussi swinguante qu'elle en est indiciblement mystérieuse. Et si, soudainement, aux limites granulaires envisagées du vide sidéral, aux aspérités saillantes de nos poussiéreuses surfaces, s'ouvrait la bienheureuse perspective de plonger au coeur de nos incertitudes, si humaines ? Savoir enfin.

Echapper aux forces telluriques. Partir. S'enfoncer, peut-être, dans un gouffre aux proportions incommensurables, y entrevoir le jour d'après la fin d'une éternité.

thierry massard / 23 juillet 2021 - 10:08

Oigovisiones
Bionikka

Masterstroke for the Barcelona-based, Nikka! An exploratory field, a paradoxical enigma, antimatter is as swinging as it is unmistakably mysterious. What if, suddenly, at the granular limits of the sidereal void, at the jutting asperities of our dusty surfaces, the blessed prospect of plunging into the heart of our so human uncertainties opened up? Knowing at last.

Escape the telluric forces. Leave. Sink, perhaps, into an abyss of immeasurable proportions, glimpse the day after the end of an eternity.


● design by GranBengala

Yello :: pocket universe


Quand bien même l'hydre du music business (universal music company), dont nous ne raffolons guère en ces lieux, est l'opportune idée de ré-éditer, en double vinyle 180 gr. , une partie de la discographie influente du duo des hommes, nous ne gâchons pas notre plaisir, tout aussi opportun, d'y savourer un flashback fugace, et ces lignes consécutives, dans le parcours de Yello

Initialement apparu, le 24 février 1997, date à laquelle triomphaient des ersatz (daft punk) biberonnés aux meilleures références, présentement helvétiques ou, un peu plus au nord, du land de Rhénanie Wesphalie, Pocket Universe constitue géométriquement l'angle le plus saillant d'un isocèle constitué d'un Zebra notablement oublié et d'un Motion Picture, tout autant mais injustement assujetti au même sort - Que dire de cet univers de poche, sinon constater le croisement d'influences technoïdes, ambient savamment mises en perspective, par le plus que talentueux Boris Blank, au profit de la même talentueuse dimension cinématographique de Monsieur Meier. Si assurément Pocket Universe est loin d'être le meilleur (des mondes) , il a néanmoins le mérite d'indiquer un cap provisoire, pour l'un des plus magnifiques astre des eighties, une étoile perdue, depuis la signature fatale du pacte avec le diable marchand et sa copine à paillettes publicitaires. 

Que seraient devenus les fulgurants Yello, s'ils n'avaient, un jour, renoncés à l'indépendance créative idyllique promise par leurs premières heures résidentielles chez Ralph ? Une réédition post ou pré-oubli d'un ... univers de poche ? Je ne le sais pas et regrette autant que vous, de ne pas l'avoir vécu. Oubli ...

thierry massard / 3 juillet 2021 - 22:56

Yello
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▲ point

Record Of Tides :: purchases

Réjouissance pour certains, hurlements pour les autres, voici donc que ROT se décide à franchir le pas.
La rupture historique / Un gap générationnel qui laissera certains d'entre-nous parcourir, désormais, leur présent avec ce regard nostalgique, oublieux de tout, ce même regard, qui, demain, fera les beaux jours des industriels de l'opportuniste entertainment de masse - Un round d'avance pour Sven Piayda - À l'heure où les tenanciers de l'écoute des tendances, font encore le pari d'une énième réécriture d'un passé sans plus d'intérêt qu'il n'ait jamais eu, voici que se matérialise enfin l'espérance d'un possible après. Construit, par un regard avisé sur la vaporeuse vague, seule nouveauté récente, digne d'intérêt, Purchases en soustrait, à son profit, une ligne de partage historique, et annonce une aube radieuse débarrassée des affres de l'influence endémique, conservant, toutefois, par politesse, un courtois voisinage avec le tant regretté abstract hip hop. Le présent est ailleurs. Les musicologues moins "avisés", et producteurs de sons à la mémoire vacillante, nourris du butin de leurs ainés, doivent désormais s'inquiéter de leur pérennité - Lignes mélodiques appuyées ou habilement concassées, rythmiques en équilibre précaire, Purchases a l'avantageuse intelligence de ne pas immédiatement révéler toute sa luxuriante richesse. Nous savons toutes et tous, qu'il en est souvent ainsi, s'agissant du meilleur de nos banques de données sonores.

Parvenu à ce stade, le suspence devrait logiquement être à son comble, lecteur assidu, attendant, qu'enfin soit révélé à vos sens en alerte, des indices de compréhension de l'ensemble - il n'en sera rien - pas un traitre mot, motus. Les 16 perles rares de Purchases n'en ont assurément pas besoin, se satisfaisant avec délectation, du bonheur, d'une histoire à nouveau en marche - Une pièce maîtresse !

thierry massard / 1er juillet 2021 - 19:14

Bonus !  The Biggest Trick EP

more from RoT on ncV

Rejoicing for some, screaming for others, RoT decides to take the plunge.
The historical break / A generational gap that will let some of us go through our present with this nostalgic look (forgetting everything) that, tomorrow, will make the good days of the industrialists of the opportunistic mass entertainment - A round of advance for Sven Piayda - At the time when the holders of the listening of tendencies, still make the bet of an umpteenth rewriting of a past without more interest than it ever had, here is that the hope of a possible after is finally materialized. Constructed, by an informed look at the vaporous wave, the only recent novelty worthy of interest, Purchases subtracts, for its own benefit, a historical dividing line, and announces a radiant dawn free of the afflictions of endemic influence, but preserving by courtesy, a courteous neighbourhood with the so much regretted abstract hip hop. The less "wise" musicologists, and producers of sounds with a wavering memory, nourished by the spoils of their elders, must now worry about their durability - Melodic lines supported or skilfully crushed, rhythmics in precarious balance, Purchases has the advantage of not immediately revealing all its luxuriant richness. We all know that this is often the case when it comes from the best of our sound data banks. 

At this step, the suspense should logically be at its height, assiduous readers, waiting for the clues to the understanding of the whole to be revealed to your alert senses - it won't be - not a word, motus. The 16 rare pearls of Purchases certainly don't need it, satisfying themselves with delight, with the happiness of a story once again in progress - Masterpiece!

vimeo / RoT