Nirvana :: nevermind - 30th Anniversary



Souffler les bougies ... ou pas.

Nul besoin de disserter longuement sur un disque pour lequel tout a été dit, écrit, vu, archi-entendu, scanné par la justice, Nevermind et, au delà, son géniteur, le groupe Nirvana, sont et demeurent l'attraction "rock" numéro un, de celles et ceux, qui ont grandis dans les années 90, amateurs novices de musique, dont la vision prospective, s'arrêtera toujours aux seules, têtes de gondole - Les autres, plus aguerris, n'ayant pas à rougir, d'avoir apprécié un produit de la machine à paillettes, parfaitement conforme et certifié comme tel.

Ni meilleur, ou pire qu'un autre, Nevermind n'est, somme toute, qu'un simple disque de punk rock, produit par une Major, aux visées avant tout, logiquement commerciales, comme il en existe tant, l'histoire est bien là, pour en attester.

Reste une énigme, et la cohorte d'un triste constat, celui que l'on peut faire en regardant les performances de cette édition célébrant le trentième anniversaire, en cet été 2022. Immédiatement Numéro un des ventes, dans de très nombreux pays ... Si, d'aventure, l'on pousse l'investigation, on apprend que la deuxième marche du podium de la planche à billets, est tenue par un "Best of" frelaté de ... Queen.

C'est, peut-être, ici que commence une autre histoire. Celle du naufrage d'une époque grise, confinée de conformisme, pétrifiée, aveugle et répulsive à tout instinct ou esprit de nouveauté. Être musicien, de surcroit expérimentateur, en 2022, est bel et bien devenu un oxymore et une sinécure. Nul besoin de re-disserter longuement, le choix est devenu également très simple, assister incrédule à l'enterrement d'une passion dévorante en célébrant un énième anniversaire, ou s'armer du délicieux frisson de courage, réservé uniquement à celles et ceux qui poussent de nouvelles portes - Nous avons choisi.

thierry massard / 27 juillet 2022 - 12:06

blow out the candles ... or not !

No need to dwell at length on an album for which everything has been said, written, seen, overheard, scanned by justice, Nevermind and, beyond that, its parents, the band Nirvana, are and remain the number one "rock" attraction for those who grew up in the 90s, novice music lovers, whose forward-looking vision will always stop at the only ones, supermarket gondola heads - The others, more seasoned, need not be ashamed, to have appreciated a product from the sequin machine, perfectly compliant and certified as such.

Neither better nor worse than another, Nevermind is, after all, just a simple punk rock record, produced by a Major, with aims, above all and, logically commercial, as there are so many, the history is there to prove it.

There remains an enigma, and the cohort of a sad observation, the one that can be made by watching the performances of this edition celebrating the thirtieth anniversary, in this summer of 2022. Immediately Number One sales, in many countries ... If, by chance, we push the investigation, we learn that the second step of the money printing podium, is held by an adulterated "Best of" ... Queen .

This is, perhaps, where another story begins. That of the shipwreck of a gray era, confined to conformism, petrified, blind and repulsive to any instinct or spirit of novelty. Being a musician, moreover an experimenter, in 2022 has indeed become an oxymoron and a sinecure. No need to re-discuss at length, the choice has also become very simple, to attend in disbelief the burial of a devouring passion while celebrating yet another anniversary, or arm yourself with the delicious thrill of courage, reserved only for those who push new doors - We have chosen.

Kode9 :: escapology

 


Tout est dans le titre, le reste est de votre unique ressort et assentiment, ou pas.

thierry massard / 16 juillet 2°22

Everything is in the title, the rest is your sole responsibility and consent, or not.

escapology


Jawhinge :: s/t

 

Coup de maître pour Jawhinge, aka Georgi Durankiev, et ce tout premier opus réalisé conjointement par Mahorka & AEON tapes. Un premier rendez-vous bulgare où sont convoqués, dans le même shaker, quelques-unes des chapelles, parmi les plus significativement représentatives de la musique électronique.

Sans distingo particulier, ni faux-semblants, sinon l'intention louable de correspondre aux impérieuses nécessités d'une existence prétendument ordinaire. Voici une Emulsion singulièrement fascinante. Jawhinge, emprunte, triture et malaxe, les contraintes et les vicissitudes de genres musicaux dominants ou désormais désuets, aux seules fins d'un storytelling personnel et aussi enthousiasmant, que peuvent être ces instants de liberté totale où nous souhaitons, simultanément, vivre les choses en complète et parfaite exhaustivité - Un paradigme sonore pour iconoclastes, et pour les bâtisseurs en quête d'un autre après-demain.

thierry massard / 9 juillet 2022 - 12:59

Jawhinge s/t - mahorka

Jawhinge music / linktree

Masterstroke for Jawhinge, aka Georgi Durankiev, and this very first opus produced jointly by Mahorka & AEON tapes. A first Bulgarian meeting where some of the most significant representatives of electronic music are brought together in the same shaker.

Without particular distinction, nor pretense, if not the laudable intention to correspond to the imperious necessities of a supposedly ordinary existence, here is a singularly fascinating Emulsion. Jawhinge, borrows, grinds and kneads the constraints and vicissitudes of dominant or now obsolete musical genres, for the sole purpose of a personal storytelling and as exciting as these moments of total freedom can be when we wish, simultaneously, to experience things in complete and perfect completeness - A sound paradigm for iconoclasts, and for builders in search of another day after tomorrow.

Record Of Tides :: penicilina

Les fans de ROT, et les amis d'Alexander Fleming, peuvent se réjouir, les autres pouvant tranquillement poursuivre leurs insipides occupations, quelques 6 mois (seulement ou déjà) après l'escapade Panamerican de Sven Piayda, nous nous retrouvons pour savourer cette molécule protéiforme, qui n'a, soyez-en rassuré, rien d'une moisissure de laboratoire.

Navigation en mode abstract hip-hop très (très) largement décomplexé, Penicilina témoigne d'une expérience, certes nourrie des opus précédents, mais surtout d'une quête effrénée de nouvelles expériences. Une progression, tous azimuts, pour un musicien, qui se méfie, comme de la peste, des restrictions volontaires, des "confinements mentaux" qui nous sont largement dispensés, en ces temps à l'âpre parfum obscurantiste, moyen-âgeux.

Formidable coincidence chronologique, vous n'avez pas à attendre une seule seconde, architecture chaotique et destructurée, ces "seconds", et la video de prjct fear qui les accompagnent, sont celles d'une collision cosmique en approche d'un oasis, aux confins d'un désert - Dépaysement garanti ! 

Heureuses et belles collaborations, telle celle avec Monkelmann, aka Christopher Terhart, pour une mise en incandescence d'un texte complotiste (vorwegnahme) et son lyric positif de la troublante Cosima - Quelques notes d'un piano fuyant, là-bas, quelque part - mouvement.

Si un arbre peut, parfois, dissimuler une forêt florissante, que dire de l'épatant track "Remote demo", sinon qu'il soit en mesure de constituer une cime de cette luxuriante arborescence aux tempos et breaks infaillibles - 

Florilège d'atmosphères, parfaite et sensationnelle géographie des sens en éveil, Penicilina est un album qui ne se livre pas dans l'instantanéité d'une écoute, aussi attentive, qu'elle soit. Il est raisonnable de prétendre que cet été 2022, ne sera pas assez long pour en venir à bout, qu'il vous fasse déjà prévoir qu'il ne nous quitte beaucoup plus tardivement - Les pernicieux amateurs de plug & play fast listening en feront les frais. Tant mieux. Oui, c'est ici, que se bâtit, précisément, la totale et absolue singularité de ce nouvel opus de ROT, perturbateur conceptuel, conjurateur de pièces qui pourraient sensiblement prétendre à l'autonomie. 

"Thinking often" n'est-il pas empreint d'une élégante mélancolie qui, à elle seule, puisse ouvrir tant de champs mémoriels - "Lift to compromise" n'a-t'il pas la colorature de l'instant d'avant le grand saut dans une intensité ? Gracile, "Pentricals" n'est-il pas sans évoquer les prémisses d'un swing puissamment urbain ?

Penicilina joue avec la palette des sentimentalités hybrides, succession complexe, l'ouvrage d'une maturité artistique complète, sans compromis, mais aussi sans servile cruauté à l'égard des amateurs de limites. Un romantisme moderne véritable, où l'on croise parfois quelques fantômes, John Cage et ses préparations (Dirty sheets) ou des clins d'oeil modérés (Revelation). Autant d'intentions et de résultats escomptés, l'alchimie conséquente d'une possible avancée vers de nouveaux territoires aussi attractifs (Mindset newbuild) que rassurants pour les afficionados de la quête perpétuelle. Discret mais affirmé, Sven Piayda n'oublie jamais d'où il vient, gardant, toutefois et constamment, un regard figé sur une ligne d'horizon ondoyante, poreuse. Un puzzle harmonique et synthétique ( Neurol, Excentric three, Queens) de trois décennies sonores, que vous serez heureux de citer aux amis, à qui vous ferez découvrir cet album. 

Ultime, le bien-nommé "Undefined aftertaste" laisse planer de magnifiques perspectives - Nous attendrons donc, le sourire aux lèvres.

thierry massard / 8 juillet 2022 - 09:43

Penicilina
Zany music
rcrdftds


ROT fans, and friends of Alexander Fleming, can rejoice, the others can quietly pursue their insipid occupations, some 6 months (only or already) after the Panamerican escapade of Sven Piayda, we find ourselves to savor this molecule protean, which, rest assured, has nothing of a laboratory mould.

Navigating in a very (very) largely uninhibited abstract hip-hop mode, Penicilina testifies to an experience, certainly nourished by previous opuses, but above all by a frantic quest for new experiences. A progression, in all directions, for a musician, who is wary, like the plague, of voluntary restrictions, of the "mental confinements" which are largely dispensed to us, in these times with the bitter perfume of obscurantism, the Middle Ages.

Great chronological coincidence, you don't have to wait a single second, chaotic and unstructured architecture, these "seconds", and the prjct fear video that accompanies them, are those of a cosmic collision approaching an oasis, confines of a desert - Change of scenery guaranteed!

Happy and beautiful collaborations, such as the one with Monkelmann, aka Christopher Terhart, for an incandescence of a conspiratorial text (vorwegnahme) and its positive lyric of the disturbing Cosima - A few notes from a fleeing piano, over there, somewhere - movement.

If a tree can, sometimes, hide a flourishing forest, what about the amazing track "Remote demo", except that it is able to constitute a crown of this luxuriant tree with infallible tempos and breaks -

An anthology of atmospheres, perfect and sensational geography of awakened senses, Penicilina is an album that does not deliver itself in the instantaneousness of a listening, however attentive it may be. It is reasonable to claim that this summer of 2022 will not be long enough to overcome it, that it already makes you foresee that it will not leave us much later - The pernicious amateurs of plug & play fast listening will make the costs. So much the better. Yes, it is precisely here that the total and absolute uniqueness of this new ROT opus is built, a conceptual disruptor, a conjurer of pieces that could substantially claim autonomy.

"Thinking often" isn't it imbued with an elegant melancholy which, on its own, can open up so many fields of memory - isn't "Lift to compromise" the coloratura of the moment of before the big leap in intensity? Gracile, doesn't "Pentricals" evoke the premises of a powerfully urban swing?

Penicilina plays with the palette of hybrid sentimentalities, a complex succession, the work of complete artistic maturity, without compromise, but also without servile cruelty towards lovers of limits. A true modern romanticism, where we sometimes come across a few ghosts, John Cage and his preparations (Dirty sheets) or moderate winks (Revelation). So many intentions and expected results, the consequent alchemy of a possible advance towards new territories as attractive (Mindset newbuild) as reassuring for aficionados of the perpetual quest. Discreet but assertive, Sven Piayda never forgets where he comes from, keeping, however and constantly, a fixed gaze on an undulating, porous horizon line. A harmonic and synthetic puzzle (Neurol, Excentric three, Queens) of three sound decades, which you will be happy to quote to friends, to whom you will present the album.

Ultimate, the well-named "Undefined aftertaste" leaves magnificent prospects hovering - We will therefore wait, with a smile on our faces.

Grosso Gadgetto & Innocent But Guilty :: street symbols

 


En l'espace d'un seul infinitésimal instant, Grosso Gadgetto et Innocent But Guilty le deviennent.

thierry massard / 2 juillet 2022 - 22:12

⊕ artwork :: Max Guy-Joseph / instagram

In the space of a single infinitesimal instant, Grosso Gadgetto and Innocent But Guilty become it.


Niteffect :: memento EP

 


Oui ! Il faudra hurler pour qu'enfin on l'entende ... Si nos précieuses heures sont comptées, c'est à travers les autres que l'on apprend la tyrannie de l'horloge. Le temps n'y fera rien, nous persisterons à hurler ! 

Quand bien même la tristesse, la désolation sentimentale, ce vide persistant qui nous étreint, le gouffre insondable, la vacuité absolue, nous continuons à hurler. 

Chercheurs d'indices, nous vous ignorons, comme on ignore les illusions, les attitudes et les principes de précaution. Ce "memento" parle de lui-même, habité, nourrit d'un vaste, un immense et magnifique espace mental, celui d'un musicien, que nul, sinon les chercheurs d'indices, ne doivent ... ignorer.

thierry massard / 1er juillet 2022 - 00:00

memento EP / bandcamp

Yes ! We will have to scream so that we finally hear it... If our precious hours are numbered, it is through others that we learn the tyranny of the clock. Time will do nothing, we will persist in howling! 

Even though the sadness, the sentimental desolation, this persistent emptiness that grips us, the unfathomable abyss, the absolute emptiness, we continue to howl. 

Seekers of clues, we ignore you, as we ignore illusions, attitudes and precautionary principles. This "memento" speaks for itself, inhabited, nourished by a vast, immense and magnificent mental space, that of a musician, which no one, except the seekers of clues, should ... ignore.