Yello :: point

Bien que le périmètre, autour du duo, se soit très nettement resserré depuis quelques années, cette quatorzième livraison studio mérite le bon point distribué, sans passion, aux élèves réguliers.
On peut, toutefois, regretter une inspiration iconographique déclinante, nous fermerons donc les yeux en regrettant la maestria de l'imparable Touch, qui fut très probablement leur chant du cygne et un point, c'est tout.

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Although the perimeter around the duo has tightened sharply in recent years, this fourteenth studio delivery deserves the good point distributed, without passion, to regular students.
We can, however, regret a declining iconographic inspiration, so we will close our eyes by regretting the mastery of the unstoppable Touch, which was most likely their swan song, that’s the final point.

thierry massard / 31 août 2020 - 19:19

Yello Point


Vocho Y Sucia :: insight odyssey


Méandres, méandres sinueux ... Préfigurant "insight odyssey" sorti durant ce bel été 2020, millésime viral 19, nous nous étions, fugacement et précédemment arrêtés durant le non moins joyeux mois de mai, sur l'éponyme EP "vocho y sucia" derrière lequel figure le talentueux Héctor Enrique le Voche aka Vocho Y Sucia.
La récente sortie de "insight odyssey" a donc désormais confirmé tout le bien que l'on pensait de ce garçon - Précaution oratoire nécessaire avant de poursuivre ... Vous suivez ?

Vocho Y sucia, c'est avant tout, une promesse "lo-fi", une promesse initiale tenue.
Mais faites toutefois bien attention, car derrière ces désespérantes classifications d'archivistes, de comptables poussiéreux aussi peu créatifs, peuvent insidieusement se dissimuler quelques perles, méfiance donc car nous sommes précisément en face de l'une de ces perles.
Loin, très loin d'une quelconque naïveté binaire, s'enclenche un "digital system", véritable apetizer révélant une profondeur de perspective et graine d'un rhizome maîtrisé (en apparence).
Relecture formelle du perrito negro du EP de mai, cette version en devient plus intentionnellement immersive et fidèle au cheminement "perspicace" de cette odyssée.
Autre transfuge de mai, lisérgida incarne et accentue notre cheminement, signature d'une  clairvoyance vénéneuse, une fleur du mal.
Frontière poreuse, sesiones en dorado s'immisce entre soundscapes sombres et l'espiègle linéarité d'un tempo consciemment convenu.  Véritable pierre angulaire, à moins que vous ne préfériez que cette même pierre soit précieuse, everything is design balaye, de façon remarquable, tous les mystères, cette odyssée est un axiome.
vector, en digne ouverture de l'EP de mai, annonce un atterrissage en apothéose, ce qui est très précisément le cas avec always have a happy face, un "happy face" que nous avons, sans peine ... Vous suivez ?

thierry massard / 28 août 2020 - 14:02



carbon records mx
vocho y sucia ep

ABeNRML :: [不可能的全息圖]


Aucun doute, aucune équivoque, la traduction du titre, littéralement "impossible hologramme", est d'une justesse absolue. ABeNRML, auto-présenté comme noise artist oeuvrant dans l'infinitude des plunderphonics, officie dans la cristallisation effective de soundscapes, et cela devrait naturellement remplir d'allégresse les impénitents traqueurs universels de sons que nous semblons ou devons être ...

Immédiatement saisi, [不可能的全息圖] est aussi addictif, que notre quête audio est insatiable.
Le son parfait, le graal phonique consécutif pour certains, est probablement là, figé (qui sait) dans cet espace aux strates alternativement fines ou massives, et dont l'ardente densité est signifiante.

Prévenant, attentif aux effets secondaires, provoqués par notre boulimie neuronale, ABeNRML a la délicate attention de nous inviter à ses réjouissances, sous le prétexte de "listening exercices" et d'un "interlude" justifiant l'ensemble. On ne peut que l'en remercier vivement, espérant dans un silence recueilli, que ce festin ogresque aura ni limites, ni fin.

thierry massard / 25 août 2020 - 10:01



virtual soundsystem records
ABeNRML

Poros :: fio


Paulo Vicente (aka Poros) est un artiste discret, indéniable choix de qualité ?
Oui, ce musicien et photographe de talent est discret, appréciable choix du secret ?
MiMi Records et son esthétique audio rigoureuse est, parfois, tout autant, un label discret.
C'est ainsi, une évidence, une belle rencontre et parfois comme ici, de très sonnantes étincelles.
Fio ... Un fil ! Un fil, un merveilleux fil, un fil tendu, un fil dangereux, saillant, un fil, à moins que nous ne soyons en face de quatre liens à l'épatante grâce, une épure.
Quatre fils pourtant contondants, aux titres tiroirs et modulaires "fechado, esticado, puxado et ao esphelo" quatre séquences harmoniques à la basse ample et fluide, quelques phrases susurrées puis révélées, un apparent jeu à la visibilité masquée dont le clair obscur favorise le crescendo émotionnel à l'intensité aussitôt capturée par un repli discret (à nouveau). Les 10 minutes de "fio" sont autant précieuses qu'elles ne méritent et ne doivent pas trop rester ... discrètes - il ne tient qu'à nous.

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Paulo Vicente (aka Poros) is a discreet artist, an undeniable choice of quality?
Yes, this talented musician and photographer is discreet, an appreciable choice of secrecy?
MiMi Records and its rigorous audio aesthetic is, at times, just as much, a too discreet netlabel.
It is thus, obvious, a beautiful meeting and sometimes like here, some very striking sparks.
Fio ... A thread! A thread, a marvelous thread, a taut thread, a dangerous, protruding thread, a thread, unless we are in front of four links with astonishing grace, a sketch.
Four yet blunt threads, with drawer and modular titles "fechado, esticado, puxado and ao esphelo" four harmonic sequences, ample and fluid bass, whispered sentences then revealed, an apparent game with hidden visibility whose chiaroscuro favors an emotional crescendo to the intensity immediately captured by a discrete fold (again). The 10 minutes of "fio" are as precious as they deserve and should not remain too ... discreet - it's up to us.

thierry massard / 15 août 2020 - 12:30



MiMi Records
reverbnation
olhares

The Psychedelic Furs :: made of rain


Il est vrai que, depuis 29 années, ce monde (extérieur) était devenu bien silencieux.
Avons-nous attendu quelqu'un, devions-nous attendre quelque chose ?
La réponse est sans importance.
Le groupe qui porte le plus beau patronyme de l'histoire du rock'n'roll est de retour.
12 tracks faits d'un heureux métissage des belles années (3 premiers albums incandescents) et du reste, sans importance, dit-on.
Aucun doute, cette rédemption discographique est toute entièrement habitée d'une bien jolie ferveur, une belle réussite, autour de l'inoubliable voix de Richard Butler, rien ne manque. Et pourtant ...




It is true that, since 29 years, this (outside) world had become very silent.
Did we wait for someone, should we wait for something?
The answer is irrelevant.
The band with the most beautiful name in rock'n'roll history is back.
12 tracks all made from a happy mix of the good years (3 first incandescent albums) and with the rest, without importance, they say.
No doubt, this discographic redemption is entirely inhabited by a very pretty fervor, a great success, around the unforgettable voice of Richard Butler, nothing is missing. And yet ...

thierry massard / 6 août 2020 - 17:11

The Psychedelic Furs

Hiroshi Yoshimura :: Green

Initialement réalisé en 1986 et muré, depuis lors, dans la reconnaissance quasi exclusive d'afficionados d'ambient nippon, voici donc ressurgir la pièce maitresse d'un maître. 

Rehaussé de sa verte et concrète réalité, trou de verdure où chante cet ... objet sonore, il n'en est paré que de beaucoup plus d'intensité - le havre de quiétude éternelle dont rêvait Hiroshi Yoshimura.

thierry massard / 2 aout 2020 - 17:09

light in the attic  

Robert Rental :: paralysis/acc

La première phrase, notes de cette réalisation, ne trahit en rien la réalité.
Effectivement "Robert Rental is an artist as influential as he is overlooked". 
Sans vouloir s'épancher outre mesure sur son absence de reconnaissance historique, il est, en revanche un point qu'on ne puisse, en aucune façon négliger. L'influence de ce musicien est largement aussi importante que celle d'un Daniel Miller (fondateur de Mute Records et auteur du cultissime "warm leatherette") ou celle, moindre pour la postérité, de Thomas Leer avec qui, Robert Rental a conçu un chef d'oeuvre, "the bridge" dont la savante et morne amplitude, ouvre notablement les prémisses d'un Ambient plutôt sombre. Les protagonistes d'Industrial Records (Throbbing Gristle) ne s'y trompèrent évidement pas en donnant forme à cette pierre (précieuse) angulaire, en son temps.

Paralysis/ACC, présentement augmenté de 3 tracks exhumés, est originellement un single trop discrètement (déjà) apparu en 1978 au plus fort d'une déferlante, vague qui se cherchait un devenir.
Délicatement déposable au côté du "Being Boiled/Circus of death" de Human League,
également de 1978, ce single incarne à lui seul, un possible nouvel ADN alternatif, celui d'un DIY dont la trajectoire créative et sa diffusion, nous évite de devoir sortir de chez soi.
Il aura fallu attendre le si discret tsunami netaudio, des années 2000, pour que, seuls, quelques survivants aguerris, les meilleurs, dit-on, se rendent immédiatement compte de cette notable filiation.
Rental n'était malheureusement (déjà) plus là pour en récolter les insignes honneurs.

Cet immense talent ne doit plus attendre 40 années supplémentaires.

thierry massard / 2 août 2020 - 11:39

dark entries records
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